Ste Geneviève
               AUTREMENT
                        Dir. de Publication H.Prévot

 

N°17
Mai 99

impr.Faust

Se souvenir

Chaque année, en mai, nous nous rappelons la victoire sur le nazisme. Il faut se souvenir en effet de ces atrocités et honorer ceux qui les ont combattues et vaincues.

Cette mémoire aiguë, précisément et justement entretenue, ne nous détourne pas de l'autre malheur du siècle celui-là qui pendant des décennies a tué par dizaines de millions. 

Personne ne veut comparer les horreurs du nazisme et du communisme, un enfant mort asphyxié dans une chambre à gaz ou mort de faim dans une isba ukrainienne, l'élimination de juifs et de tziganes ou l'élimination de paysans propriétaires et d'Ukrainiens, les camps de concentration nazis ou ceux de Staline, dont ils se sont inspirés : égalité dans l'horreur.

Egalement totalitaires et féroces, nazisme et communisme eurent néanmoins des ressorts très différents : le premier a exacerbé le désir de domination ; le second a perverti la générosité que chacun de nous porte en lui, ajoutant à l'horreur le mensonge, un mensonge systématique, inscrit jusqu'à l'intérieur même des mots employés.

Aujourd'hui, les atrocités du Kosovo, qui empruntent à l'un et à l'autre, après celles d'Afrique centrale ou d'Algérie et tant d'autres, nous rappellent que nul n'est à l'abri de la sauvagerie humaine.

Pour éviter le retour des malheurs du siècle, il est une arme : à tous les niveaux de la vie politique et civique, le respect de la vérité, la discussion fondée sur de bonnes informations, le respect des personnes : le débat démocratique.

Henri Prévot
Cf. "les malheurs du siècle" (Besancon), La fin d'une Illusion (Furet), Soljénitsine.
 
 

Nouvelles du conseil municipal

Le budget 1999

Le 29 mars, le maire a enfin présenté le budget au vote du Conseil mu-nicipal. Nos principales remarques : poursuite de la hausse des impôts, augmentation des dépenses de fonctionnement mais fort peu de moyens sur les sujets qui nous préoccupent le plus, la jeunesse et la sécurité (0,15 % des dépenses pour la sécurité : c'est peu !) et trop peu de moyens sur l'entretien du patrimoine - cf. pp. 4 et 5, notre dossier.

Une loi de 1992 sur la démocratie locale fait obligation au maire d'organiser au Conseil municipal un débat sur les orientations budgétaires. A la réunion du 19 janvier, le maire n'avait toujours pas présenté ses orientations ; H. Prévot et D. Szczepanek ont donc voulu présenter leurs propositions mais le maire a refusé de les entendre. En février, comme les années précédentes, les orientations présentées par le maire ont été inconsistantes de sorte que le débat fut inutile.

Aides sociales et neutralité des élus

Il est normal que la commune apporte un secours aux personnes en détresse. Nous avons demandé des procédures qui empêchent toute possibilité de favoritisme. C'est pourquoi nous avons voté contre une proposition du maire qui, de ce point de vue, n'était pas satisfaisante.

Une subvention du Conseil général qui... nous coûtera 

La municipalité finance les travaux du commissariat de police et la police la rembourse sous forme de loyers. La commune va demander une subvention au département. Les remboursements de la police seront diminués d'autant. Mais c'est nous, sur nos impôts, qui paierons la subvention que fera le département à la commune pour financer l'Etat !

Encore un manque de transparence

Le conseil municipal est saisi de la convention entre la ville, le Conseil général et l'association l'Elan qui emploie des éducateurs de rue. Mais, dans les dossiers des conseillers municipaux, il manque les annexes qui disent le nombre d'éducateurs et leur mission. Que peut signifier un vote dans ces conditions ? Henri Prévot demande donc le report à la prochaine réunion. Le maire refuse ! Veut-il être suivi aveuglément ?

Kosovo

Le Conseil municipal a voté une subvention à trois associations caritatives pour les personnes déportées du Kosovo. Nous avons voté pour, tout en notant son caractère symbolique : 60 000 francs : 2 francs par habitant...

