Introduction
Paroles de citoyens
Entretien avec Natacha Polony




identité de la France : ici  ici  ici   
 
Paroles de citoyens

police et gendarmerie

justice


Entretien avec N. Polony

    Terrorisme


   
Sécurité au quotidien

Lutte contre la drogue 

justice et politique pénale

justice des mineurs 

immigration
    sur le droit d'asile 

intégration et assimilation

laïcité  

Ce que l'on attend des musulmans eux-mêmes 
ici  ici  ici  ici  ici  


Valeurs de la France 






































































































































identité de la France  ici
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Paroles de citoyens

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Entretien avec N. Polony

    Terrorisme


   
Sécurité au quotidien

Lutte contre la drogue 

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    sur le droit d'asile 

intégration et assimilation

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Ce que l'on attend des musulmans eux-mêmes 
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Valeurs de la France 















Henri Prévot                                                                                                                                                       le 24 mars 2016

 Notes de lecture du livre

Pour un Etat fort de A. Juppé ( JC Lattès, 2016)

 

Introduction

La France est en guerre. Nous n’avons pas le choix. Il faut la mener et la gagner. A la terreur, les Français ont répondu par l’affirmation de leur unité. Ils ont compris que c’est dans l’unité que se forge la résistance de la Nation. Le moment venu, ils demanderont des comptes aux pouvoirs publics avec une exigence à la mesure de la confiance qu’ils leur ont accordée.

Nous nous battons contre des barbares qui prétendent anéantir tout ce à quoi nous croyons, les valeurs que nous partageons, le patrimoine dont nous avons hérité, la civilisation dont nous sommes les continuateurs, et qui ont le projet fou de nous imposer ce qu’ils sont en détruisant ce que nous sommes.
D’une certaine manière, ils visent juste. Ils ont perçu nos faiblesses et nos doutes. Ils exploitent les interrogations existentielles qui nous minent : « où va la France ? »

Je veux proclamer ma confiance dans la France et dans tout ce qu’elle représente à mes yeux. Etre français, qu’est-ce que cela signifie ? Qu’est-ce qui fait notre identité ? Le mot est lâché : identité. Il est presque tabou.

Ma France, c’est d’abord ma terre, la terre de mes pères, ma patrie. C’est aussi notre patrimoine. Evidemment, oui, la France a des racines chrétiennes. Il faut enseigner ce que signifie la devise de notre pays. Pas d’identité sans géographie. Il nous faut des repères dans l’espace. Au cœur de notre identité, je mets notre langue. Notre littérature conserve un rayonnement exceptionnel jusqu’en Chine. C’est autour de la langue française que les « hussards noirs » de la III ème République ont contribué à édifier un nouveau vivre ensemble.

Identité ne signifie pas uniformité. Nous ne sommes pas tous pareils et, paradoxalement, le monde moderne, tout en se globalisant, développe en chacun de nous le besoin de racines. Comment gérer cette diversité pour qu’elle ne soit pas source d’anxiété ? En refusant clairement le communautarisme, c'est-à-dire une organisation de la Nation en communautés repliées sur elles-mêmes, sur leurs pratiques, leur religion et même leur langue. En s’assurant que les Français partagent tous un bien commun, un fort sentiment d’appartenance à la même Nation. Ce bien commun : la langue, le socle de valeurs de la République, le drapeau, la Marseillaise. Il s’agit d’aimer son pays, sa patrie, en ayant confiance en soi.

En France, c’est autour de l’Etat que s’est forgée la Nation, depuis le pouvoir royal. Comme le dit Max Wber, l’Etat « revendique le monopole de l’usage légitime de la force physique sur un territoire donné », définition de la « souveraineté » de l’Etat.

Nous rêvons tous d’un Etat agile qui se débarrasserait des pesanteurs bureaucratiques pour se consacrer efficacement sur ses fonctions régaliennes : un Etat garant et stratège. Pour cela, rendre la liberté à ceux qui veulent travailler, entreprendre et exercer l’autorité qui seule peut rétablir la confiance dans les institutions de la République ; passer d’une logique d’assistanat à une logique de responsabilité.

