Ste Geneviève
               AUTREMENT
                         Dir. de Publication H.Prévot

 

N°4
Oct. 95

impr.SGA

.Pour un souffle nouveau, en toute liberté

Le commerce de centre ville

Tiré à part

Chaque numéro de notre bulletin comporte deux ou trois pages consacrées à une question importante pour notre ville ; c'est notre "dossier".

Dans ce "tiré à part", on trouvera un dossier sur le commerce de centre ville.
 
 
 
 
Attention, Ste Geneviève, tu perds ton âme !

L'âme d'une ville - est le lieu de rencontre, là où l'on aime flâner, où l'on peut échanger ses idées, où l'on sent la ville vivre. On y trouve un "commerce de proximité" actif et dynamique, il y a de belles vitrines, des cafés, des cinémas, des services. Les villes dynamiques ont su créer ou restaurer ces quartiers qui sont souvent au "centre ville". Les beaux centres villes ont très souvent des "zones piétonnes".

Plus besoin de trottoirs, si les voitures ou les vélos peuvent être laissés dans des parkings proches et si le lieu est réservé aux piétons. Installer des bancs et mettre des fleurs rehausse les belles décorations des commerces, ce qui est attractif et crée de l'animation.

Qu'a donc fait la municipalité de Ste Geneviève pour conserver les espaces de commerce animés qui existaient auparavant ? Le résultat n'est pas brillant.

Voyez place du Donjon : les espaces publics sont mal entretenus : trottoirs inégaux, décorations inexistante, bacs de fleurs rares et dépareillés ; vraiment rien n'est fait pour agrémenter cette place. Avenue Gabriel Péri : trop de locaux commerciaux restent vides et trop de commerces doivent fermer (cf. l'encadré page 4).

Et le maire, M. Champion, jusqu'à très récemment, s'est même refusé à y voir un problème. Il y a trois ans, lorsque nous lui faisions remarquer les difficultés de l'avenue Gabriel Péri, c'est avec étonnement qu'il s'est exclamé : "mais elle est belle cette avenue Gabriel Péri !" ; et pendant la campagne électorale (pour les élections municipales), il ne s'est reconnu aucune responsabilité.

Pourtant le maire est fautif, car la ville est responsable des espaces publics, des plans d'occupation des sols et des règlements d'urbanisme.

Une nouvelle politique doit tout de suite être engagée. Comme elle n'aura pas d'effet immédiat, il faut des décisions nouvelles à court terme, de moindre effet mais de faible coût : la ville doit faire en sorte qu'il soit agréable de se promener dans ces zones commerçantes.

Il faut surtout prendre des mesures agissant à plus long terme en suivant un projet cohérent. Après en avoir parlé avec les Génovéfains et des urbanistes, voici quelques suggestions pour engager le débat.

* Autour du Donjon et du marché

Les abords du donjon sont beaux et on y trouve en particulier la bibliothèque et la médiathèque. Mais cet espace es peu accessible et moins fréquenté qu'il devrait. Or il est proche de la place du marché. Chaque endroit pourrait tirer avantage de l'autre si l'on reliait la place du marché et le donjon.

- en aménageant une voie agréable pour piétons, et en plaçant une bonne signalisation pour aider le passage d'un endroit à l'autre

- en aménageant le parking, entre le donjon et la place du marché, sur la parcelle "Probati", cet espace aveugle qui est aujourd'hui très mal utilisé. On pourrait alors y laisser la voiture et aller à pied à la bibliothèque et vers les magasins. Ceci libérerait la place du marché de son second rôle de parking.

Il faudrait aussi imposer une unité d'architecture aux constructions de ce périmètre. Aujourd'hui, elle ne font pas honneur au donjon. Pour un aménagement à long terme - l'urbanisme est affaire de plans à très long terme - il faudrait penser cette zone en rapport avec l'histoire qu'elle rappelle et la relation qu'elle crée entre les différents quartiers de la ville.

* Avenue Gabriel Péri

Il faut revoir le POS. Dans l'encadré ci-après on verra comment une erreur fut "corrigée" par une seconde, encore plus grosse.

Ici encore il faut redessiner la zone commerçante, pour la concentrer et la rendre vivante, au lieu de ces locaux commerciaux vides égrenés tout au long de l'avenue : au-delà de quelques centaines de mètres les chalands ne se promènent plus, il font leurs achats en voiture. C'est exactement le contraire de ce qui fait le charme des centres-ville.

* Un manque de concertation

Les commerçants et les Génovéfains nous ont tous dit : "ce qui manque, c'est surtout une bonne concertation" ; ceci n'est possible que si le maire ne cherche pas à récupérer à son profit toutes les idées...

 

 

De grosses erreurs de la municipalité sur le POS, Ave. G. Péri

Dans les années 80, le commerce de cette avenue était actif et plutôt concentré dans le bas. En 1988, M. J. Ooghe décida la construction de petits immeubles dont deux niveaux sur trois seraient occupés par des bureaux ou des services, et cela depuis la gare jusqu'à la route de Corbeil. pour satisfaire quel besoin ? On se le demande. Pour cela, M. Ooghe a fait passer le COS (coefficient d'occupation des sols) de 0,30 à 0,35 pour les habitations et de 0,60 à 0, 80 pour les commerces ou services. On voit que cela valorise le terrain et attire les promoteurs.

Mais, avant même de construire, ceux-ci constatent qu'il y a peu de demande de surface commerciale. Les promoteurs conçoivent alors des petits immeubles collectifs avec deux étages de logements payant le prix total de construction même si les locaux commerciaux en rez de chaussée ne sont pas vendus.

Pour répondre à la demande des promoteurs, sans doute appuyée de fortes "pressions", et permettre la réalisation de ces immeubles, le maire a fait passer le COS pour les habitations de 0, 35 à 0,50. Ceci permet aux bâtiments d'avoir deux étages d'habitation.

Pour permettre la construction de ces immeubles et la réalisation d'une bonne opération financière, un certain nombre de pavillons ont été rasés : le nombre de locaux commerciaux est allé croissant et n'a pas toujours trouvé preneur. Quand les locaux ont été vendus, les commerces ont souvent été obligés de "mettre la clef sous la porte" faute de clientèle. Ceci donne à l'avenue son caractère sinistré, et provoque la désaffection du public. L'opération est un échec, tant au point de vue architectural que commercial, donc humain. M. Champion, loin de corriger l'erreur de M. Ooghe l'a amplifiée.

Même en conjoncture favorable, un aménagement urbain ne doit se décider qu'en fonction d'une étude sur le long terme, elle n'a pas été faite. Ce fut la première erreur importante. Le maire aurait pu s'en tenir là ; au lieu de cela il s'est entêté ; ce fut la deuxième erreur, encore plus grave.

Il fallait faire une étude sur la taille de la zone commerciale, puis différencier des valeurs COS pour regrouper les commerces ; ce qui incite à la pose de la voiture et à la promenade en faisant ses achats. Au lieu de cela on disperse le commerce tout au long de l'avenue : c'est vraiment de l'anti-aménagement. La responsabilité de la commune est totale.