Notre journal N° 6 daté d'octobre 2002


- face au pouvoir personnel, la pétition
- NON à la démolition d'immeubles bien conçus 
- Associations ; financer la formation des bénévoles
- Un retour sur les législatives 
- L'impossible contrôle des services publics locaux
- L'augmentation de la taxe des ordures ménagères : + 7 % 
- SEMARDEL : encore un rapport accablant
- Clubs sportif
- Du bitume, encore du bitume
- L'emploi : rôle d el'ANPE et rôle de la commune
- La culture pour tous
- Le management des services de la ville
- L'augmentation vertigineuse de la dette
- La tranquillité, une affaire de volonté politique 

L'éditorial

Face au pouvoir personnel, la pétition

Une fois élu, le pouvoir doit être contrôlé car il a toujours tendance a oublier qu'il est au service des électeurs.

 Au plan national, le débat est alimenté en permanence par la presse et par l'opposition politique, qui dispose pour cela de moyens financiers importants.

Au plan local, l'information municipale est aux mains du pouvoir et l'opposition ne reçoit aucune aide publique. Les risques d'abus sont grands ! A Sainte Geneviève cette dérive vers le pouvoir personnel a pris un tour bizarre comme le montrent deux affaires relatées dans ce journal. 

Apparemment le maire n'avait même pas informé ses adjoints que la dette augmentait de un tiers en 2001.

Quant à l'affaire de Pergaud à vous de juger : le maire avait décidé de faire démolir 144 logements après une parodie de consultation, sans délibération du conseil municipal, et en prétendant que les habitants étaient d'accord alors qu'ils y sont farouchement opposés. Nous lui avons écrit et posé des questions au Conseil municipal mais je me suis vu accuser de "sabotage" ou de "mauvaise foi". Alors, nous avons proposé aux habitants de s'exprimer directement par une pétition.

Il semble que leur réaction quasiment unanime ait eu un effet. En tous cas le maire m'a dit que dossier était "remis à plat" et qu'une nouvelle consultation serait faite bientôt.

Revenons donc aux sources de la démocratie en utilisant tous les moyens, les plus modernes comme internet, et les plus classiques : interpellation au conseil municipal, journaux, tracts et pétitions. 

Henri Prévot

NON à la démolition de logements

Les habitants de Pergaud ont réagi massivement 

NOUVELLE CONSULTATION dans tout le quartier des Aunettes

Notre ville a été retenue pour une Opération de rénovation urbaine (ORU) dans le quartier des Aunettes - St Hubert, Les Fées, Pergaud, Les Bois Clairs, le quartier du Canal. Le programme présenté par la ville prévoyait la démolition de 144 logements à Pergaud, ce que les habitants la résidence sont unanimes à refuser. Le projet a été heureusement bloqué. Il est prévu une consultation dans tout le quartier des Aunettes.

Utilisons l'argent public pour l'entretien des bâtiments et l'éducation de la jeunesse. Cela nous concerne tous

Le projet de démolition est bloqué

En Août 2001, l'ancien maire, le nouveau et le député ont déposé à Paris un dossier selon lequel les habitants de Pergaud "adhèrent très majoritairement à ce projet, qui prévoit pourtant la démolition de 144 logements" - sur 650. Ce dossier était public, mais n'a pas été publié ! Nous en avons eu connaissance en décembre. Etonnés, nous en avons parlé avec quelques habitants, aussi étonnés que nous ! Nous avons donc proposé une pétition aux habitants de Pergaud : ne gaspillons pas l'argent public ; la priorité n'est pas de démolir des appartements bien conçus mais d'entretenir les bâtiments, faire de parkings et investir pour l'éducation de la jeunesse. 

Cette pétition a été signée par plus de 95 % des résidants que nous avons pu toucher : environ 500 portes frappées, 230 ouvertes ; autant de signatures, à quelques unes près, contre un projet décidé sans concertation (sauf une exposition où le projet était présenté comme déjà décidé).

Nous en avons informé le conseil municipal (réaction de M. Quittard : "manipulation !") ; nous l'avons adressée au préfet, à l'Equipement et à la SCIC. Depuis, le projet repart sur de nouvelles bases. Question : comment le maire a-t-il pu écrire que la grande majorité des habitants était d'accord ? 

Une nouvelle consultation, cet automne dans tout le quartier

Le maire nous a dit qu'il allait consulter cet automne tous les habitants des Aunettes sur les actions à mener. Mais cette affaire concerne toute notre ville puisque ce sera beaucoup d'argent dépensé. Participez tous, donnez des idées. Notre ville manque cruellement de locaux pour les loisirs culturels. La MJC ne sera vraiment une maison des jeunes et de la culture que si elle a des locaux dignes de ce nom.