L’idée s’est répandue que les grèves massives de décembre 1995 avaient paralysé mon action. En fait j’ai reculé sur une réforme et une seule : celle des régimes spéciaux de retraite… qui n’est toujours pas faite. Mais j’ai mené à bien toutes les autres : sauvetage de l’assurance maladie, professionnalisation des armées, transformation de France-Télécom, création du prêt à taux zéro, zones franches urbaines, etc.

Au Quai d’Orsay, l’action se confond souvent avec le verbe, mais pas toujours : ainsi l’ultimatum qui a desserré l’encerclement de Sarajevo, le lancement de l’opération Turquoise au Rwanda.

Le pouvoir c’est aussi, surtout, la relation aux autres, avec ce que cela implique parfois de spectacle.

Il faut continuer de rebattre  les cartes entre l’Etat central et les territoires. Il n’était pas utile de procéder à un nouveau découpage des communautés d’agglomération ni de créer d’immenses régions. Pourra-t-on remettre les compteurs à zéro en 2017 ? Les nouveaux conseillers régionaux ne pourront pas être renvoyés chez eux. Je proposerai aux régions et aux collectivités locales un contrat : compenser les transferts de charge, mutualiser les moyens des communes et départements, leur reconnaître le droit à l’expérimentation.

Un Etat décentralisé n’est pas un Etat fédéralisé.

C’est une manie française que de vouloir modifier notre constitution à tout bout de champ.

Le chef de l’Etat doit créer des liens de confiance avec les armées, les forces de sécurité intérieure mais aussi avec l’ensemble des fonctionnaires de l’Etat trop souvent caricaturés ou dénigrés par ceux-là même qui ont la charge de les conduire.

Il nous faudra inventer de nouveaux mécanismes de démocratie au quotidien.

Montesquieu : « quand il n’est pas nécessaire de faire une loi, il est nécessaire de ne pas en faire ».

Je veillerai à ce que les ministres dirigent réellement leur administration en relation personnelle avec les directeurs d’administration centrale.
 

On me dit : « Votre diagnostic est bon et vos propositions nous conviennent. Mais pourquoi ne l’avez-vous pas fait hier ? »

Avant 2012, les gouvernements de droite ont fait de bonnes réformes que leurs successeurs se sont, hélas !, empressés de supprimer : les heures supplémentaires défiscalisées, la journée de carence dans la fonction publique, la création du conseiller territorial qui préparait le rapprochement entre départements et régions, la TVA compétitivé-emploi.

Mais ce qui compte, c’est l’avenir. Au-delà des propositions « techniques », c’est le retour de la confiance qui importe. Je veux recréer une France de la confiance. Je demanderai aux Français leur confiance et je leur ferai confiance.

Paroles de citoyens, de policiers, de gendarmes, de magistrats…

 Ici A. Juppé présente quelques résultats (cités ici entre guillemets) de la consultation par Internet à laquelle il a procédé et ajoute des commentaires.

Forces de l'ordre, police et gendarmerie

L’urgence, c’est de réinvestir les territoires de « non-droit » pour ne pas laisser des bandes de délinquants s’approprier l’espace public.

Certaines contributions révèlent un véritable désenchantement des forces de l’ordre.

Un brigadier major : « les différends familiaux et les fugues de mineurs concentrent nos missions. Les gens n’ont plus de repères et règlent leurs différends par la violence. Mes collègues ont de plus en plus le sentiment d’être le seul rempart de la société car les commissariats sont toujours ouverts. »

Un commissaire de police : « je ne sais plus comment faire pour exercer mon métier avec bon sens et efficacité. L’institution est à bout de souffle et ce n’est pas le recrutement de jeunes au profil énarque qui va résoudre notre problème. Au contraire ! »

Un commissaire de police : « Je n’ai à ma disposition aucun budget même faible (…) Je dois appliquer les plannings de contrôles routiers décidés bien plus haut que moi ».  « Pour répondre des résultats, encore faut-il avoir le choix des moyens engagés ».

Un autre : « Nous sommes contraints et souvent étouffés par les instructions permanentes de la direction centrale ».

- La lourdeur des procédures.

- Le manque d’effectif : un officier de P.J. : « Un retard annuel de près de deux cents dossiers par fonctionnaire ».