Elections européennes 

Les nations européennes voient-elles de la même façon leurs intérêts essentiels ; les peuples ont-ils le désir profond de fondre leurs destinées ? Selon nous, l'effort des politiques devrait d'abord porter sur la coopération entre nos Etats - avant de parler d'un transfert de la souveraineté des nations vers on ne sait encore quoi. En tous cas, la construction européenne conditionne notre avenir : ces élections sont donc une occasion pour nous exprimer ; ne la manquons pas!
 
 

Nouvelles de la ville

Insertion par le travail : les beaux résultats de Hercule

L'association Hercule accueille des personnes qui sont sans emploi, parfois depuis très longtemps ; si besoin, elle les " remet en selle " et leur trouve du travail à temps partiel : jardinage, repassage, petit bricolage, ménage, courses etc.(…) 

Pour s'adresser à Hercule : tél. 01 60 15 02 23 aux heures ouvrables.

Les jardins familiaux : c'est bien ; il en faudrait d'autres !

Les 45 jardins familiaux, à St Hubert, parfaitement entretenus, riches de légumes et de fleurs, sont un coin de campagne au pied des immeubles. Ils sont très demandés : il faut des années d'attente. A côté, il y a encore de la place pour en faire une vingtaine de plus. Qu'attend la municipalité ? Et l'on aurait pu en créer beaucoup sur les 23 hectares de la ZAC ! Dommage !

Pour que le " nettoyage de printemps " dure toute l'année 

Les associations qui travaillent à St Hubert - elles sont nombreuses - se sont réunies pour le nettoyage de printemps, le 21 mars : là où est passée la "tor-nade blanche", plus un papier ! C'est bien ; mais une opération ponctuelle, ce n'est pas suffisant. Le quartier s'organise. La municipalité devrait lui confier des moyens pour que l'ensemble des associations agisse de sa propre initiative, selon un programme convenu ensemble. Pour maintenir la propre-té toute l'année, pourquoi pas, par exemple, une régie de quartier ?
 
 

Notre dossier... Notre dossier... Notre dossier... N 

Le budget : impôts visibles et impôts cachés

On nous dit que les impôts n'augmentent pas ; or ils augmentent de 6% - sans compter les impôts cachés. Explications :

L'impôt est calculé en multipliant une assiette par un taux.

L'assiette : elle est fixée par l'Etat et elle tient compte de la valeur du patrimoine immobilier de la ville et de l'activité des entreprises. Cette année, l'augmentation a été de 8% pour la taxe professionnelle (ce qui est beaucoup : voir encadré) et de 2% pour l'ensemble des logements (1% pour chaque logement et 1% parce que le nombre de logements augmente). 

Le taux : Il est fixé par le Conseil municipal. Cette année il est resté stable pour trois impôts et il augmente de 4% pour les ordures ménagères.

Compte tenu des effets conjugués de l'augmentation de l'assiette et des taux, l'augmentation globale de l'impôt est en 1999 de 6 %.

Les recettes de fonctionnement sont de 214 millions de francs, dont 

 
- la dotation par l'Etat pour le fonctionnement (DGF) :  39 millions  
- les trois impôts classiques : taxe d'habitation (TH), taxe

sur le foncier bâti (TFB) et taxe professionnelle (TP) : 

104 millions
- la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) :  16 millions
Pourquoi l'assiette de la taxe professionnelle augmente : elle est calculée sur l'activité économique deux ans auparavant, c'est à dire en 1997. Nous bénéficions donc du résultat de l'action du gouvernement de M. Juppé

Si la municipalité avait voulu la stabilité de l'impôt, elle aurait baissé le taux, comme elle en a la possibilité. Elle ne l'a pas fait. C'est un choix politique ; nous le respectons mais nous pensons que l'information donnée par la municipalité aux Génovéfains doit, ici aussi, être complétée.

Au total, pour chaque famille, par rapport à 1994 le total Taxe d'habitation + taxe foncier bâti + taxe d'ordures ménagères aura augmenté de 27% en cinq ans, une augmentation deux fois plus rapide que la moyenne des autres grandes communes de l'Essonne.