Voilà à notre avis qui vaut mieux que de démolir des appartements, déloger les habitants pour les remettre dans des logements plus petits (car les normes HLM ont changé depuis trente ans).

                                          Claude Lorain
Les habitants nous ont dit

 "Je vais signer la pétition ; mais je crains que cela ne serve à rien le projet est déjà décidé" ; Une dame qui n'avait pas répondu à la sonnette rejoint H. Prévot à l'étage au dessus "j'ai entendu de quoi il s'agissait ; casser ces immeubles ? C'est fou ! Je signe". Des dames âgées d'un des immeubles menacés : "où vont-ils nous mettre ; je ne veux pas aller en maison de retraite, monsieur ; et surtout, demandez-leur d'arranger la porte en bas, pour qu'elle ferme". Une dame âgée, qui a signé : "ma voisine ne vous répondra pas ; mais c'est important, à moi elle ouvrira" et elle frappe d'une façon particulière que l'autre dame reconnaît."  "Bien sûr que je signe". Une antre : "Regardez : la pluie entre chez moi, tout est pourri ". Certains appartements sont dans un état désolant en effet ; il est urgent de faire des travaux. Nous avons écrit directement au directeur général de la SCIC

Journées des associations

Le temps n'a pas été de la partie mais ces journées ont été une réussite. Le déploiement de toutes ces associations et les spectacles donnés sur le podium ou alentours montraient une belle image de la vie foisonnante de notre ville, de la diversité des engagements pris pour faire partager une passion ou pour rendre service, en souvenir de tout ce que l'on a soi-même reçu. Cette réciprocité générale, c'est la substance d'une société féconde.
 

La formation des bénévoles

Beaucoup d'entre nous voudraient participer mais ont parfois l'impression qu'ils ne sont pas à la hauteur. Le conseil général finance - et la commune organise - des formations générales comme l’informatique, le droit des associations, les modes de financement. Allant plus loin, il serait vraiment dommage que les bénévoles ne puissent pas, pour des motifs financiers, suivre la formation spécifique qui leur serait utile. Quelques exemples : l’encadrement de jeunes, l'accueil et l'écoute, la relation à la drogue, le secourisme, l'animation de réunions de parents. Le coût de ces formations représente peu de chose pour un budget communal.

Le FNDVA (fonds national pour le développement de la vie associative) finance partiellement ce genre de formation - voir sur notre site internet. 

Noëlle Mourier
Pour obtenir des subvention pou la formation des bénévoles, il est possible également de s'adresser à l'ARDEVA 
 
 

Les élections législatives à Ste Geneviève des bois

Les résultats du 2 ème tour : 
- Abstentions : 39 %
- M. Decoux : 48 %
- M. Dray : 52 %. 

Le nombre d'abstentions et de blancs et nuls fut de 7500, l'écart de voix entre MM. Dray et Decoux de 421.

Francis Decoux, candidat de l'UMP, nous communique :

"Les résultats des élections présidentielles et législatives l'ont montré : un véritable espoir de changement pour votre ville et notre circonscription n'est plus une utopie. Durant toute la campagne des législatives, j'ai pu rencontrer un grand nombre de génovéfaines et génovéfains attachés à leur commune, désireux de mettre fin à l'hégémonie de la gauche depuis des décennies. Les mois à venir vont être primordiaux pour Sainte Geneviève.
Je les remercie et j'appelle toutes les personnes qui m'ont apporté leur suffrage à se mobiliser
 


Le contrôle des services publics locaux
ordures ménagères, eau, eaux usées, gaz, électricité.

Qui, mieux que nous, habitants de Ste Geneviève, peut contrôler la qualité et les coûts de services publics locaux ? Mais avons-nous les informations suffisantes, pouvons-nous comparer avec d'autres villes, pouvons-nous seulement nous exprimer utilement ?

Voilà un domaine où la démocratie locale pourrait faire des progrès !

Par exemple, nos conseillers municipaux ont fait des remarques sur le rapport de gestion du service de l'eau et demandé au maire de les transmettre à l'entreprise responsable ; impossible de savoir ce qu'en a fait le maire !

Quant aux ordures ménagères, c'est la bouteille à l'encre.

La taxe des ordures ménagères : + 7%. Pourquoi ? 

N'oublions pas que nous payons également l'élimination de nos déchets avec la redevance Eco-emballage, chaque fois que nous achetons un produit emballé. 

Impossible de savoir combien cela coûte en tout !

