Ste Geneviève
               AUTREMENT
                       Dir. de Publication H.Prévot

 

N°9
mai 97

impr.SGA

Pour un souffle nouveau, en toute liberté


Sécurité : lorsque le maire ne répond pas...

Depuis des mois, la situation d'un immeuble de la ville était devenue insupportable. Les habitants avaient alerté le maire ; en vain. Ils se sentaient abandonnés. Au début de janvier, ils m'ont téléphoné. Le commissaire de police et une adjointe du procureur de la République m'ont dit l'un et l'autre: "il faut une démarche personnelle des habitants". Je suis donc allé frapper aux portes pour organiser avec plusieurs locataires une rencontre avec le commissaire de police, le 1er février. Nous attendions cinq ou six personnes ; elles furent près d'une vingtaine. Dans cette démarche collective, les habitants s'étaient massivement mobilisés et ont convaincu la police d'être davantage présente. 

Alors, enfin, M. Champion s'est intéressé à cet immeuble. Il a réuni les habitants et refusé ma présence - et il s'est empressé de dire à la presse avec quelle rapidité il répond aux appels des habitants. M. Champion serait-il né sous le signe du coucou, cet oiseau qui s'installe dans le nid des autres après les en avoir chassés ? En tous cas, il est très fort en récupération et désinformation : c'est sa méthode. 

Il faut parler de cette question de sécurité, question cruciale et difficile. Nous y consacrons notre dossier - écrivez-nous votre avis. 

C'est un volet de notre action d'opposition constructive. 

L'autre volet est la vigilance et la critique - c'est moins agréable mais nécessaire. Les réunions du Conseil municipal, les informations que vous nous donnez nous montrent, malheureusement, qu'il y a beaucoup d'"incivilités" - comme l'on dit quand on ne veut pas être méchant. 

Henri PREVOT 

 
 
 

Nouvelles du conseil municipal
 

Budget : Ste Geneviève Autrement, seul groupe d'opposition

Nos pétitions dans ce journal et sur les marchés ont reçu un large écho : le maire a été contraint de tenir compte de l'exaspération des contribuables que nous sommes et de limiter la hausse des impôts à 3 %. Pourtant : 

- cette hausse s'ajoute à celle de l'an dernier, ce qui fait près de 14% en deux ans, 9% de plus que l'inflation. 

- la ville continue de s'endetter pour payer l'entretien du patrimoine (les routes, les écoles...) : il faudra rembourser et, en plus, payer les intérêts. 

- le contexte financier et comptable était favorable : le changement de comptabilité gaffât apparaître une diminution des dépenses de 2 millions, la baisse des taux d'intérêts diminue les intérêts de 1 million et le Conseil géné-ral augmente sa dotation "de solidarité" ; si les impôts augmentent, c'est donc que les dépenses (y compris le remboursement de la dette) augmentent trop. 

- on ne voit dans ce budget aucun effort particulier pour répondre aux vraies priorités de notre époque : l'emploi, les jeunes et la sécurité.

C'est pourquoi Henri Prévot et Dominique Szczepanek ont voté contre. 

Maître Roth et ses amis ont voté le budget présenté par M. Champion, se alliés communistes et les protégés de M. Dray. Cela les regarde. Voter le budget, ce n'est pas comme s'abstenir : c'est approuver toute la politique. Me Roth et ses amis sont donc devenus les alliés de fait de ceux qu'ils prétendent combattre. Ste Geneviève Autrement est donc le seul groupe d'opposition. 
 
 

Nouvelles de la ville... Nouvelles de la v

Une belle réalisation pour l'accueil de personnes en difficulté

Près de dix associations ont travaillé avec un bailleur social, la société HLM 3F, pour réaliser une résidence pour personnes en situation très précaire, le Phare, route de Longpont. Ces personnes y seront accueilles quelques jours ou quelques semaines, accompagnées par des bénévoles, le temps de trouver une solution durable. 

Motocross et photos

Pendant son exhibition de l'été dernier, le club de mot cross a eu la bonne idée d'organiser pour les jeunes de nos cités un concours de photos. La remise de prix fut très sympathique, et les photos de motos en plein ciel impressionantes ! 
 
 

Notre dossier... Notre dossier... Notre dossier... 

(mai 1997) 
  La sécurité

Briser la loi du silence

Henri Prévot a posé au conseil municipal la question de la sécurité ; on lui a répondu violemment qu'il ne fallait pas en parler, pour ne pas donner une mauvaise image de notre ville. Quelle politique de l'autruche ! Selon l'administration, Ste Geneviève des Bois est classée huitième parmi les villes sensibles de l'Essonne et il faut reconnaître calmement que la situation est, par endroits, préoccupante : une dizaine de meneurs dont certains sont assez durs peuvent mobiliser plusieurs dizaines de jeunes qui deviennent violents, de plus en plus jeunes, depuis 14 ans : troubles dans les installations sportives, voitures abîmées, quelques cages d'escalier saccagées, graffitis partout et jusqu'en haut des tours, comme pour narguer, nombreux vols, parfois avec violences et parfois, très rarement, agressions sur les personnes. Si vous faites une remarque à ces garçons, il leur arrive de menacer vos biens et même vos enfants. Cette situation ne cesse de se dégrader depuis plusieurs années. Il faut réagir. 