- La gestion des ressources humaines : la Révision générale des politiques publiques (RGPP) s’est avant tout traduite par une atrophie des services territoriaux. Les effectifs des services centraux peuvent être réduits. De 2002 à 2011, les moyens budgétaires de la police et de la gendarmerie ont été maintenus ou augmentés. François Hollande avait affirmé que la sécurité était l’une des priorités de son action. Le résultat est catastrophique. En rabotant constamment les moyens, il a balayé dix ans de travail. Certes en 2015, il a décidé d’augmenter les effectifs de 400 ; mais une partie des emplois ne sont pas pourvus et il faut éviter un recrutement de masse de policiers et privilégier un recrutement régulier.

En simplifiant les procédures, eu supprimant les doublons, en professionalisant des fonctions support,  en redéployant les effectifs des bureaux vers le terrain, on pourrait remettre 4500 agents sur le terrain.

- La répartition des primes au mérite : à revoir

- Des moyens matériels insuffisants : le renouvellement du parc automobile n’et pas assuré.

 « Vous courez derrière un voyou qui se blesse, c’est votre faute ! ».« Un policier est toujours au départ ‘présumé coupable’ ».Il faut revoir les règles de légitime défense .

- Renforcer l’autorité et la légitimité des forces de l’ordre et mieux associer les citoyens : « les policiers ont un uniforme qui les décrédibilise. Une casquette donnant l’air abruti au plus intelligent des hommes. Pourquoi ne sommes-nous pas passés au polo ou au col roulé ? » Et « les policiers n’ont pas le temps de faire du sport, ni de s’entraîner aux gestes professionnels ni aux tirs.

- l’essor de la police municipale, une force complémentaire qui ne doit pas conduire au désengagement de l’Etat. En 2010, les effectifs étaient de 19 400 agents contre 14 300 en 2002. Dans un Etat fort, il ne saurait être question que l’Etat se décharge sans le dire de sa mission de proximité pour la transférer aux polices municipales. Les municipalités sont libres de définir l’étendue des missions confiées à leur police municipale.

Un exemple : « la proximité (6 postes de quartier de 20 000 habitants chacun) qui seule permet une connaissance intime de la ville est la marque de fabrique et la plus-value d’une PM. »
Autre exemple : « Notre PM réalise 650/700 interpellations par an. Appuyés par 170 caméras, nous sommes présents 24 h sur 24 et toutes nos unités d’interventions sont canines (22 chiens). Depuis 2001, la délinquance a baissé de 70 %. » «  Ce qui nous pose problème aujourd’hui, ce sont les ‘incivilités’ et les stupéfiants ». Sur les stupéfiants, les moyens d’action d’une PM sont très réduits. Le port de l’uniforme empêche d’intervenir efficacement.

Face aux rodéos, la « tolérance zéro » ! L’espace public doit rester libre d’accès pour tous.

Utiliser les nouvelles technologies comme des logiciels de cartographie et de localisation.

Ce ne sont pas de nouvelles lois répressives qui changeront la donne. Les sanctions existent mais elles sont trop rarement et trop tardivement prononcées.
 

Justice

« La police ou la gendarmerie arrête des délinquants – la justice les relâche ou inflige des peines qui ne sont pas exécutées ». La lenteur judiciaire exaspère.

Les magistrats qui ont répondu à la consultation proposent la fin de l’inflation législative. Ils croulent sous les textes.

Un ancien substitut : « Le poids politique du ministère de la Justice est très faible. Il perd les arbitrages ; les salaires sont inférieurs à ceux des autres ministères. »

En effet, la France sous-investit dans ce domaine essentiel. Elle y consacre 0,19% de son POB contre 0,33% en moyenne européenne.

- La gestion des ressources humaine : la progression est conditionnée par l’ancienneté et la mobilité. Mais cette exigence de mobilité n’est pas toujours compatible avec l’efficacité. La tendance longue est la spécialisation des structures et des magistrats.

- Une justice accessible à tous : l’aide juridictionnelle n’est pas suffisamment financée. Je propose de restaurer la CAJ, Contribution pour l’aide juridictionnelle, de 35 €, payable par toute personne introduisant une action en justice. La CAJ a été supprimée par C. Taubira.