Nous avons demandé au maire mais il ne répond pas. Au printemps, le Conseil général, a soumis à une enquête publique son programme pluriannuel de gestion des ordures ménagères. Dans le dossier, il n'y avait rien de précis sur les coûts. H. Prévot a voulu aborder la question en réunion du conseil municipal. A la demande pressante de M. Champion, le maire lui a refusé la parole - à tort et au mépris du règlement du conseil. 

Comment contrôler les coûts sans les connaître ?

Semardel :   encore un rapport accablant

 Sur la période de 1994 à 1998, la Chambre régionale des Comptes a encore dénoncé de multiples irrégularités : marchés passés sans appel d'offres, fonds collectés sur les communes pour un certain usage et utilisés pour autre chose (69 millions de francs), travaux réalisés avant la signature du contrat, défaut d'infor-mations obligatoires. Réponse de M. Champion : "je suis fier de ma gestion". Bon ! L'instruction judiciaire sur la SEMARDEL est toujours en cours.

Clubs sportifs

Encourager le succès, oui mais…

La ville a décidé d'accorder des subventions exceptionnelles à deux sections de SGS. Nous sommes d'accord sur le principe. Mais attention à ne pas tomber dans des travers que l'on voit un peu partout et de plus en plus : faire venir d'ailleurs de très bons sportifs à coup de primes ou d'avantages variés : contrats de travail partiellement fictifs, logements ou primes confortables. L'argent que nous consacrons au sport doit servir exclusivement à permettre l'épanouissement sportif de jeunes Génovéfains.

Un coup de chapeau au gardien

Depuis plusieurs années, un stade de notre ville était très perturbé ; la section de basket a failli s'arrêter. Enfin, des mesures ont été prises par la ville et, surtout, un nouveau gardien a su rétablir l'ordre, la propreté et la bonne entente ; par exemple, le stade est parfois ouvert le soir jusqu'à minuit pour les jeunes du quartier et tout se passe très bien. Bravo !

Michel Létang

Du bitume, toujours du bitume…

De retour de vacances, nous avons vu un chantier près de Carrefour. Sur les panneaux apposés sur les clôtures, on lit une date (9 juillet) et « recours contentieux 2 mois ». Nous avons de suite écrit au maire pour lui demander comment consulter le dossier. Pas de réponse ! Avant même l'expiration du délai de deux mois, nous avons appris, grâce à un nouveau panneau, qu’il s’agit de faire des parkings. Est-il encore temps d’exiger de Carrefour de faire un sol qui absorbe l’eau des pluies d’orage ? Nous en avons assez de payer des bassins de rétention et de voir nos caves inondées.

Nicole Loddé
La lettre au maire est sur notre site Internet.
 


 Au conseil municipal

L'emploi

La commune coopère avec l'ANPE. Nous avons fait remarquer qu'à notre avis, il appartient à l'ANPE et non à la ville, de rechercher les postes disponibles et de les proposer aux chercheurs d'emploi ; c'est une garantie de neutralité. Les services de la ville, quant à eux, peuvent accompagner les nouveaux embauchés qui ont besoin d'une aide pour s'acclimater au rythme professionnel, de façon que l'embauche, parfois attendue depuis très longtemps, soit un succès.

La culture pour tous

La commune finance les séjours de vacances des enfants en fonction des ressources des familles ; elle propose des séjours classiques. Nous avons demandé qu'elle accorde une aide d'un égal montant aux enfants qui participent à des stages d'initiation ou de formation artistique ; des familles peu fortunées seront peut-être très heureuses de pouvoir ouvrir ainsi à leurs enfants de nouveaux horizons où il pourront s'épanouir pleinement et découvrir leurs talents.

Le management des services

On parle beaucoup, et l'on a raison, de moderniser le management de l'administration de l'Etat. Qu'en est-il dans notre commune ? Des progrès ont été faits depuis les manifestations du personnel, il y a trois ans. Nos élus ont fait remarquer qu'il reste beaucoup à faire pour une gestion moderne, pour que tout le personnel se sente vraiment impliqué, informé, participatif
 


Hausse vertigineuse de la dette
confusion dans les chiffres :

Voilà pourquoi nous avons voté contre les comptes de 2001

La dette augmente de un tiers

C'est la première fois depuis sept ans que les conseillers municipaux de Ste Geneviève Autrement ont voté contre les comptes (ils ont voté contre le budget, mais se sont abstenus sur les comptes passés). Il y avait donc des motifs particuliers. 2001 était la dernière année de la précédente municipalité. Pendant des années, l'ancien maire avait négligé l'entretien de la ville et vendu des terrains pour pouvoir laisser augmenter les dépenses de fonctionnement sans trop augmenter les impôts. Tout cela était artificiel car il faudrait bien, un jour, refaire les écoles et entretenir les rues. Les travaux ont été entrepris au dernier moment, juste avant les élections. Pour les payer, la commune a énormément emprunté, 71 millions de francs en 2001, autant que ses recettes fiscales d'une année. Cela va augmenter les intérêts (20 % de plus en 2002) ; mais les élections sont passées - et l'ancien maire a laissé sa place.

