"Monde musulman : les femmes s'affirment"

Un dossier très intéressant du numéro du 6-12 novembre 2003 de Courrier International.

Présentation générale

Le voile, une vieille coutume ?
Le nouveau code de la famille au Maroc
 

Le texte de présentation générale

L'émancipation des femmes est à l'ordre du jour un peu partout dans la monde musulman. Mais elle l'est de façon paradoxale. Au Maroc, en Jordanie, au Koweït, c'est le pouvoir royal qui moderniser leur statut, au risque de choquer l'opinion publique. En Iran, les filles brillent à l'école et à l'université, narguant de plus en plus ouvertement le pouvoir religieux. Forte de sont tout nouveau prix Noble de la paix, Chirinie Ebadi va continuer à défendre leurs droits. En Malaisie, on peut vivre en féministe et en musulmane à la fois, pas au Pakistan.. En Egypte, le retour du voile dans toutes les couches de la société n'empêche pas le succès des stars décolletées. Mais pour la majorité des 500 millions de musulmanes de la planète, les problèmes majeurs s'appellent pauvreté, ignorance et oppression.
 

Extraits d'une article de Al Hayat, Londres


Le voile, une vieille coutume ?

Le voile, rappelle Elaph, est une vieille coutume qui remonte aux temps des Babyloniens et des Perses. Il n'était pas uniquement réservé aux femmes. Certains chevaliers arabes, à l'époque préislamique, le portaient pour échapper à leurs ennemis. Il n'étiat pas non plus synonyme de vertu. Le voile était surtout répandu chez les prostituées qui voulaient passer incognito. L'islam n'a jamais fait du voile une obligation. Les premières musulmanes ne se couvraient pas la face en présence du Prophète. Elles conversaient avec le Prophète librement. La femme musulmane resta dévoilée tout au long des dynasties des Omeyyades et des Abbassides. Le voile ne refit son apparition qu'avec le déclin de l'empire musulman.
 


MAROC
Promesses et lacunes du nouveau Code de la famille

Partage des biens, garde des enfants, le projet de Code de la famille manque de précision, relève l'hebdomadaire de Casablanca. Mais, depuis sa publication, les Marocains se précipitent pour demander le divorce.

Principaux points :

Egalité entre les époux au sein de la cellule familiale
Majorité reconnue de la femme mariée
L'âge du mariage est fixée à 18 ans pour les deux époux
Restriction sévère de la polygamie
Simplification du mariage pour les marocains à l'étranger
Le divorce, un droit partagé ; restriction de répudiation
Reconnaissance des droits de l'enfant, notamment en matière de garde
Défense du droit de paternité
Equité entre les sexes en matière d'héritage
Régulation de la gestion des acquêts.