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La campagne présidentielle 2017

Après le secon tour

Je me sens tout à fait en phase avec ce que dit A. Finkiekraut : la priorité est d'agir pour retrouver une cohésion culturelle, un sécurité culturelle. Rien ne dit que E. Macron est pour cela l'homme de la situation. Voir ici ce que A. Finkielkraut a déclaré à Europe I

Pour qui voter au second tour

Pour qui voter au premier tour - après les "révéléations" sur F. Fillon

Une faiblesse de la candidature Fillon et les avanies qu'elle rencontre : une tribune dans le Monde du 3 mars 2017: "un procès stalinien"

François Fillon : extraits du livre FAIRE

Alain Juppé : extraits du livre Pour un Etat fort  et de cinq ans pour l'emploi 




Une transcription de ce qu'a dit A. Finkielkraut au soir du second tour à Europe 1

"A l'annonce des résultats, j’ai été sais par un sentiment contradictoire de soulagement et d’abattement.

La victoire de Marine Le Pen aurait mené la France à la catastrophe, le chaos, la guerre civile.

La France connaît une double crise : la transmission et la désintégration. La France est en voie de décomposition. Je ne suis pas sûr que Macron soit à la hauteur de la situation.

Question : Avez-vous trouvé que ses discours sont à la hauteur de la situation ?

Il a su se corriger. Il s’est montré beaucoup plus sérieux (qu'après le premir tour) mais son discours sonnait creux. Aucune formule que l’on puisse retenir, comme depuis le début de la campagne. Pourquoi est-il si peu éloquent. ? Pourquoi joue-t-il sur un mot qui n’a rien à voir avec la politique, l’amour ; 'je vous aime farouchement' a-t-il dit un jour à son public. Nous ne sommes pas là pour être galvanisés ; nous sommes des citoyens et je regrette que ses discours ne se soient jamais adressés aux citoyens que nous sommes.

Je ne supporte pas que l’on fasse de "vieux" un terme péjoratif.

Je crois dans les vertus de l’expérience ; Churchill n’était plus jeune lorsqu’il a pris en main le destin de l’Angleterre ; personne n’a trouvé à s’en plaindre. Napoléon était jeuneet  il était génial. Macron est-il génial ? Nous le verrons mais je refuse de voir dans sa jeunesse un atout possible.

Je crains qu’à l’avenir il y ait une France  périphérique et une France urbaine, "ploucs" terme que l'on utilise lorsque l'on veut être méchant, et "bobos" : à Paris, 90 % des électeurs on voté pour Macron. Cette division ne doit pas être cultivée, elle doit être surmontée et, pour ce faire, il faut prendre au sérieux l’insécurité culturelle de la France périphérique."



Ecrit par Henri Prévot quelques jours avant le second tour de l'élection présidentielle de 2017

Voter Macron quand même !

Un des motifs de la création de Ste Geneviève Autrement en 1990 a été de contrer le FN aux élections municipales. Aujourd'hui, les motifs de voter pour E. Macron ou M. Le Pen et ceux de ne pas voter pour l'un ou pour l'autre sont nombreux. En voici un qui me paraît important : nous devons préserver une bonne entente avec les pays voisins et tout particulièrement avec l’Allemagne. Pour cela, il faut avoir avec l'Allemagne une relation équilibrée. Aujourd'hui, dans cette relation et au sein de l'Union européenne, nous sommes en situation de faiblesse. Il est donc indispensable que nous retrouvions un équilibre économique et financier. Il y va de l'avenir de la France, de sa place dans le monde et de sa sécurité. J'aurais certes préféré F. Fillon à E. Macron mais la question ne se pose plus. Malgré toutes les réserves et les questions soulevées par la candidature de E. Macron, je voterai pour lui.



Entre E. Macron et M. Le Pen, peut-on s’abstenir de choisir ? Certes, pour montrer que ni l'un ni l'autre ne conviennent. Mais c’est alors laisser les autres choisir, c’est se retirer du jeu. Dans six mois, dans un an, si les choses tournent mal, quel que soit le Président ceux qui n’auront pas voté pour lui pourront dire « vous voyez bien qu’il est mauvais ! ». Si l'on décide de s'abstenir pour pouvoir dire cela plus tard ce serait une posture plutôt lâche et même perverse. 

