Ste Geneviève
               AUTREMENT
                         Dir. de Publication H.Prévot

 

N°7
Oct. 96

impr.SGA

Pour un souffle nouveau, en toute liberté


 
 

Le temps des citoyens

Notre ami Claude Tallier est décédé cet été, fauché par une voiture. C'est lui qui réalisait ce bulletin : la maquette, la mise en page et la reproduc-tion en 12 000 exemplaires. Il y consacrait beaucoup de temps car il avait conscience que la démocratie, pour vivre, a besoin de plusieurs sources d'information. Merci, Claude

La situation sociale est difficile ; beaucoup perdent l'espoir de jours meilleurs et sont séduits par certains discours auxquels nous ne pouvons adhérer car l'histoire a montré qu'ils peuvent devenir très dangereux. Mais pourquoi ces discours rencontrent-ils un succès croissant ? 

Les classes dirigeantes d'hier et d'aujourd'hui n'ont-elles pas senti monter la marée de l'écoeurement collectif devant la corruption, le favoritisme, le gaspillage de fonds publics, le chômage et l'exclusion, l'incertitude pour nos jeunes ? 

On cherche des boucs émissaires mais cela ne résout pas les problèmes. Notre société n'a plus ni repères ni projets porteurs d'espoir et elle perd sa cohésion. Il appartient à l'Etat de faire respecter la loi par tous, mais tout ne dépend pas des Pouvoirs publics et il faut que chacun apporte sa pierre à la construction de jours meilleurs. C'est aujourd'hui le temps des citoyens ; il prend sa source dans notre commune. C'est cela, la raison d'être de Ste Geneviève Autrement. 

Henri PREVOT
Conseiller municipal


 



 Carrefour : ce n’est pas encore réglé

Pour la quatrième fois le tribunal donne tort au maire en confirmant que la rue des Solitaires n’est pas faite pour le passage des gros camions. Ainsi, les travaux entrepris par Carrefour améliorent la situation mais risquent de ne pas être suffisants. Ste Geneviève Autrement a déjà fait des suggestions à toutes les parties prenantes : les camions pourraient rouler à l’intérieur du terrain Carrefour. La société s’y était engagée et la mairie aurait dû l’exiger mais, nous apprend M. Champion, elle a préféré demander à Carrefour un gros effort pour financer des "équipements publics dans l'environnement du magasin". De quel effort s'agit-il ? De toutes façons le maire, normalement conseillé par ses services techniques, a le devoir d'assurer la sécurité et la tranquillité de tous ses concitoyens : s'il avait fait son devoir, il n'y aurait pas, aujourd'hui, de problème Carrefour. 

Par ailleurs, M. Champion n’aime pas qu’on l'accuse dans cette affaire de chercher à soigner son image. Pourtant, au cours d’un entretien assez animé avec un des riverains, nous l’avons entendu dire : "Continuez, cela me fera gagner des voix !" 

Du calme, Monsieur le maire !

Après le jugement du Tribunal administratif sur Carrefour, le maire disait que s'il y avait quelque chose à payer c'est lui, personnellement qui, devrait le payer ; nous avons écrit que ce serait la commune, avec nos impôts. En pleine réunion du Conseil, le maire pointe un doigt accusateur vers Henri Prévot : "Monsieur Prévot, vous êtes un menteur! ", et il le répète. En droit pénal, c'est une injure et c'est punissable. Henri Prévot le lui a fait remarquer et lui a demandé de montrer à l'avenir plus de dignité - d'autant plus que l'affirmation du maire était fausse. 

Une motion proposée par le maire au conseil, le 23 septembre

Le maire a proposé une motion à propos du racisme. Avant de l'approuver, Henri Prévot et Patrice Bettoni ont obtenu que ce texte ne demande pas de modifier la loi en vigueur ; en conséquence le texte adopté parle seulement, en termes vagues, de "dispositif juridique". Mais il n'est pas normal que le maire demande au Conseil municipal d'adopter des motions non prévues à l'ordre du jour. 