-  L’univers carcéral : « nos conditions d’exercice se sont dégradées, en partie à cause de la surpopulation ».

L’actuel gouvernement a arrêté le programme de construction de 24 000 places de prison. Alors que l’on ne dispose que de 57 000 places pour 67 000 détenus. Le Royaume Uni dispose de 85 000 places. En France, 98 détenus pour 100 000 habitants ; au RU 148 ; en Espagne : 147 ; moyenne de l’UE : 133. 70% des peines ne sont pas exécutées selon les modalités prévues par les juges qui les ont prononcées.

Le nombre de plus en plus limité des fouilles au nom de la dignité des détenus a conduit à des dérives. Voir le film « Un prophète » de Jacques Audiard, qui montre bien la réalité : criminalité omniprésente, la peur bien réelle des surveillants…

La proposition de créer une police pénitentiaire rattachée à l’administration pénitentiaire me semble très pertinente.

- La prévention de la récidive : un maillon faible de la politique pénale : 42% des condamnés avaient déjà été condamnés moins de huit ans auparavant ; ce taux de récidive (au sens large) est à peu près le même dans les autre pays européens. La réinsertion professionnelle est l’un des aspects essentiels de la réinsertion.

Chaque année 1150 peines de réclusion criminelle sont prononcées sur 630 000 peines prononcées. En Allemagne, en Espagne, on procède à une analyse globale multidisciplinaire des facteurs de risque de récidive.

- les mineurs délinquants : « il est de plus en plus difficile de travailler au contact de mineurs ingérables ».

- une action sur le milieu familial est évidemment nécessaire ; mais la sanction reste indispensable. Il faut qu’elle soit rapidement prononcée ; la durée moyenne entre les faits et le jugement était en 2013 de 20 mois. Les mineurs sont souvent récidivistes : selon une étude faite en 2011, 70% des mineurs libérés en 2002 ont récidivé. En 2013, 17 000 mineurs ont été condamnés à de l’emprisonnement, dont 5 100 comporte un partie ferme. 7% des mineurs condamnés ont connu plus de 6 affaires et commis 36% du total des délits commis par des mineurs.

En apportant une réponse spécifique à ces jeunes récidivistes très en amont, dès le premier délit grave, il est possible de parvenir à des résultats rapides.

 

Entretien avec Natacha Polony

Lutte contre le terrorisme

Faire la guerre, c’est accepter sur le sol français des sacrifices en ce qui concerne nos libertés publiques.

Contre Daech, même si la Russie et les Etats-Unis s’accordent – ce qui n’est pas acquis – sur des solutions de transition en Syrie et en Irak, la clé se trouve à Ankara, Ryad et Téhéran. Aujourd’hui l’Europe est largement hors jeu et la France a été longtemps seule. Europe, réveille-toi ! Personne n’assurera ta défense ni le contrôle de tes frontières à ta place ! Une intervention au sol sera nécessaire ; mais c’est de la responsabilité des Etats de la région.

Etat d’urgence, modification de la constitution, etc. : méfions-nous de la surenchère d’imagination juridique. Tous les outils sont déjà en place  pour rendre possibles les perquisitions, l’expulsion des imams étrangers dangereux, etc. Ce qui compte, c’est la volonté politique d’agir.

Je veux par ailleurs insister sur le rôle stratégique du renseignement. La fusion entre les activités antiterroristes de la DST et des RG, pour former la DGSI, a conduit à une césure entre la DGSI et le renseignement territorial, antérieurement assuré par les RG, relégués au second plan. Et la gendarmerie ne fait pas non plus partie du premier cercle de la « communauté du renseignement ».

Les grands opérateurs de l’Internet devront donner les clés de déchiffrement des logiciels cryptés.

Notre armée est « à l’os ». Il faudra faire appel aux réservistes de la police et de la gendarmerie. Les dépenses nouvelles (600 M€), doivent être financées par des économies supplémentaires : la souveraineté, c’est tout autant la sécurité que la dette.

Je souhaite que la France investisse massivement dans l’économie de la sécurité. Notamment la cyber sécurité, la protection des données industrielles et technologiques,.

