Ste Geneviève
               AUTREMENT
                         Dir. de Publication H.Prévot

 

N° 5
Janv.96

impr.SGA

Pour un souffle nouveau, en toute liberté



 

Chaque numéro de notre bulletin comporte trois pages consacrées à une question importante pour notre ville ; c'est notre "dossier". Dans la suite, on trouvera un dossier sur la création d'emplois.
 
 

Créer des emplois durables : c'est possible

Tiré à part

* Il faut de nouvelles méthodes

Si l'on ne trouve pas de nouvelles méthodes, même une forte croissance et même une diminution de la durée du travail ne permettront pas de résoudre le problème du chômage. 

Notre pays n'a jamais été aussi riche, globalement ; il dépense beaucoup d'argent versé à des chômeurs ; or nous préférons être payé à faire quelque chose plutôt qu'à ne rien faire. 

De nombreux services seraient utiles à la société. Les emplois correspondants pourraient être créés. Si ces services ne sont pas développés, c'est parce que ceux qui les recevraient ne sont pas prêts à payer le prix justement demandé par ceux qui pourraient les rendre. Pour développer l'emploi, il faut combler la différence de prix. 

Pour cela il y a deux façons : 

1 : ou bien financer ceux qui rendent le service pour qu'ils diminuent leurs prix : c'est ce que l'on fait avec les services communaux comme la cantine, les voyages de personnes âgées etc. : l'argent de l'impôt communal permet à la commune de fixer un tarif très inférieur au coût réel. C'est ce que font aussi les ASSEDIC ou les pouvoirs publics par des subventions ou des exonérations de charges pour les entreprises qui emploient des chômeurs de longue durée ou de jeunes chômeurs ; il y a plusieurs procédures : 

- le contrat d'emploi solidarité (CES) : ces emplois sont exonérés de charges ; mais la durée du contrat est de six mois renouvelable ; c'est trop peu ; 

- les Contrats d'emplois consolidés (CEC). Ces contrats durent cinq ans ; ils sont exonérés de charges ; l'Etat apporte une subvention moyenne de 50 % ; c'est une bonne formule pour les collectivités locales et les associations 

- les contrats initiative emplois (CIE), pour les entreprises. 

2 : ou bien aider ceux qui reçoivent le service pour qu'ils puissent en payer le coût réel : ceci est fait avec le "chèque emploi-service" permettant d'employer une personne qui rend des services et d'obtenir pour cela des exonérations d'impôts. Avec cette deuxième méthode l'utilisateur choisit son prestataire ; il peut donc faire jouer la concurrence et susciter l'initiative, adapter besoin et prestation. Cette deuxième méthode devrait être développée. 
 

* Ce qui est fait :

- depuis le 1er janvier 1996, l'utilisation du chèque emploi-service est étendue : le nombre d'heures par mois n'est plus limité et l'on peut employer non seulement des personnes individuelles pais aussi des entreprises. 

- ces chèques emploi-service pourront être financés partiellement par les communes. 

- il faut aussi créer un réseau d'information et de promotion des services de proximité pour mettre en relation l'"offre" de service et la demande. 

Ce n'est pas suffisant : il faudra aller beaucoup plus loin dans ce sens. Mais cela ouvre déjà la porte à une action très utile des départements et de la commune. 

Le département de l'Essonne a déjà pris des initiatives intéressantes, en particulier avec son numéro vert : le 05 07 24 11. N'hésitez pas à l'appeler. 
 
 

* Ce que notre commune fait pour l'emploi : fort peu

Bien sûr, la mairie emploie 600 personnes, financées pour l'essentiel par nos impôts et les dotations de l'Etat. Mais à part cela, la mairie ne fait pratiquement rien. Le maire se flatte d'avoir créé des emplois à la Croix Blanche ; c'est inexact car il ne s'agit pas d'emplois créés mais regroupés sur notre commune et non ailleurs : c'est très bien pour nos impôts mais ce n'est pas créateur d'emplois. Par ailleurs il consacre des sommes assez importantes en dotations, sans contrepartie, à des chômeurs : cela fait des satisfactions réelles mais éphémères (et peut-être quelques électeurs en plus), mais sans résultats durables. Rien de plus. 

Ste Geneviève Autrement avait signalé cette lacune au cours de la campagne électorale. Le maire vient enfin de décider de faire faire une étude sur ce que peut être l'action de la commune. 

* Nos propositions : compléter la politique nationale, en liaison avec le département.

- aider le personnel communal qui choisit le temps partiel 

- participer à la politique de création d'emplois de service de proximité : 

- par des contrats d'emplois consolidés CEC: ce sont de vrais emplois: Borloo, à Valenciennes est à l'origine de ces emplois (...) 

- étudier comment participer au financement de "chèques emploi-service" pour créer réellement de nouveaux emplois. 
 
 

* Comment financer cela ?

- revoir, analyser, critiquer toutes les dépenses de la commune en fonction de la création d'emplois durables et utiles (...) 

- ouvrir dans le budget une ligne "création de nouveaux emplois de service" : elle financera la création de CEC, l'aide au travail à temps partiel du personnel communal, une subvention à une association de promotion des emplois de service. 
 
 

Agir aussi au niveau national

Au delà des propositions que vient de faire le Conseil économique et social, Henri Prévot a suggéré, au niveau national, un système à l'image des chèques restaurant : pour payer 100 F de service, il en coûterait à l'utilisateur du service 80 F, 40 F ou même 20 F en fonction du nombre d'enfants et du niveau de revenu. La différence serait financée, grâce aux économies faites sur les dépenses liées au chômage, par l'Etat, les Assedic, les collectivités locales, les allocations familiales, les comités d'entreprises etc... sans aucune complication administrative pour le bénéficiaire.


 
 

On rappelle que ce texte a été écrit en janvier 1996 -

depuis, les choses ont évolué, mais pour l'essentiel, ce texte garde son actualité