La police

Aujourd'hui, la police peut aller partout (il n'y a pas de "zone de non-droit") et depuis un an, on n'entend plus parler de jeunes "protégés du maire". Un îlotage fonctionne à nouveau et les interpellations sont plus nombreuses. La police s'intéresse à tout, car une petite délinquance peut être le signe d'une plus grave. Cela peut créer un surcroît de violence ; c'est plutôt bon signe. Mais la police ne peut agir que sur des indications précises. Et que peut-elle contre des jeunes qui font du bruit ou profèrent des insultes ou même des menaces ? C'est une affaire d'éducation, non de police. 

La justice

Les choses s'améliorent : elle essaie d'être plus rapide ; la médiation pénale permet de rechercher très vite un accord entre le délinquant et la victime ; les travaux d'intérêt général se développent. Mais il ne faut pas trop attendre de la justice pour deux raisons : ses moyens, en particulier les éducateurs, sont notoirement insuffisants ; on ne va pas mettre un jeunes en prison pour des pneus crevés ni parce qu'il ne paie pas ses amendes et l'on ne va pas garder éternellement les gens en prison ! Pour les plus durs, on manque cruellement d'unités éducatives à encadrement renforcé", les UEER. 

Les familles

Les parents sont responsables de leurs enfants. pour le leur rappeler, un homme comme Pierre Cardo, maire et député de Chanteloup les Vignes, a eu l'idée de bloquer pendant quelques temps les aides aux familles. Au minimum, les parents doivent rembourser les dégâts. Certes, l'éducation est très difficile lorsque la situation de la famille est fragile ou le travail précaire, lorsque l'on vit dans un monde dont la culture est très différente de celle où l'on a été élevé. En tous cas, mieux vaut pouvoir en discuter. De plus en plus d'associations facilitent les relations entre parents, ce qui permet en cas de besoin de se poser ce genre de questions : comment se comporter avec un enfant difficile ? Quant et comment faut-il sévir ? 

Nous tous

Les jeunes ont besoin de connaître les limites à ne pas franchir et ils attendent la résistance des adultes. Toute notre société devrait être éducatrice. Que faire face à des désordres ? Si possible, quand ce n'est pas grave, intervenir soi-même, seul ou avec des voisins - c'est plus facile quand on se connaît -. En cas de délit, appeler de suite la police sans rien toucher, pou qu'elle puisse relever des empreintes. Mais elle ne peut agir que s'il y a plainte : porter plainte est donc un acte de citoyen. Dans ce cas, il est possible de ne pas mentionner son adresse. Il y a parfois des menaces mais celui qui menace court de gros risques car il s'est ainsi dénoncé à l'avance ! 

Il faut aussi occuper tous ces jeunes et ces enfants - et s'occuper d'eux. peut-on aider les parents par une forme de parrainage, par des loisirs éducatifs, par le soutien scolaire ou d'autres façons ? Cela s'est beaucoup développé dans d'autres villes. 

La sécurité est un vrai problème :si nous ne réagissons pas tous, notre société va durement souffrir. C'est notre affaire à tous car tous ces jeunes turbulents et même violents, ce sont nos jeunes, ce sont nos enfants ; il faut les aimer ; donc leur faire prendre conscience des limites. Pour cela il faut de l'autorité. Comme le dit le proverbe : Qui aime bien châtie bien. 

Et la municipalité ?

Malheureusement, devant une situation qui empirait elle a sous-estimé les difficultés. Son attitude n'encourageait pas la police. Les clubs sportifs demandent depuis longtemps des équipements de sécurité (portes renforcées etc.) que le maire tarde à installer. Le conseil général finance depuis plusieurs années trois postes d'éducateurs de rue, c'est à dire des personnes qui vont au-devant des jeunes, hors des structures et des horaires officiels - un travail difficile. Le maire a décidé d'utiliser cette subvention pour financer deux emplois municipaux ; c'est tout à fait anormal ! (ces emplois sont tenus par des personnes de valeur qui sont hors de cause). 

Depuis dix-huit mois, le Conseil communal de prévention de la délinquance oeuvre utilement pour établir des relations entre tous les organismes intéressés et pour mettre en oeuvre ici les orientations de la politique nationale. 