L’équilibre entre sécurité et liberté est une question cruciale. Avec le Patriot Act, les Américains ont basculé vers une mise en danger des libertés. Pour autant soyons lucides : la première des libertés, c’est de vivre !

Dans les prisons, je veux des lieux séparés pour les individus radicalisés, pour éviter la « contagion » ; je veux aussi donner un rôle accru aux aumôniers musulmans, qui ne sont pas assez nombreux. Il faut les former et les surveiller.

Sur Internet, il faut repérer ceux qui consultent les sites extrêmistes. Il faut également élaborer un contre-discours laïc, en étroite relation avec la communauté musulmane, quitte à l’y aider : l’université de Strasbourg a une formation diplômante qui va dans ce sens. Pourquoi ne pas exiger que les imams reçoivent une formation, sanctionnée par un diplôme, non seulement sur le Coran et la théologie musulmane mais aussi sur la laïcité telle que la conçoit la France ?  Il est essentiel qu’à l’image de Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux et de l’imam de Drancy, qui prennent, je le sais, des risques personnels, les autorités morales et spirituelles des Français musulmans répètent haut et fort que, eux aussi, sont engagés contre le terrorisme, contre les dérives sectaires de leur religion.

Les mosquées salafistes doivent être fermées. Nous n’avons pas été assez fermes sur ce sujet.

Au sujet de Schengen, il faut faire en sorte que la libre circulation des personnes soit pilotée. Il faut créer un Eurogroupe ad hoc dirigé par un président capable d’évaluer et de décider tout en donnant à Frontex des moyens suffisants.

Nous avons su par le passé éradiquer la menace présentée par ETA en mettant sur pied des équipes mixtes franco-espagnoles. Cela dit, je constate que Schengen a vécu et que nous devons renégocier ce traité.

Il est également nécessaire d’intensifier le renseignement pénitentiaire. Hélas, l’administration pénitentiaire n’a ni les moyens ni la formation adéquate pour faire remonter les signaux. Le gouvernement s’est opposé à la sonorisation des parloirs et des cellules : il s’agit là à mon sens d’une très mauvaise décision.

 

La sécurité au quotidien

Il n’y pas seulement un « sentiment d’insécurité ». Pour ma part, je n’ai jamais apprécié cette expression. La réalité de l’insécurité est bien là.

Les gens veulent voir des policiers sur le terrain. Sur cinq ans, 4500 policiers et gendarmes y seront redéployés.

Je ne souhaite pas renouer avec la formule ancienne de la police de proximité. Il faut plutôt des patrouilles sur le terrain. Il faut fidéliser les effectifs pour favoriser les liens avec les habitants.

Nous recruterons des personnels « civils » pour faire les tâches administratives.

Dans les zones rurales, les paysans sont confrontés à de véritables razzias, des verges pillés, des vaches découpées sur pied. C’est le fait de filières venues de l’Est. Pour lutter contre cela, il faut, aussi bien dans les campagnes que dans les villes, la participation citoyenne. Ainsi, les « voisins vigilants ».

Ne pas envoyer dans les banlieues des policiers jeunes et inexpérimentés – même problème qu’avec l’Education nationale.

Avec les nouveaux moyens informatique, la police doit être en mesure de ne pas attendre la commission des faits mais être capable, par l’étude des cartes des infractions commises et l’examen des modes opératoires, de mieux prévenir la commission des faits délictueux ou d’interpeller leurs auteurs en flagrance.

Sur la drogue

Je propose de modifier le code pénal pour rendre obligatoire, sauf motivation du jugement, le prononcé d’une interdiction de séjour d’un an minimum pour les dealers sur les lieux (ou la commune) où leur deal a été constaté : rues « sensibles, sortie d’établissements scolaires, etc.

Je suis contre la dépénalisation des drogues, y compris le cannabis. Elles contiennent des principes actifs de plus en plus nocifs. Le cannabis conduit à d’autres drogues.

Aujourd’hui, les jeunes qui consomment à la sortie d’un collège sont passibles d’une amande de plusieurs milliers d’euros et d’une peine de prison. Cela n’a aucun sens ! Il faut adapter la réponse pénale afin de la rendre effective et plus efficace. Mieux vaudrait une amende de 100 euros payable immédiatement. En cas de récidive, il y aurait une réponse pénale. Il faudrait de même une contravention de police contre l’occupation des halls d’immeubles.