Pour ma part, je préfère choisir. Aujourd’hui, choisir, ce n’est pas la même chose que prendre parti pour.

En général, pour tous ceux qui s’intéressent à la politique – et la très grande majorité s’y intéresse au moment des élections notamment municipales et nationales – les campagnes électorales sont des moments d’animation parfois ardente, le plus souvent joyeuse. On discute, on imagine, on se projette dans l’avenir, on se dit que si l’on ne gagne pas cette fois, ce sera pour la prochaine et sur le terrain les militants adverses qui se rencontrent se saluent (en général).

Mais cette fois-ci, depuis quinze jours, quelle tristesse ! Quelle morosité !  Mais il faut choisir.

On ne connaît pas Emmanuel Macron, on s’étonne qu’il affirme que l’on peut fort bien prendre les rênes du pouvoir sans avoir jamais été élu nulle part auparavant (n'est-ce pas une forme de mépris pour ceux qui honnêtment se vouent à la politique ?), il déclare à la télévision algérienne que la colonisation est un crime contre l’humanité (affirmer cela dans ces circonstances est scandaleux ! C'est montrer que l'on igore l'histoire, que l'on ignore que Jules Ferry était colonialiste pour apprendre le français aux Algériens - qui oserait dire aujourd'hui qu'il a eu tort ?). E. Macron dit qu’il n’y pas de civilisation française (évidemment, en jouant sur le mots et en passant du temps à expliquer ce que l’on veut dire, on peut le dire, mais pas ainsi, pas pendant une campagne à l’électron présidentielle). Il se dit favorable à la PMA pour les couples de lesbiennes ou les femmes seules, banalisant ainsi les naissances d’enfants sans père et, quoi qu’il en dise, ouvrant la voie à la GPA (au nom d’une égalité de droits entre hommes et femmes qui ne tient pas compte de la différence des sexes).

On ne sait rien de lui, rien de sa psychologie, de ce qui le fait réagir ; on a l'impression qu'il n'aime pas la contradiction ; qu'il a du mal à se mettre à la place de l'autre ; disant ce qu'il pense, il a des paroles méprisantes ; on le voit s'exalter au-delà de la raison, ce qui serait sympathique dans une boom mais à la tête de l'Etat ? Rien de gênant, peut-être, mais on n'en sait rien.

Ce n’est pas tout : on ne sait pas qui inspire cet homme nouveau venu, quelle est l’influence de sa femme (elle semble très influente alors que ce n’est pas pour elle que l’on vote), quelle est l’influence de ceux qui l’ont ainsi porté au pinacle ; et l’on est obligé de voir qu’il a le soutien d’une très grande partie de la presse et que celle-ci est la propriété de personnes ayant acquis leur fortune dans les affaires.

Ce n'est pas tout : à l'entendre, on ne sent pas qu'E. Macron est préoccupé par la montée progressive dans certains quartiers d'un genre de vie qui n'est pas celui de la France ; un genre de vie prétendument dicté par la religion musulmlane - je dis prétendument car dans bien des  pays musulmans il n'en est rien. Ces obligations sont imposées par des prêches sur Internet ou dans certaines mosquées, par une pression de voisinage, parfois appuyées financièrement (on donne de l'argent pour que les jeunes filles portent le voile), les jeunes filles qui s'habillent comme leurs amies sont houspillées, voire maltraitées, les femmes sont malvenues dans les cafés - d'ailleurs dans certains quaartiers on en voit fort peu dehors. Cette progression d'un particularisme et d'un communautarisme fondés, du moins selon les discours, sur la religion est tout aussi préoccupante pour notre société que le terrorisme. E. Macron fera respecter la loi ; fort bien mais la loi et les réglements ne suffiront pas : on ne voit pas qu'une loi interdise aux femmes de refuser de serrer la main d'un homme ! C'est beaucoup plus profond. F. Fillon avait fort bien exprimé cela dans son livre sur le totalitarisme islamique.  E. Macron, ne semble pas en avoir pris la mesure.

