Dans le Parisien du 29 septembre 2005

Vert-le Grand / Environnement

Avis de tempête sur les ordures ménagères

Hier, 21h45 : le comité syndical du Siredom s'achève dans la douleur à Vert le Grand. Durant trois heures, ce super-syndicat qui gère les ordures ménagères de plus de cent communes essonniennes a vécu un tournant de son histoire. Premier enseignement : la Semardel - son partenaire historique - est aujourd'hui au bord du gouffre. Sans coup de pouce de dernière minute, cette société d'économie mixte qui travaille pour le compte du Siredom "risque même la cessation", reconnaît Daniel Tréhin, le président divers droite du syndicat et vice-président du conseil d'administration de la Semardel. Un possible naufrage qui aurait l'effet d'une bombe dans le petit monde du traitement des déchets en Essonne. Une totale réorganisation du système qui gère la collecte de poubelles risquerait ainsi de se produire.

Hier les responsables ont reconnu l'évidence : leur "partenaire" se retrouve le dos au mur. La faute à quoi ? Notamment à une enveloppe de plus de 3,5 millions d'euros que la société doit rapidement rembourser à quelques municipalités d'Etampes à Draveil en passant par Saint-Vrain ou Brétigny. Cette somme correspond aux "droits d'usage" que ces villes ont versé depuis 1993 en vue de la construction de la fameuse usine d'incinération de Vert-le -Grand aujourd'hui sur pied. Mais ces participations financières émanant de communes alors non adhérentes au Siredom n'étaient pas légales, affirme aujourd'hui le tribunal administratif.

En juin, le Siredom avait tenté de sortir son partenaire du guêpier en demandant aux communes concernées - et aujourd'hui adhérentes au syndicat - de reverser "par mesure d'équité" l'argent que la justice allait leur permettre de toucher. Une demande que la préfectur vient de retoquer. Résultat : la Sémardel devrait bien se retrouver contrainte à signer le fameux chèque, ce qui lui posera "un problème financier majeur", reconnaît Daniel Tréhin. Et ce d'autrant plus que la justice oblige également le syndicat à lancer de nouvelles mises en concurrence sur des marchés (déchets communaux, encombrants...) que détient aujourd'hui la Sémardel. En clair, la société d'économie mixte pourrait perdre dès 2006 une source de revenus non négligeable, ce qui la rapprocherait encore plus de la faillite...
 

Cerise sur lgâteau : hier, à 21h30, les membres du comité syndical du Siredom ont appris que le nouveau patron de la Sémardel se nommait Marc Rajade, un homme ... impliqué dans le passé dans quelques scandales financiers ! Une nouvelle qui a fait son petit effet : "je refuserai de contineur à siéger au conseil d'administration de la Sémardel dans ces conditions" a déclaré hier Daniel Tréhin, sous le choc à l'annonce du "CV" du nouveau directeur général de la société .

 Grégory Plouviez