Il faut impliquer les familles pour lutter contre l’absentéisme scolaire ; je suis favorable au retour de la loi Ciotti (qui prévoit la suspension des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire) et à son extension aux parents de petits trafiquants de drogue.

L’économie souterraine liée au trafic de la drogue est très structurée. Elle génère en France un chiffre d’affaires évalué à 2 milliards d’euros. Des familles entières vivent des gains du trafic. Il faut casser cette économie. Les groupes d’intervention régionaux associent la police, la justice et les Impôts.

Si le taux de chômage dans ces quartiers était moins élevé, il serait plus facile de lutter contre la drogue. Il faut une politique globale.

Il faut réformer la procédure pénale pour que les décisions soient prises rapidement et appliquées tout aussi rapidement.

 

Justice et politique pénale

Au-delà de la question des moyens (qui sont insuffisants), il m’apparaît indispensable de rétablir la distinction entre récidivistes et primo-délinquants mise à mal par la loi du 15 août 2014 : en cas de récidive, l’aménagement de la peine ne doit plus être le principe comme le prévoit la loi Taubira. De même je veux rétablir les peines planchers et la révocation automatique du sursis en cas de récidive. Enfin et surtout, la question de l’exécution de la peine prononcée est essentielle : 70% des peines prononcées ne sont que partiellement exécutées.

Au sujet des peines alternatives, l’administration pénitentiaire et la police n’ont pas les moyens de vérifier que les personnes placées sous contrainte pénale respectent ce qui leur est imposé.

Sur la justice des mineurs : la délinquance des mineurs devient de plus en plus violente et précoce. Le juge pour les mineurs délinquants qui accompagne un jeune en difficulté est aussi celui qui prononce la sanction au pénal : il faut distinguer les deux. Séparer strictement justice civile et justice pénale permettrait de sortir de la confusion des rôles.

A la sortie des centres éducatifs renforcés ou fermés, le taux de récidive est élevé alors que le coût s’établit entre 600 et 800 € par jour et par adolescent. Un bilan approfondi s’impose donc. Ces structures sont indispensables car la rue ou la prison ne doivent pas être la seule alternative. Les EPIDE donnent de bons résultats.

Il faut savoir que 75% des passages à l’acte délinquant sont le fait de mineurs maltraités. Il faut revoir les structures d’aide sociale à l’enfance l’Etat leur donnera de grands objectifs.

Quant au service militaire, une armée moderne n’a pas besoin de conscrits. J’avais proposé en 1995-1996 un service public national. Renforçons le service civique tel qu’il existe aujourd’hui pour qu’il regroupe entre 100 000 et 150 000 jeunes chaque année. N’oublions pas que l’acquisition des valeurs doit être portée par l’école, sur le temps long, les trois autres missions de l’école étant la formation de l’esprit critique, l’acquisition des savoirs et la préparation à la vie professionnelle.

D’aucuns sont, petit à petit, tentés de faire justice eux-mêmes. C’est très inquiétant car c’est la négation même de la civilisation.

 

L’immigration

Que la France soit, historiquement, une terre d’immigration est une évidence. Cependant la France n’a plus aujourd’hui ni les moyens ni la volonté d’accueillir toute l’immigration qui se presse à ses frontières. Nous devons lutter contre l’immigration illégale avec plus de fermeté qu’à l’heure actuelle, l’immigration légale doit être encadrée. La France a le droit de décider qui entre sur son territoire. C’est une partie intégrante de sa souveraineté. Elle peut fixer des quotas en fonction de ses besoins. Aujourd’hui, elle délivre 240 000 titres de premier séjour dont 45% au nom du regroupement familial  30% aux étudiants et 9% aux personnes venues travailler en France.

Le droit au regroupement familial : il faudra l’encadrer plus strictement. L echef de famille doit avoir des ressources suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; on ne comptera comme ressources que son salaire, sans les aides sociales,

Sur le droit d’asile, les pays de la zone Schengen devraient établir ensemble une liste des pays considérés comme sûrs. Le problème principal de l’espace Schengen est que nous sommes incapables de contrôler les frontières de cet espace. Il faudra créer une instance dédiée.