La fete des Aunettes

Ce fut une belle fête, les 4 et 5 mai. Bravo à ceux qui l’ont préparée ! Ce fut une magnifique occasion de rencontrer un grand nombre d’associations présentes aux Aunettes et dans d’autres quartiers de notre ville ; c’est un des bons moments où l’on sent la ville vivre. 

Résurrection

Nous avons été émerveillés par les voix russes du choeur Voskrissiénié (Résurrection) qui chantent le répertoire religieux orthodoxe. C’est un des deux ou trois meilleurs ensembles vocaux russes. Il a eu l’idée de se produire dans notre ville car l’un des compositeurs de son répertoire est enterré dans notre célèbre cimetière russe. 

Obertshausen- Ste Geneviève des bois

Henri Prévot et Patrice Bettoni ont participé aux fêtes du jumelage. Nos amis allemands (la majorité est CDU) étaient très contents de rencontrer pour la première fois les représentants de l’opposition municipale. Ce jumelage est une chose excellente. Il faudrait en tirer davantage parti en multipliant les rencontres amicales : échanges scolaires quelles que soient les langues apprises à l’école (on réussit toujours à se comprendre même s’il faut pour cela parler anglais...), visites privées, échanges de domiciles pendant les vacances (nos amis sont près de Francfort, nous sommes près de Paris) etc. Grâce à de tels échanges, l’Europe se construira en profondeur et en vérité. 

Que penser ?

Pour construire la nouvelle usine d’incinération des ordures, il a fallu passer de très gros marchés. La SEMARDEL les a passés "de gré à gré" à l’entreprise Parachini, un groupe très présent en Essonne et à Ste Geneviève. La SEMARDEL n’a donc pas fait jouer la concurrence. La Chambre régio-nale des Comptes le lui reproche très sévèrement. M. Champion qui, alors, n’était pas président de la SEMARDEL, la défend avec des arguments fallacieux. Et il n’hésite pas à déclarer (voir le Républicain du 20 juin 1996) : " J’ai veillé à ce que la société qui exploitera le centre soit une nouvelle entreprise du groupe (Parachini) " - on aurait préféré qu’il nous dise que sa principale préoccupation était de traiter avec l'entreprise la moins chère. 
 
 

Notre dossier... Notre dossier... Notre

Impôts et budget : où allons-nous ?

Nous l’avons vu sur nos feuilles d’impôts : l’inflation est inférieure à 2 %. Les impôts communaux, eux, augmentent de près de 11 %. Comme le dit joliment M. Champion dans son journal, les taux "évoluent"... M. Champion nous dit que "c’est la faute à l’Etat". Qu’en est-il exactement ? Comment peut-on expliquer cette hausse exorbitante ? 

Ce n’est pas "la faute aux autres" !

Les impôts augmentent de 9,4 millions de francs. Sur cette somme, l’Etat, la Région Ile de France et le département réunis sont responsables de moins de 1 million. On peut donc dire que, à 90 %, l’augmentation des impôts est due à la gestion de M. Champion. Il ne sait pas freiner la hausse des dépenses. 

Les dépenses augmentent trop vite

Elles s’élèvent à 181,5 millions de francs (soit environ 15 000 F par famille. En un an, elles augmentent de 11 millions, soit 6 % : c’est beaucoup lorsque l’inflation est de moins de 2 % et que tout le monde essaie de réduire ses dépenses. 

En quoi consiste cette augmentation de 11 millions, soit 900 F de plus par famille ? 

La dette

La dette nous coûte de plus en plus cher : 2,6 millions de plus que l’an dernier. Lorsque l’on parle de la dette, il faut raisonner sur le long terme. La dette nous coûte deux fois plus cher qu’il y a dix ans, 40 millions contre 21, soit 19 de plus, ou 1600 F par famille. Le maire se satisfait de cette situation. C’est plutôt surprenant car lorsque l’on emprunte un million, il faudra, pour le rembourser avec les intérêts, entre 1,5 et 2 millions ; et c’est avec nos impôts que nous devrons rembourser tout cela. L’emprunt, c’est comme une drogue : c’est bon sur le moment, mais après, c’est la galère ! 