Des chiffres incohérents

Nous avons vu dans les comptes, des valeurs incohérentes (des écarts de 30 ou 40 millions de francs). Nous en avons fait part au maire par écrit avant la réunion du Conseil mais n'avons eu aucune explication. Nous nous sommes tournés vers le préfet, qui a posé la question au maire. Nous n'avons pas encore la réponse. Notre avis, provisoire est qu'il y a peut-être eu une astuce de présentation pour cacher cette hausse très forte de la dette. En tous cas, il n'est pas normal que personne ne nous ait encore répondu.

Jean-Claude Chiaradia

Un moment étrange, ce 26 mars, au conseil municipal.

 Au conseil municipal du 26 mars, Henri Prévot a indiqué cette augmentation de la dette de 10,5 Millions d'euros en un an (71 MF). Le maire, surpris, se tourne vers son premier adjoint, M. Quittard, qui lance à l'adresse du conseiller d'opposition : "N'importe quoi ; vous confondez les francs et les euros !". Celui-ci précise ses sources. Trouble à la table du bureau. Au bout d'une minute, M. Champion, à mi-voix, dit à son successeur : "c'est exact". Incroyable ! L'ancien maire n'avait même pas informé son successeur ni aucun de ses adjoints qu'il avait augmenté la dette de la commune d'un tiers en un an. Il appelait cela la vie d'équipe ! Et c'est un conseiller de l'opposition qui le leur appris en réunion du Conseil.        J.C.C
 


La tranquillité : une affaire de volonté politique

Certes, on est encore loin d'une situation satisfaisante; mais quand il y a un mieux, il faut le signaler.

Selon plusieurs témoignages, la police intervient de façon plus efficace pour mettre fin au tapage nocturne dans les lieux publics. Par ailleurs, on a vu embarquer avec les menottes un homme connu depuis longtemps pour des trafics. Et, de façon plus générale, la présence des forces de l'ordre est plus manifeste (pas partout néanmoins). Il n'est pas interdit d'y voir l'effet de la volonté politique clairement manifestée par le nouveau gouvernement : des nouveaux moyens, un nouveau discours, une implication personnelle des ministres de la police et de la justice, de nouveaux modes de management. Mais il ne faudrait pas que, pour améliorer les statistiques, la police décourage les dépôts de plainte.

L'action de la police et de la justice est nécessaire ; mais elle ne peut être utile que si l'on redouble l'action d'éducation. Ce devrait être une priorité du budget : malheureusement on ne voit rien de tel dans le budget de 2002 (c'est une des raisons pour lesquelles nous ne l'avons pas voté).
 .

Du nouveau sur notre site internet

- Commentaires sur le budget 2002, sur les comptes 2001, sur le rapport de la chambre régionale des comptes sur la SEMARDEL.
- Le dossier de l'opération de rénovation urbaine des Aunettes : le dossier déposé par la maire à Paris en 2001, les réactions des habitants et le texte de la pétition, deux lettres au maire, au préfet etc.
- Un gros dossier sur la gestion des ordures ménagères (quelle priorité entre tri, incinération, méthanisation, collecte des déchets toxiques).
- Les résultats à Ste Geneviève des élections présidentielles et législatives.
- Une lettre au maire restée sans réponse, pour demander à consulter le dossier du parking de Carrefour.

Pour élever le débat, des extraits de :

- "la démocratie inachevée" de Pierre Rosanvallon : les mille formes de la démocratie en France depuis plus de deux cents ans. Notamment l'éloge de Ledru-Rollin à la pétition - il est question que le gouvernement propose de donner aux Français le droit d'inscrire, par pétition, des questions à l'ordre du jour des Conseils municipaux
- "les maîtres censeurs" d'E. Lévy, journaliste à Marianne, contre les réactions automatiques du milieu intellectuel de gauche bien-pensante
- "la confiance et la raison" : une réflexion philosophique qui remet en question, à la racine, une certaine pensée libérale systématique qui impose peu à peu la marchandisation de toute chose au-delà du raisonnable