Il faut diminuer la durée d’instruction des demandes d’asile. J’abrogerai la « circulaire Valls » de novembre 2012 qui régularise les personnes présentes sur le territoire depuis plus de cinq ans. Il nous faut augmenter le taux d’exécution des OQTF, obligations de quitter le territoire français et engager une politique plus énergique de réadmission avec les pays d’origine.

Les conditions de délivrance du titre d’étranger malade ont été assouplies alors même que ce titre fait fréquemment l’objet de détournement.

Les réfugiés ne devront pas être relogés dans les banlieues, où ils se regroupent par nationalité mais seront répartis sur le territoire national où, grâce au dialogue, ils pourront être fraternellement accueillis.

L’AME, aide médicale d’Etat aux étrangers, concerne près de 300 000 personnes et coûte 750 M€ par an. Ce système et aujourd’hui devenu intenable. Il faut le limiter aux cas d’urgence.

Si les Français ont le sentiment que l’on peut tricher avec le système, ils nourriront à l’égard des nouveaux arrivants une forme de rejet que je peux comprendre.

Face aux aides reçues par les réfugiés, il peut y avoir des réactions de personnes qui demandent depuis longtemps des aides ou un logement. D’où l’importance de bien répartir les réfugiés.

Il faut investir massivement en Afrique pour accompagner son développement.

En Libye, notre erreur ne fut pas d’être intervenu mais de ne pas avoir accompagné le processus démocratique : les Libyens avaient refusé notre aide au nom de leur souveraineté. Aujourd’hui, les réseaux de passeurs implantés en Libye, il faut aller les bombarder. Pour pouvoir le faire, il faut renouer un vrai dialogue avec Poutine, qui aujourd’hui oppose son droit de veto.

Le contrat d’accueil et d’intégration doit être renforcé. L’ensemble des formations dispensées devrait faire l’objet de tests en fin de cursus.

 
Intégration ou assimilation : à Bordeaux, les Espagnols arrivés au lendemain de la guerre civile se sont parfaitement intégrés mais continuent de se réunir ensemble. Nous sommes et nous resterons différents du fait de nos origines, de notre couleur de peau, de notre religion. Mais il serait impensable que chacun se referme sur son microcosme, dans sa communauté. Au-delà des différences culturelles il existe un bien commun qui nous relie : les valeurs de la République, notre devise nationale, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, l’égalité entre les hommes et les femmes et la laïcité (c'est-à-dire le fait qu’aucune religion ne puisse imposer sa loi dans l’espace public et dans la République en général).

Ce qui nous unit c’est la fierté de notre histoire, l’attachement à la patrie. Ce sentiment se construit d’abord à l’école.

La diversité culturelle est une évidence, mais le communautarisme est un dévoiement comme j’ai pu le voir à Montréal : les juifs hassidiques vivaient refermés sur eux-mêmes sans serrer la main à une femme dans la rue. En France, il y a un socle commun intangible.

Les discriminations à l’emploi sont un fait, démontré entre autres par une étude de l’Institut Montaigne : le taux de réponse aux envois de CV est en moyenne de 20 %, mais 10 % seulement pour les noms de consonance arabe.

 

Laïcité : une liberté fondamentale : la liberté religieuse ; en contrepartie, les religions doivent strictement respecter les lois de notre pays, ses valeurs, les principes de la démocratie et un corpus de droits fondamentaux. Au nom de cette séparation entre les ordres, qui remonte à Pascal et même antérieurement, l’ordre politique, temporel, et l’ordre religieux, spirituel sont dissociés. On lit dans l’Evangile : « rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Malgré cela il y eut un rude débat avec la religion catholique, institution temporelle. Nous avons aujourd’hui le même genre de débat à mener avec l’islam, avec cette difficulté que dans l’islam, la séparation du politique et du religieux est loin d’aller de soi.

Il est intolérable de vouloir exiger dans les cantines scolaires (qui, rappelons-le, font partie de l’espace public) des repas religieux, kasher ou halal, ou d’empêcher, à l’hôpital, un médecin homme de soigner une femme.