Depuis des années, le maire nous serine que tout va bien car le coût de la dette reste inférieur à 20 % des recettes. Il a tort de n’utiliser que ce critère car avec ce raisonnement on fait de grosses erreurs. 

Par exemple, en 1991, lorsque la zone de la Croix Blanche est entrée en pleine activité, les rentrées d’impôts ont beaucoup augmenté. Qu’a fait M. Champion. Pensez-vous qu’il en a profité pour rembourser les dettes ? Au contraire il en a profité pour les augmenter. "Ne vous inquiétez pas, disait-il alors, l’argent abonde !" C’est aberrant. Nous le payons aujourd’hui car c’est à cause de cette faute de gestion que la dette ne cesse de nous coûter de plus en plus cher. M. Champion s’obstine à ne pas vouloir le reconnaître. 

Et cela continue. En effet, pour entretenir le patrimoine de la commune, les routes, les écoles les stades etc., il faut en moyenne entre 20 et 25 millions de francs par an. La commune devrait donc chaque année " mettre de côté " une somme de ce montant. Depuis que M. Champion gère la commune, il manque chaque année entre 4 et 8 millions ; et M. Champion " équilibre " son budget en augmentant la dette - ce qui le force, un peu plus tard, à augmenter les impôts pour rembourser la dette et payer les intérêts. Et, après avoir augmenté les impôts, il estime qu’il est de bonne gestion d’augmenter la dette. Où donc nous conduira-t-il ? 

Plusieurs fois, nous lui avons demandé de nous présenter des prévisions sur plusieurs années. Il a toujours refusé. En réalité, nous savons bien qu’il faudra un jour équilibrer les recettes et les dépenses qui reviennent tous les ans. Et nous devrons payer, en plus, tous les intérêts de la dette, 20 millions aujourd’hui, davantage demain : de l’argent gaspillé. 

Les ordures ménagères

Ce poste accuse une augmentation de 2 millions de francs ; on a du mal à s’y habituer ; nous y reviendrons dans un autre numéro. 

Il faut distinguer le "budget primitif", BP, et le "compte administratif", CA. Le premier est une décision politique ; le second est l’exécution de la décision. Lorsque le CA est conforme au BP, il n’y a aucune raison de voter contre. Jusqu’à aujourd’hui, les BP ne sont pas bons et les CA sont conformes aux BP : M. Champion est bon exécutant mais piètre pilote. 

Les dépenses de personnel

L’autre poste de dépenses qui augmente beaucoup est celui du personnel : il augmente de 5,4 millions de francs. Il est vrai qu’1 million est dû à l’augmentation de la cotisation de retraite, dont la commune n’est pas responsable, mais la gestion de M. Champion est responsable d’une augmentation de 4,4 millions, soit 5,3 %. En disant cela, nous ne mettons pas en cause la qualité du travail réalisé par le personnel ; nous constatons que le maire ne nous donne aucune explication ; il se borne à dire qu’ "il n’y peut rien ". Mais l’impuissance n’est sans doute pas la principale qualité d’un gestionnaire. Un bon gestionnaire doit savoir anticiper et faire des choix. Normalement, il aurait dû y avoir un débat d’orientation budgétaires et le maire aurait dû faire approuver des priorités. Il n’en a rien fait. Au conseil municipal, seul le groupe Ste Geneviève Autrement a proposé des priorités : l’emploi, la jeunesse et la sécurité. 

Nous avons dit aussi au Conseil municipal qu’un bon gestionnaire doit se préoccuper de gestion du personnel, ce qui est normalement le rôle du maire, avec l’aide du secrétaire général. M. Champion, trop occupé sans doute par d’autres tâches, a préféré embaucher un " directeur des ressources humaines " qui fait évidemment double emploi avec le secrétaire général, ce qui alourdit encore les dépenses de personnel. 

