Dans la presse, en 2015 et 2016


Le rôle de l’Etat pour préserver les libertés individuelles 
Croisades et Daech 


 
Le rôle de l’Etat pour préserver les libertés individuelles

 Un courrier de lecteur dans la Croix du 24-25 décembre 2015

Pendant de trop longues années, le monde occidental s’est berné lui-même à travers l’idée d’un progrès inéluctable de l’humanité, se concrétisant, sur le plan politique, par l’avènement universel de la démocratie et du libéralisme. Nous pensions avoir atteint l’apogée de l’horreur et de la violence avec le nazisme. On ne pouvait donc que refluer vers un monde plus humain, plus tolérant, plus raisonnable. La libération des peuples du joug colonial puis la chute du mur d Berlin sont venues renforcer ce sentiment. Nous avons donc baissé notre garde, oubliant que le mal ne pouvait décidément être extirpé de l’âme humaine.

L’absolutisation des droits de l’homme, alliée à un individualisme forcené, a nourri cette évolution. Il fallait évacuer tout type de coercition collective pour que s’épanouisse la liberté individuelle. C’est ainsi que les Etats ont été affaiblis au profit de la « société civile », agglomérats d’intérêts individuels, d’entreprises multinationales et d’ONG poursuivant des objectifs particuliers. Que l’autorité a été systématiquement sapée de toutes parts, notamment à l’école, laissant la jeunesse grandir sans tuteurs, ce qui a produit des cerveaux déstructurés. Que le communautarisme, encouragé par la défense systématique des particularismes au nom de la non-discrimination, s’est installé dans nos sociétés au détriment de tout projet collectif national. Et bien sûr, la nation a été reniée comme symbole ringard de tout ce qui pouvait porter atteinte à cette quête absolue d’hédonisme individuel. Or voici que le drapeau tricolore revient soudain à l’honneur, envahissant de manière étonnante l’espace médiatique et les réseaux sociaux, que l’on redécouvre l’intérêt de pouvoir compter sur des forces de l’ordre d’un haut niveau de professionnalisme et de solidité morale, et que l’on admet que la liberté individuelle devrait être… protégée contre le mal absolu qui, contrairement à nos naïves attentes, n’a pas quitté ce monde ! Oui, il nous faut trouver le juste équilibre entre liberté et sécurité (…)

Mais nous devons admettre que la liberté individuelle doit être protégée par des mesures et des moyens coercitifs, mis en œuvre au nom de la société, et pouvant atteindre dans le temps ou dans l’espace, son exercice. C’est pour assurer cette tâche que l’Etat a été inventé et vouloir à tout prix l’affaiblir relève de l’infantilisme.

Jean-Yves Lavoir

 

Croisades et Daech

 Un courrier de lecteur dans la Croix du 24-25 décembre 2015

Lors de l’émission télévisée C dans l’air du 20 novembre, deux intervenants évoquant les massacres commis par Daech à Paris se sont permis de faire allusion aux croisades. Cet amalgame est scandaleux et exprime un sectarisme ignoble. Si les Occidentaux s’emparaient de La Mecque et transformaient la mosquée en cathédrale, cela provoquerait une guerre mondiale, tous les Etats musulmans s’unissant pour reconquérir leurs lieux saints. Et ceux qui critiquent les croisades seraient les premiers à justifier une telle réaction, rendant les chrétiens responsables de cette guerre. Alors comment peut-on reprocher aux chrétiens, à une époque où les moeurs étaient bien plus rudes que celles d’aujourd’hui, d’avoir voulu reprendre possession de leurs lieux saints ? Pourquoi deux poids et deux mesures ? Comparer les actes récemment commis par Daech aux croisades est indigne (…)

Gérard Descrozaille