Il y a un fait, c’est que la France est depuis 1200 ans un pays de tradition chrétienne : c’est notre héritage culturel, naturellement présent dans nos traditions. La laïcité ne signifie pas faire table rase du passé. Nous ne pouvons tolérer que certaines formes de l’islam contestent notre conception du bien commun, et tout particulièrement l’égalité entre hommes et femmes. D’après certains théologiens (tel Tareq Oubrou, Un imam en colère), rien dans le Coran ne justifie qu’on discrimine les femmes ni qu’on leur impose le voile. Il en va de même pour d’autres règles sur l’héritage ou le divorce. Plusieurs lectures du Coran sont possibles. Nous devons continuer d’encourager, de soutenir, de développer et peut-être de protéger une lecture de l’islam compatible avec la République tout en combattant les interprétations sectaires et agressives à l’égard de nos valeurs. C’est aux Français musulmans eux-mêmes de s’exprimer et de convaincre. Ils l’ont parfaitement compris. Dans une tribune du Monde du 30 novembre 2015, les organisations musulmanes de France s’engageaient à lutter contre le « fléau de la radicalisation ».

Sans doute n’avons-nous pas vu la montrée du wahhabisme, une forme de radicalisation qui nous vient d’Arabie Saoudite. C’est un courant mondial encouragé par des forces qui disposaient de moyens considérables. Il nous faut réagir avec clarté et fermeté. Pourquoi ne pas créer un délit d’entrave à la laïcité dans les services publics ? Toute infraction à l’interdiction du voile intégral doit être sanctionnée et je condamne le laxisme dont on peut faire preuve en la matière.

La question du clergé dans la religion musulmane est un vrai problème que nous n’avons pas réussi à traiter. Il faut travailler avec le CFCM à un dispositif de validation, incluant une obligation de formation. Il faudra expulser les imams salafistes qui ne respectent pas les principes de la République.

A l’école, le port de l’uniforme n’est pas une idée absurde.

Pour la construction de mosquées, les communes peuvent mettre un terrain à disposition. Je suis opposé au financement public et j’exigerai que soit rendue publique l’origine des fonds.

Je n’ai pas l’intention de supprimer le concordat encore en vigueur en Moselle et en Alsace : il faut respecter l’histoire et il ne suscite aucune difficulté : au contraire le dialogue interreligieux est très vivant.

Je peux comprendre que certaines dérives fanatiques et sectaires de l’islam suscitent des inquiétudes en France. Mais j’ai bon espoir que les musulmans arrivent par eux-mêmes à construire une religion compatible avec les valeurs de notre pays.

Gardons-nous de faire preuve d’intégrisme laïc, si j’ose dire. J’ai été vigoureusement attaqué lorsque j’ai autorisé des bordelais catholiques à faire un chemin de croix dans un jardin public. Si notre identité s’est construite autour de valeurs chrétiennes, je m’étonne qu’on puisse contester tout signe de cette histoire et de cette culture.

La modernisation de l’islam est un travail de fond qui est loin d’être gagné.

La mixité dans les écoles est désormais une caractéristique de notre société, qui doit être respectée. Je ne suis pas favorable à ce que l’on introduise des horaires séparés pour les hommes et les femmes dans les piscines. A ce compte, pourquoi ne pas instaurer des autobus pour hommes et pour femmes ?

Les structures privées doivent prendre leurs responsabilités.

A l’école, peut-être a-t-on trop souvent demandé à des professeurs, par le passé, de ne pas créer de problèmes sur des questions sensibles, telles que la Shoah.

La seule façon de redonner confiance aux Européens est de leur reparler des valeurs culturelles propres à notre continent.

Les valeurs nationales que doit transmettre la puissance publique : les libertés individuelles, l’égalité des chances, la fraternité, par exemple notre système de protection sociale. Ensuite la fierté de notre histoire. Notre civilisation est une des plus riche du monde : les arts, la littérature, l’architecture, les sciences. La fierté de notre langue, subtile, raffinée, conceptuelle : nous sommes notre langue. Et aussi, le droit de rire de tout, quitte à choquer : c’est l’esprit français, fait de raison, de capacité à juger, à prendre du recul, ce qui n’exclut ni l’engagement ni la passion.