En conclusion

Cette hausse des impôts de 11 % est particulièrement choquante (...). Malgré cette hausse d’impôts, nous allons encore nous endetter cette année alors que le volume des investissements est très inférieur à ce qui est nécessaire pour entretenir le patrimoine municipal. On ne sait pas où l’on va. 

Henri Prévot a fait une longue intervention au Conseil municipal pour commenter le budget primitif de 1996 ; le texte (huit pages) est à votre disposition ; il suffit de le demander
 
 

 Vous nous écrivez, vous nous téléphonez... Vous

Un habitant de St Hubert nous dit

Il y a encore eu de très sérieux incidents à St Hubert ; personnes agressées, voiture brûlée ; nous sommes excédés ! 

- Ste Geneviève est une des rares villes de l’Essonne où la délinquance a encore augmenté en 1995. Depuis quelque temps, la municipalité a pris une attitude de fermeté et se trouve enfin en accord avec la police, qui est décidée à se faire respecter partout dans la ville. Il était temps ! Dommage qu’il ait fallu attendre pour cela qu’un adjoint au maire ait été violemment agressé. Cette attitude de fermeté semble porter ses fruits car le nombre de délits constatés a diminué de 20 % cette année par rapport à l’an dernier.

Mais la répression ne suffira pas : cela fait longtemps que la ville aurait dû recruter des éducateurs spécialisés, sans attendre les subventions du Conseil général ; elle aurait dû en faire une priorité et y consacrer les moyens financiers nécessaires.

Une commerçante du marché de la gare nous dit :

Le sol est abîmé et y a beaucoup de trous ; les personnes âgées ont du mal à marcher ; c’est désagréable pour elles et ce n’est pas bon pour le commerce. 

- C’est une remarque générale : malgré les travaux faits cet été, nos chaussées et nos trottoirs se dégradent sérieusement

J.M.L. nous écrit :

Je viens de recevoir un courrier digne des soviets ; il vient d’une association appuyée par la mairie. En substance : vous devez faire des travaux pour vos eaux usées ; vous devriez vous adresser à telle entreprise ; sinon, dites-nous à qui vous vous adressez et dites-nous le prix . 

- Vous n’êtes pas formellement obligé d’obéir à la mairie ; mais si vous ne répondez pas, vous n’aurez pas des subventions. Evidemment cela donne un gros avantage à l’entreprise recommandée et le secret des transactions est plutôt malmené...
 
 

Créations d’emplois : idées et propositions

L’emploi doit être une obsession de tous ceux qui ont une responsabilité publique. Nous y avons consacré le dossier du N° 5 de notre bulletin. Dans le N°6 nous avons parlé de l’association Hercule (en page 4, il faut lire " Savigny " au lieu de " Juvisy ") ; nous avions vivement insisté auprès du maire pour qu’il trouve enfin un local. Ca y est ! Hercule s’installe près de Carrefour. 

Voici d’autres idées, facilement réalisables : 

- garder le parc à vélos, à la gare en particulier ; de nombreux Génovéfains utiliseraient leur vélo s’ils étaient sûrs de le retrouver ; les gardiens pourraient aussi faire de petits travaux de réglage et d’entretien. 

- nettoyer les espaces communs autour des résidences (ce serait plus propre et cela laisserait aux gardiens plus de temps pour veiller à la sécurité), à la Croix Blanche etc. 

- assurer une surveillance au voisinage des écoles (circulation des voitures, risques de racket, de drogue...). 

La commune peut financer ces emplois : grâce à la subvention de l’Etat, chaque emploi lui coûterait à peu près 30 000 F par an. Il suffit de faire des économies : par exemple, 30 000 F, c’est beaucoup moins que ce que nous a coûté tout la battage médiatique de M. Champion au sujet de Carrefour. 

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Vous êtes intéressé(e) par notre action, vous souhaitez avoir plus d’informations sur les sujets traités ici ou sur d’autres ; téléphonez au 69 25 04 28 ou retournez le bulletin ci-dessous à 

Ste Geneviève Autrement 5 rue de l’église