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L'affaire SEMARDEL-SIREDOM

Un article du Parisien du 13 novembre 2003

Brières les Scellés

La justice enquête sur l'écosite

Dans la zone industrielle de Brières les scellés, l'écosite de Sud-Essonne est une plate-forme flambant neuve, construite il y a deux ans, notamment pour compacter les déchets de plusieurs communes environnantes avant de les envoyer vers le centre de traitement de Vert-le Grand.

A l'origine du projet, le Siredom, un imposant syndicat qui regroupe 106 communes pour collecter et traiter leurs ordures ménagères. L'exploitation de l'écosite a été confiée le 20 décembre 2001 au groupe PSE/Chezes.

Le problème est que, le jour où cette décision était prise, d'autres personnes savaient déjà à qui allait être attribué ce juteux marché : les magistrats du parquet financier d'Evry, avertis par un courrier scellé où figurait noir sur blanc le nom du vainqueur avant même sa désignation. Manœuvre malveillante ? Coup de bluff ? Pour en avoir le cœur net, le procureur de la République a ouvert une enquête préliminaire, confiée aux spécialistes financiers de la police judiciaire de Versailles. Ces policiers sont en terrain connu : depuis 1997, une enquête est à l'instruction sur la construction et l'exploitation de l'usine d'incinération de Vert-le-Grand, également en Essonne.

Dans le bureaux, les dossiers concernant les passations de marchés dans le domaine du traitement des ordures ménagères s'accumulent en pile depuis des années. Le florissant marché des déchets favoriserait-il les petites arrangements avec la loi ?

Confusion de genres

Ce fameux 20 décembre 2001, les dirigeants du Siredom ne pouvaient pas ignorer que, une semaine plus tard, la société PSE, choisie pour bénéficier du contrat d'exploitation de l'écosite, serait justement rachetée (en même temps que deux autres entreprises, la Cel et la Saer) par la Semardel, la société d'économie mixte pilotée par le Siredom. Qui plus est , en janvier 2002, PSE se dotait d'un nouveau président, en la personne de Daniel Trehin, maire (DVD) de Morangis et président du Siredom, ce même syndicat qui avait attribué le marché à PSE.

C'est sur cette confusion des genres que les policiers enquêtent, suspectant un délit d'entrave à la concurrence. On peut penser que les autres entreprises qui on concouru (Coved et Onyx) ont été lésées au profit de PSE. Des accusations formellement rejetées par Daniel Tréhin, qui affirme n'être "au courant de la moindre enquête sur ce dossier", estimant de plus "que les appels d'offres ont été bien réguliers".

Article signé :  Sébastien Ramnoux.


Le tri des déchets n'est toujours pas en place

Sur son site Internet, le Siredom vante les mérites de l'écosite de Sud-Essonne où un quai de transit, une chaîne de tri et une déchetterie son censés améliorer le traitement des déchets des communes situées autour d'Etampes. Une petitet visite sur place déçoit un peu : sous le plafonds high-tech de l'écosite, on trouve bien le quai de transit et le chantier de la déchetterie est bien lancé, juste à côté. Mais de chaîne de tri, point ! A sa place, un hangar vide.

Promise il y a deux ans, la chaîne se trouve en fait à Vert-le-Grand, installée provisoirement sous des tentes. "Problèmes d'appels d'offres et de réglements", avance Daniel Tréhin, préident du Siredom, pour expliquer pourquoi la chaîne, qui n'était pas disponible pour l'écosite pour des raisons juridiques est toujours à Vert le grand. "Elle serait installée dans les prochains mois", promet le préident. Deux ans pour faire 25 km, n'est-ce pas un peu long ?

Sutout que, pendant ce temps-là, c'est autant de déchets ménagers qui nesont pas triés et qui augmentent de facto le volume à incinérer à l'usine de Vert-le-Grand. Or dans le même temps, le Siredom milite pour contruire un troisième four d'incinération sur  place, estimant que les deux fours actuels ne suffisent plus. Un peu plus de tri permettrait peut-être d'éviter cette construction.
 

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