La taxe d'enlèvement des ordures ménagères, TEOM :

Son produit augmente de 8%, chaque ménage paiera 4 à 5 % de plus. C'est très étrange puisque la SEMARDEL qui traite nos ordures a annoncé une baisse de ses tarifs de 30 %, soit une baisse de 300 à 400 francs par famille.

En février, sous la pression de nombreux maires exaspérés par l'opacité de ses comptes, le président de la SEMARDEL, M. Champion, a annoncé une baisse des tarifs d'un tiers. Un tiers d'un coup ! Diable ! Est-ce à dire que le prix qui avait été consenti à la société de gestion, c'est à dire Parachini, était beaucoup trop élevé ?

D'ailleurs, la Chambre régionale des comptes laissait entendre que ce contrat passé sans appel d'offres avait permis aux propriétaires de Parachini de vendre leur société au Crédit Lyonnais avec une belle plus-value : si tel est le cas, ils se sont enrichis grâce à nos communes.

D'autres charges imposées par la commune

Les impôts sur l'électricité sont de 4 millions contre 2 ou 3 dans d'autres communes semblables. Lorsque la conduite d'eau usée qui passe devant chez vous n'est pas enterrée assez profondément, la commune, sans doute, a fait des économies, mais vous devez payer des travaux chez vous pour relever les eaux. Voilà qui ressemble à des impôts cachés.

Du côté des dépenses :

Des baisses surprenantes : 440 000 F de moins (10%) pour l'alimentation scolaire ; attention à la qualité des repas ! 550 000 F de moins (33 % ) pour les primes d'assurances ; l'explication : cette année, la concurrence a joué ; cela montre qu'auparavant, nous payions beaucoup trop.

Des hausses remarquables : pour les fêtes de l'an 2000, salaires, frais d'impression, immobilisation d'un pavillon, cela fait déjà plus de 1 million ; au total, ces fêtes nous coûteront bien 2 millions. N'y a-t-il rien de mieux à faire sur la sécurité ou pour la jeunesse ?

Et toujours les intérêts : si nous avions la même dette que les Ulis par exemple, nous aurions à payer 10%.
 
 

Au plan national

Sécurité : il ne faut pas s'étonner

La dérive insécuritaire est-elle une fatalité ou, en partie du moins, le résultat d'une idéologie utopique ?

Une phrase du maire socialiste des Mureaux, M. Alain Etoré, confronté au problème et qui tentait de réagir objectivement sonne comme un aveu : " on en avait marre de passer pour des fachos à l'intérieur de nos partis. Nos collègues refusaient de nous entendre, alors que dans nos villes, nous vivons cette insécurité au quotidien ".

Vous avez bien lu. Dans l'imaginaire socialiste, s'attaquer à ce problème et tenter d'y trouver des solutions adéquates était considéré comme un acte de fascisme. Sans commentaires. Il est vrai qu'il n'est pas loin le temps où, dans les mêmes milieux, CRS était égal à SS et qu'il était interdit d'interdire.

Les idéologies socialistes passent, les Français paient.
 
 

Nouvelles du département

De l'art de vendre... des impôts

En politique, faut-il être nécessairement être mystificateur et avoir de solides connaissances dans l'art de la vente ? On pourrait le croire.

Le taux des impôts du département de l'Essonne n'augmente pas en 1999, nous dit-on à grands coups de publicité. C'est bien. Mais n'oublions pas qu'il avait augmenté de 5% en 1998, juste après les élections, alors que la précédente majorité avait décidé de ne pas l'augmenter. L'astuce a donc consisté à gonfler ces impôts en 1998 et anticiper sur 1999 de façon à créer l'illusion d'une pause. Or, avec l'inflation, cela fait une hausse de 7 à 8% en deux ans.

Cette technique de gestion s'apparente à la technique de vente de certains marchands de tapis qui gonflent les prix de leur marchandise puis concèdent un substantiel rabais aux acheteurs, leur laissant croire qu'ils ont fait une bonne affaire. N'est trompé que celui qui veut l'être.

Le P.S. donne des leçons sur tout et à tous et a fait de l'Education nationale sa priorité. Mais, à la rentrée, 15 postes d'enseignants seront supprimés en Essonne et 138 autres sont menacés. Bonne rentrée quand même !
 