Ce n’est pas tout : on admire son énergie, son intelligence ; on peut être sensible à son côté charmeur. Mais on est stupéfait par sa chance. Le retrait de F. Hollande, la mise à l’écart de A. Juppé (qui, s’il avait été en lice, ne laissait guère de chance à E. Macron), la mise à l’écart de E. Valls et la victoire aux primaires de gauche de B. Hamon (qui n’avait pas le charisme suffisant pour porter et faire valoir ses idées plutôt décoiffantes), l’efficacité de J.L. Mélanchon qui a surclassé le candidat socialiste et les difficultés de F. Fillon. Cette chance de E. Macron est ahurissante. Sans suspecter l’existence d’un deus ex machina qui tirerait toutes les ficelles, il n’est pas interdit de penser qu’il en est une qui a été tirée : il y a probablement quelqu’un qui a donné des informations au Canard enchaîné au sujet de F. Fillon et de son épouse. Il y a bien quelqu’un qui a décidé de sortir cette histoire après la primaire de droite et peu avant l’élection présidentielle. Ensuite le Canard a procédé comme à son habitude en ces circonstances : rappelons-nous le crédit d’impôt de Chaban-Delmas ou les diamants offerts à Giscard par Bokassa.  Même méthode, mêmes effets, immédiats ou différés. De plus la justice a décidé de ne pas tenir compte des effets de son action sur le déroulement du débat, c'est-à-dire sur le fonctionnement de la démocratie. Les grosses maladresses de Fillon, abasourdi par cette attaque, ajoutèrent à la chance insolente d’E. Macron.

Malgré tout cela, malgré cette « immaturité » dénoncée par Alain Juppé et manifestée au cours de la campagne, je voterai quand même Macron.

Car une élection de M. Le Pen serait, pour la France, la source de graves difficultés et de risques à venir.

Pour se déterminer, je ne suis pas sûr qu’il faille ici invoquer des « valeurs ». Lorsque M. Le Pen déclare qu’il faut strictement limiter le droit des étrangers à s’installer en France, est-ce par « refus de l’autre », par « xénophobie », par « repli sur soi » ou est-ce simplement par réalisme ? Parmi les critiques du programme de M. Le Pen, il en est qui interprètent les mesures qu’elle compte prendre à l’égard des étrangers comme étant des mesures devant s’appliquer à l’ensemble des immigrés, ce qui peut tromper l’électeur qui qualifie souvent d’immigré un enfant né en France de parents et même de grands-parents étrangers (ainsi dans l'expression courante "immigré de seconde génération"). Il serait insupportable, évidemment, d’étendre à ces Français d’origine immigrée et aux étrangers installés depuis longtemps en France les restrictions que M. Le Pen entend prendre pour freiner l'arrivée de nouveaux étrangers, mais on lui fait là un faux procès.  Qu’y a-t-il de scandaleux à faire une différence entre Français expartrié qui revient en France et un étranger qui veut s'y installer ? D'ailleurs, c'est bien ce qui se fait depuis toujours et partout. Et, pour faire preuve d’hospitalité, pour accueillir quelqu’un dans sa maison, le minimum est que les murs de la maison tiennent bon et que le toit ne menace pas de s’effondrer. Le Pape François avait exalté la générosité de pays qui accueillent des étrangers en grand nombre puis il a dit que l’exercice de cette générosité devait être mesuré aux possibilités d’accueil, au risque de créer des troubles sociaux. Il faut un équilibre entre ouverture et préservation de la cohésion nationale ; pour le trouver il faut éviter des positions à l’emporte pièce.

Et il y a un moyen de démontrer notre générosité à l'égard de l'étranger, un moyen qui apporterait un peu de paix et de sérénité : financer et mettre en oeuvre un programme massif d'aide aux pays en développement de sorte que leurs habitants forment leurs projets chez eux. Ceux qui chez nous, par générosité, nous exhortent à accueillir un grand nombre de réfugiés seraient-ils d'accord pour payer 1000, 2000 € de plus par an dans ce but ou, à défaut de moyens financiers, seraient-ils prêts à travailler gratuitement quelques jours pour que leur entreprise puisse ainsi contribuer ?

Il faut surtout faire en sorte que les enfants d’immigrés, qui sont français, soient heureux et fiers d’être français. Ce devrait une priorité de l’action de l’Etat, des communes, des services publics et des bénévoles - de nous tous. M. Le Pen ne dit rien de différent mais le risque existe que, si elle est élue, le mécontentement que l'on sent monter contre les "immigrés" et qui est aujourd'hui contenu se traduise en violence. Néanmoins, c'est médire que d'accuser M. Le Pen de racisme.

