Ste Geneviève Autrement

Lutter contre la délinquance des jeunes

Exposé de M. Gérard  HAMEL, maire de Dreux
au cours d’une réunion organisée par le RPR
à St Michel sur Orge le 10 avril 2002

Notes prises par H. Prévot
 
Dreux est une ville de 33 000 habitants (à peu près comme Ste Geneviève des bois)
M. Hamel : " J’ai proposé d’éloigner les familles à problème ; J.P. Chevènement m’a alors accusé de vouloir faire de la « déportation ». En 1997, j’ai pris un arrêté pour interdire la présence sur la voie public la nuit d’enfants de moins de 12 ans sans accompagnement Mme Guigou m’a reproché de traiter les enfants comme des chiens". 

Chiffres nationaux :

Selon les statistiques officielles, plus de 4 millions de crimes et délits en 2001 ; en ajoutant les contraventions de 4ème et 5ème classe, qui ne sont pas comprises dans ce chiffre, on dépasse 5 millions de faits. 62% des faits recensés sont des vols. L’enquête de l’INSEE sur les conditions de vie montre que le nombre de cas recensés est à multiplier par 2,4 pour les cambriolages de maison, 1,2 pour les vols de voiture, 2,1 pour les vols à la roulotte (dans les voitures), 6,2 pour les vols à la tire (comme les vols de sac à main), 2,4 pour les blessures.

En tout, il y aurait 12 millions de crimes et délits par an.

Quant aux effectifs de police, malgré toutes les annonces, en 2000 ils n’ont pas augmenté : 113 000 actifs.

En 2001, le nombre de délits et d’actes de violence a augmenté mais le nombre de peines a diminué car il manque de place dans les prisons.

L’action de M. Hamel à Dreux

En 1996, la fréquence des crimes et délits était de 126 par an et par 1000 habitants. En réponse à une enquête faite par M. Hamel, 84 % des habitants voulaient que la commune s’implique dans la lutte contre la délinquance. M. Hamel a donc fait faire trois études : une analyse par zone géographique, par heure et par lieu (de façon très précise), des commissions de crimes et délits ; un recensement de tous les moyens existants pour lutter contre la délinquance (on a alors remarqué que plus il y avait de moyens, plus grand était le nombre de faits) ; une analyse des structures socio-démographiques, par un chercheur de l’INED.

Puis la commune a conçu le Plan d’action sociale et de sécurité, PASS. 
Rien n’est possible si la population ne participe pas. Le PASS comporte 87 actions parmi lesquelles des actions de concertation et de communication et de nombreuses actions ayant pour but de renforcer le lien social - dont un espace parents-enfants.

Il n’y a pas de tags à Dreux ; la réparation est faite dans la journée car les tags sont immédiatement signalés par un membre du réseau de surveillance ou par la vidéo-surveillance. L’urbanisme est orienté par le souci de sécurité (c’est ainsi que certains chemins ont été supprimés). Une maison de la justice et du droit a été créée. Un conseil de sages, sous la responsabilité du Procureur de la République, assure une justice de paix.

Les moyens consacrés par la commune sont coûteux ; ils ont d’abord été considérés comme provisoires mais seront en réalité toujours nécessaires : 5 MF/an pour le fonctionnement et autant pour l’investissement.

Les résultats

De 1997 à 2000, la délinquance de voie publique a diminué de 54 %, l’absentéisme dans les écoles a beaucoup diminué, le taux d’élucidation est passé de 19 à 29 %. 
Mais les résultats de 2000 sont mauvais, avec une augmentation de 20 %. M. G. Hamel l’explique par un relâchement de l’attention des élus, en cette année électorale. La leçon qu’il en tire est que les progrès sont toujours fragiles et que la situation demande une attention constante.

En effet, il a vu arriver de nouvelles formes de délinquance plus violentes avec des agressions sur la route (violation systématique du code de la route), une délinquance en relation avec des événements extérieurs (des caillassages comme en Palestine).

Vers un programme d’action national

- Les CLS, contrats locaux de sécurité, ne signifient pas grand chose ; ils n’ont en fait qu’un objectif : justifier les emplois-jeunes. 16 000 en tout. Ils sont trop nombreux : 16 à Dreux, mal formés, qui n’ont pas résolu les difficultés.

- Pour traiter des problèmes de sécurité il faut d’abord un discours clair et employer les mots de « criminel », de « délinquant » et de « voyou ».

- Il faut aussi se concentrer sur l’action, considérer que la sanction est un acte positif et utile ; refuser le fatalisme, rétablir le respect dû aux élus, aux parents, aux forces de l’ordre, aux fonctionnaires. Cesser de banaliser la transgression. Accepter de voir qu’une arrestation est toujours violente.

- Augmenter les effectifs des OPJ : on ne peut plus faire d’enquête. Donner des primes dans les zones difficiles. Ne pas accepter les polices urbaines. Accorder foi à la parole du policier contre celle du voyou. Fixer une peine minimale à toute atteinte à un fonctionnaire et aux forces de l’ordre.

- Donner au maire la possibilité de présider le CLS.

- Mettre la victime au cœur de la démarche de justice.

- Supprimer les classements sans suite et apporter une réponse rapide aux petits délits.

- Abaisser l’âge de la majorité pénale en dessous de 13 ans.

- Créer une maison d’éducation renforcée, éventuellement en milieu fermé par département.

M. Hamel conclut en disant que les Français veulent des mesures et que le mal est profond.