Mais la municipalité n'a pas encore pris la mesure du problème. Si l'on se borne à réagir à la situation d'aujourd'hui, nous serons toujours en retard. Il faut anticiper la situation de demain en supposant qu'elle sera plus grave : c'est la prudence. Le Conseil général a décidé il y a déjà un an de financer deux nouveaux éducateurs de rue ; c'est donc une équipe de cinq personnes que nous devrions avoir, et non trois comme prévu par le maire. Si c'est insuffisant, recrutons d'autres éducateurs de rue sur le budget de la commune ! Il faut aussi des installations de sécurité et peut-être de surveillance dans certains points sensibles. 

Le maire et ses adjoints veulent tout contrôler eux-mêmes ; ils ont tort. Quand Ste Geneviève Autrement travaille sur cette question, le maire devrait s'en réjouir. Les éducateurs de rue devraient être recrutés par une association largement ouverte à tous et indépendante, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui dans notre ville. toutes les initiatives des Génovéfains vers les jeunes doivent être facilitées et encouragées. 

Face à la montée des désordres et de la violence, il n'y a pas de difficultés budgétaires qui tiennent car on peut faire des économies ailleurs : c'est cela, avoir une politique. La sécurité doit être une priorité et le maire doit y intéresser tout le monde sans considération partisane. 
 
 

Vous nous écrivez, vous nous téléphonez...Vous

M. A.H... nous écrit 

- Le maire nous dit dans une brochure que les véhicules de la ville parcourent 800 000 km par an. Sans tenir compte des 60 000 km parcourus par les trois cars, cela fait 740 000 km par an soit 2 000 km par jour (y compris les samedis et dimanches). Comme nous avons 120 km de rues, il faut en faire des tours dans la ville ! Et le maire annonce 60 000 l de super et 144 000 l de gazole. Cela coûte normalement 1 million de francs, alors que le budget prévoit 1,3 million. Cela fait donc beaucoup de kilomètres et beaucoup d'argent inexpliqué ! 

- Le maire arrivera-t-il à nous donner l'explication ?

Mme C.B... et d'autres 

- Il faudrait que vous vous renseigniez sur l'opération de raccordement des eaux usées : le rôle exact de PACT-ARIM, comment sont calculées les subventions, combien de temps il faut attendre pour les toucher etc. 

- Nous avons demandé au maire les conventions entre la mairie, PACT-ARIM, l'Agence de l'eau et la Lyonnaise. Pour obtenir qu'il réponde, nous avons dû faire intervenir la CADA (Commission d'accès aux documents administratifs) mais il ne nous a pas encore donné tous les documents demandés. Nous continuons donc de rechercher des informations. Ecrivez-nous pour nous faire part de vos observations sur cette opération.
 
 

Transparence ?! Vous avez dit "transparence" ?

C'est le devoir de l'opposition de s'informer sur l'usage des fonds publics. Encore faut-il que ceux qui sont au pouvoir jouent le jeu. M. Champion se flatte de "transparence" ; quelle blague ! Jugez en plutôt. 

- La SOGEM : le 1er octobre 1996, C. Hebacker a demandé de consulter les comptes-rendus de réunion du Conseil d'administration et les dossiers d'appel d'offre pour les travaux. Il a essuyé un refus hautain? Il s'est adressé à la CADA, commission d'accès aux documents administratifs, qui lui a donné raison. M. Champion continuait de refuser. C. Hebacker a fait un recours au Tribunal administratif. Alors enfin, M. Champion a accepté ! 

- Les travaux de la ville :C. Hebacker a dû attendre 5 mois pour pouvoir consulter les dossiers d'appel d'offres, après plusieurs lettres de rappel. 

- Les effectifs municipaux, les associations paramunicipales : Henri Prévot a dû attendre 4 mois et faire plusieurs lettre de relance : les logements appartenant à la commune : après 3 mois, le maire n'a pas encore donné toutes les informations demandées. D'autres demandes n'ont pas encore reçu de réponse. 

- Le raccordement des eaux usées : là aussi, recours à la CADA. 

- Les ordures ménagères et PARACHINI : une information judiciaire contre X est ouverte à propos de SEMARDEL et PARACHINI. Pour avoir accès au dossier, Henri PREVOT a demandé que la commune de Ste Geneviève se porte partie civile. Le maire a refusé : nos élus, qui sont dans l'opposition, ne pourront donc pas avoir accès au dossier. Dommage quand on sait que PARACHINI réalise les 2/3 des travaux commandés par la SOGEM dans la ZAC des Aunettes ! 

Et M. Champion aurait dû présenter le dossier de SEMARDEL au Conseil municipal car notre commune est actionnaire. Malgré une lettre de rappel de Henri Prévot, il s'obstine à refuser. Le sous-préfet est saisi. 
 

Ce bulletin est le seul qui vous donne une information différente de l'information officielle donnée par le maire.

Pour le financer, nous avons besoin de votre contribution, même modeste : 50F, 100F... SGAutrement 5 rue de l'église SGDB