Par ailleurs, on reproche à M. Le Pen d’être influencée par des anciens de son parti dont les pensées sont proches du fascisme ou, du moins, qui sont favorables à des mesures drastiques pour contrôler la justice, formater les esprits, limiter la liberté de la presse, préparer le terrain vers un régime très autoritaire voire dictatorial. On a vu dans l’histoire du siècle dernier qu’une démocratie, par glissements successifs,  peut donner naissance à une dictature. Ce n’est donc pas impossible. M. Le Pen s’en défend vigoureusement. Certes, son comportement au cours du débat avec E. Macron donne une impression contraire. Ce risque de dérive dictatoriale, que certains jugent très improbable, est-il un motif suffisant pour s’opposer à elle ? Peut-être.

En tout cas, il y a un autre motif de s'opposer à elle, qui me paraît à la fois sûr et déterminant : son programme économique.

Dans la situation financière et économique que nous connaissons, ramener l’âge de la retraite à 60 ans, augmenter le SMIC comme elle entend le faire, augmenter le nombre de fonctionnaires, etc. - ce serait nous enfoncer dans une situation insupportable. Prétendre retrouver un équilibre économique et financier avec « la maîtrise » de notre monnaie, c’est à dire sortir de l’euro et retrouver le franc pour le dévaluer de 20 à 40 %, c’est un mensonge. Même lorsque le budget est équilibré, chaque année il faut emprunter pour remplacer l’emprunt que l’on rembourse. Si l’on rembourse en francs, les prêteurs, qui auront été grugés, exigeront, pour les nouveaux emprunts des taux d’intérêt très élevés : un point d'intérêt de plus sur l'ensemble de notre dette, c'est plus de 20 milliards d'euros par an. Chaque année nous remboursons 10 % de la dette. 5 points d'intérêt de plus c'est donc chaque année 10 milliards de plus que l'année prcédente. Une catastrophe pour nos équilibres financiers.

Dévaluation, taux d’intérêt élevés, cela signifie que tous les épargnants, gros ou petits, seront floués. En réalité, c’est ainsi que seront financées les nouvelles dépenses. et les intérêts de la dette extérieure.

Par ailleurs, si nous limitons les importations, même celles qui proviennent de pays de l’Union européenne, par des quotas ou des droits de douane, nous aurons droit à des mesures de rétorsion, ce qui pénalisera durement l’emploi. C'est notre place et notre belle image  dans le monde qui sont menacée

C’est aussi l’avenir de l’Union européenne qui est en jeu. Plus : l’avenir de la bonne entente entre les pays de l’Union. Plus encore, l’avenir de la bonne entente entre la France et l’Allemagne. C’est cela qui est le plus préoccupant.

Après la guerre, l’Allemagne était extrêmement affaiblie. Les responsables français ont compris que la paix ne serait possible que si l’Allemagne était traitée à l’égal des autres pays. Pour ne prendre que ces deux exemples, la France, en proposant à l’Allemagne la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) et en lui proposant, plus tard, de coopérer à la fabrication d’un avion, lui a mis le pied à l’étrier. Aujourd’hui, l’Allemagne est, du point de vue économique et financier, plus forte que la France. Qu’on le veuille ou non, et, peut-être, malgré elle, cette domination de l’Allemagne se traduit sur le plan politique. Ce déséquilibre, comme tout déséquilibre, est lourd de risques. Il crée des frustrations, il suscite des exigences qui tournent en récriminations et sont suivies de refus qui sont ressentis comme arrogants. Un mauvais état d’esprit peut faire remonter du passé des aigreurs, des hostilités. Certes on ne ferait pas la guerre à l'Allemagne dans les années à venir. Mais, à considérer notre histoire, on n'oublie pas que  la bonne entente entre nos deux pays est une condition, directe ou indirecte, de notre sécurité au sens large du terme. Pour notre sécurité, il est donc essentiel de retrouver avec l’Allemagne une situation équilibrée. Au contraire, le programme de M. Le Pen aggrave le déséquilibre entre nos deux pays.