 

Vous nous écrivez, vous nous téléphonez...

Mme A. B. : sur les emplois-jeunes

- Il est exact, comme vous l'avez écrit, que des jeunes ont été employés comme " bouche-trou ". D'ailleurs un tract syndical l'a dénoncé.

- En conseil municipal le maire a reconnu qu'il y avait eu  " des difficultés". Espérons que la commune saura préparer ces jeunes à un travail normal, avec une bonne activité, un bon tutorat et une bonne formation. Nous avons approuvé ces embauches mais attention à la sortie de ces emplois : il sera prudent de ne pas remplacer tous ceux qui trouvent un travail car la commune ne pourra pas les prendre tous en charge quand prendra fin la subvention de l'Etat.

M.M. L : les bandes blanches sur la chaussées sont dangereuses

- Les bandes blanches qui marquent le STOP sur les chaussées deviennent glissantes dès qu'il pleut ; c'est un danger pour les vélos.

- Pour les piétons aussi. Quand la municipalité s'intéressera-t-elle aux cyclistes - qui sont pourtant de plus en plus nombreux- et aux piétons ?

M.C.B. : l'école de la ZAC du Canal des Aunettes est rétablie

- Vous aviez signalé que des équipements de la ZAC du Canal étaient supprimés ; pourtant le maire nous annonce que l'école sera construite

- En effet ; cet automne, le maire a fait voter au conseil municipal la suppression de cette école. Mais, à la suite de nombreuses démarches des habitants, il l'a rétablie et nous venons de voter pour cette école.

Mme X : des trottoirs trop étroits pour les voitures d'enfants

- Le trottoir devant l'école de la Boele, route de Longpont est trop étroit pour que l'on puisse se croiser avec une voiture d'enfants. Et les garde-corps sont très mal conçus : un enfant passe par dessous sans même s'en rendre compte : c'est dangereux.

- Nous avons saisi le maire de ce cas précis en effet très dangereux. De façon générale, l'état des trottoirs est de pire en pire au point que dans certaines rues complètement oubliées de la mairie depuis plus de dix ans, des riverains refont à leurs frais le trottoir devant chez eux

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Sécurité

1998 : une année médiocre

En 1998, le nombre de délits a été légèrement supérieur à celui de 1997 (1848 contre 1811). Il y a eu moins de vols à main armée et moins de vols de voitures, mais les autres formes de délits ont été un peu plus nombreuses. Dans les quartiers sensibles, le nombre de délits a augmenté de 15 %, ce qui est beaucoup ; certains sont graves (trafic de drogue - 20 kilos saisis -, agressions armées, attaques d'autobus, violences) ; quatre fois sur cinq, les auteurs ont été retrouvés, ce qui est un très bon résultat de la police. Espérons que la justice et l'action de prévention des associations et des professionnels sauront arrêter cette dérive.

Le bureau du Conseil communal de prévention de la délinquance, dont fait partie Henri Prévot, n'a pas été réuni depuis un an. Pourquoi ? Est-ce parce qu'il avait attiré l'attention de la municipalité sur le sérieux de la situation et sur la nécessité de prendre des mesures ? Il y a déjà trois ans, H. Prévot avait demandé que le CCPD travaille sur la façon de responsabiliser et d'aider les parents, si besoin, dans leur tâche d'éducateurs - en vain.

La commune a enfin décidé de s'engager dans un contrat local de sécurité (CLS) - alors qu'il y a un an, le président du CCPD nous informait qu'elle n'en ferait rien. Le maire, en effet, nous a toujours dit qu'il ne peut rien faire en matière de sécurité ; s'il a vraiment changé d'attitude, nous nous en réjouirons. Avant de signer un CLS, il faut consulter la population ; c'est l'objet du questionnaire distribué début mai par la ville.

M. Zueras, commissaire de police, nous a quittés pour une autre affectation. Les résultats de 1998 ne doivent pas cacher le travail accompli par la police depuis trois ans malgré des effectifs insuffisants. C'est grâce à M. Zueras que nous aurons un contrat local de sécurité. Nous garderons de lui un très bon souvenir et nous souhaitons la bienvenue à son successeur.

 
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