C’est une raison, pour moi une raisons certaine, de s’opposer à M. Le Pen et à ses promesses insensées. Il faut s’y opposer, non pas en nous abstenant et en espérant que le vote des autres l’écarteront. Malgré toutes les réserves et les questions soulevées par la candidature de E. Macron, je voterai pour lui.

Il appartiendra aux prochains députés de l'aider et de le contrôler pour pallier ce qui lui manque.

 





Ecrit en mars 2017

Pour qui voter au premier tour de l'élection présidentielle ?

N'est-il pas préférable de voter pour quelqu'un dont on connaît les faiblesses, les qualités et l'expérience et qui a un programme bien construit que pour quelqu'un dont on ne connaît pas grand chose, qui n'a pas d'expérience et dont le programme est incertain ?

Comment un piège s'est refermé sur François Fillon.

        on peut parler d'un piège, en regardant la situation objectivement sans supposer a priori qu'il y une intention cachée ; les faits sont là.

Lire à ce sujet une excellente tribune rédigée par J.E. Schoettl, aucien secrétaire général du Conseil constitutionnel, sous le titre "Un procès stalinien" - journal Le Monde du 3 mars

Il est entendu que F. Fillon a su utiliser à son profit personnel les facilités financières dont bénéficient les parlementaires ; on peut penser qu'il en a abusé, sinon  d'un point de vue légal, du moins d'un point de vue moral, avec le regard que nous avons aujourd'hui. Il l'a d'ailleurs reconnu. Il a dit qu'il ne se présenterait pas s'il était mis en examen ; il a été mis en examen et n'anmoins mantient sa candidature. Cela ne doit pas empêcher de se poser des questions.
Questions : pourquoi l'information sur les faits reprochés à F. Fillon, des faits datant de plus de dix ans, est-elle révélée juste avant l'élection ; qui en est à l'origine ; pourquoi les juges, en fixant la date de la convocation "aux fins de mise en examen" n'ont-il pas tenu compte des effets sur le processus électoral ?  F. Fillon, candidat pleinement reconnu de la droite et du centre, avait promis de ne pas se présenter s'il était mis en examen ; la situation créée par la façon dont le parquet et les juges d'instruction ont appliqué la procédure a comme effet de créer une situation inextricable : ou bien F. Fillon renonçait et constatait dix jours plus tard qu'en définitive, il n'était pas mis en examen ; ou bien il persistait, était mis en examen à un moment où il serait impossible de trouver quelqu'un d'autre et serait donc candidat en étant mis en examen, ce qu'il avait promis d'éviter - voilà le piège. Il n'est pas nécessaire de savoir s'il lui a-t-il été ouvert délibérément ou sans y penser. Le fait est qu'il est bien là. Ne peut-on pas comprendre qu'un homme pris au piège réagisse très vigoureusement ?





Candidature Fillon pour la droite et le centre : les avanies rencontrées par cette candidature

Il est entendu que F. Fillon a su utiliser à son profit personnel les facilités financières dont bénéficient les parlementaires ; on peut penser qu'il en a abusé, sinon  d'un point de vue légal, du moins d'un point de vue moral, avec le regard que nous avons aujourd'hui. Il l'a d'ailleurs reconnu. Il a dit qu'il ne se présenterait pas s'il était mis en examen ; aujourd'hui il risque d'être mis en examen. Cela ne doit pas empêcher de se poser des questions.

Questions : pourquoi l'information sur les faits reprochés à F. Fillon, des faits datant de plus de dix ans, est-elle révélée juste avant l'élection ; qui en est à l'origine ; pourquoi les juges, en fixant la date de la convocation "aux fins de mise en examen" n'ont-il pas tenu compte des effets sur le processus électoral ?  F. Fillon, candidat pleinement reconnu de la droite et du centre, avait promis de ne pas se présenter s'il était mis en examen ; la situation créée par la façon dont le parquet et les juges d'instruction appliquent la procédure a comme effet de créer une situation inextricable : ou bien F. Fillon renonce et constate dix jours plus tard qu'en définitive, il ne sera pas mis en examen ; ou bien il persiste, sera mis en examen à un moment où il sera impossible de trouver quelqu'un d'autre et sera donc candidat en étant mis en examen, ce qu'il avait promis d'éviter - voilà le piège. Il n'est pas nécessaire de savoir s'il lui a-t-il été ouvert délibérément ou sans y penser. Le fait est qu'il est bien là. Ne peut-on pas comprendre qu'un homme pris au piège réagisse très vigoureusement ?

Le rappel des faits

Depuis novembre 2016, tout se passait fort bien : des élections primaires se sont parfaitement déroulées ; au cours de débats, F. Fillon dit qu'il serait insupportable qu'une personne mise en examen se présente comme candidat ; les élections l'ont désigné comme vainqueur incontestable ; tous les autres candidats se sont immédiatement raliiés à lui ; il était vu comme le futur président de la République.
Une information paraît dans le Canard enchaîné révélant qu'il avait utilisé les indemnités qu'il percevait comme parlemantaire pour rémunérer son épouse ; la presse reprend cela en émettant des doutes sur la réalité de cet emploi ; F. Fillon affirme que, s'il est mis en examen, il retirera sa candidature ; la justice se saisit immédiatement de l'affaire par une enquête préliminaire ; on ne parle plus que de cela ; F. Fillon, qui se dit sonné par ces attaques, réagit avec vigueur, avec brutalité diront certains ; en parlant d' "assassinat politique" ou de "complot", il emploie des mots qu'il regrettera ensuite ; il affirme qu'il n'a rien fait d'illégal mais comprend qu'on lui reproche son comporterment ; il reconnaît donc des erreurs dont il demande qu'on le pardonne ; la justice va bon train et transmet le dossier à des juges d'instruction ; elle est allé vite (beaucoup plus vite que ce que l'on a toujours observé) pour anticiper l'application d'une loi récemment votée mais non encore publiée qui aurait prescrit (donc rendus inattaquable) la plus grande partie des faits reprochés à F. FIllon et à son épouse ; les juges convoquent F. Fillon en vue d'une mise en examen pour le 15 mars, deux jours avant la date ultime de remise des parrainages ; F. Fillon, à la date d'aujourd'hui (6 mars) n'est pas mis en examen ; s'ils devait l'être le 15 mars, il ne serait plus possible, alors, de changer de candidat ; donc nombreux sont ceux qui  lui demandent de se retirer dès maintenant ; une solution alternative semblait réunir un large consensus, une candidatre de Alain Juppé ; le 5 mars, F. Fillon réunit ses partisans en un rassemblement qui, de l'avis unanime, fut un grand succès ( plus de 50 000  personnes réunies avec un préavis de trois jours seulement et sous la pluie) ; le soir, à la télévision  il confirme sa détermination en des mots très dignes et en regrettant les propos excessifs qu'il avait tenus auparavant ; le 6 mars dans la matinée, Alain Juppé tient une conférence de presse ; il a des mots très sévères contre F. Fillon, critiquant son "obstinataion" et jugeant que la façon dont il s'est défendu l'ont conduit  "dans une impasse", et il affirme qu'il ne se présentera pas ; il donne comme raisons la difficulté de réunir son camp mais, surtout, son âge, son expérience, dans une époque où les électeurs préfèrent la nouveauté à l'expérience, le fait qu'il a été l'objet d'une condamnation ("sans enrichissement personnel," précise-t-il) ; il fustige le manque de maturité politique de E. Macron et l'incohérence de son programme ; il termine en disant qu'il ne veut pas "donner son honneur en pâture aux démolisseurs de réputation".
Le 6 mars dans la soirée, le comité politique de Les Républicains confirme à l'unanimité son soutien à la candidature Fillon.

     Il faut lire la tribune de Jean-Luc Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel dans Le Monde : "Un procès stalinien".

La campagne va pouvoir commencer ;  François Fillon  aménagera son programme pour répondre à des remarques qui lui sont faite par différentes sensibilités de la droite et du centre. Dans les sondages, sa cote a beaucoup baissé ; elle est tombée de 25 % à 15 à 18 % alors que celles de E. Macron et M. Le Pen sont autour de 25 % . F. Fillon court le risque de devoir mener sa campagne en étant mis en examen par la justice. Même si les faits reprochés ne sont pas de la plus grande gravité, l'image du candidat en sera ternie. Peut-être la qualtité  de son entourage et celle de son programme compenseront-ils suffisamment ce handicap.