Ste Geneviève
               AUTREMENT
                        Dir. de Publication H.Prévot

 

N°16
Janv. 99

impr.Faust

.Pour un souffle nouveau, en toute liberté

La France - dans l'Europe, dans le monde

Mondialisation, Union européenne avec l'euro, immigration : on se demande parfois ce que va devenir notre nation.

La France est l'héritière d'une culture d'une richesse exceptionnelle due à nos architectes, nos artistes, nos écrivains, nos savants, nos philosophes et tous ceux qui, dans la gloire ou dans l'ombre, ont œuvré pour que nous soyons fiers d'être français ou qui ont lutté pour notre liberté et notre indépendance.

La France a de multiples racines dont les plus puissantes et les plus profondes sont grecques et judéo-chrétiennes. C'est dans ce creuset qu'elle a puisé son attachement à la générosité, sa notion d'Etat de droit, c'est à dire de respect de la loi, fruit de la volonté commune, son respect de l'autre par la tolérance religieuse et politique, son respect des droits de l'homme.

Grâce à la vigueur de ces racines, nous pouvons nous adapter à l'évolution du monde et de ses menaces et tirer parti des technologies nouvelles (communication, biologie etc.) sans y perdre notre âme. 

Forte de sa culture et de son histoire, la France est pour nous le lieu de la démocratie, de la solidarité et de la défense collective. Or nous partageons beaucoup de traits communs avec les autres pays d'Europe ; nous avons besoin d'une forte alliance avec eux.

Pour transmettre et enrichir notre culture, en particulier auprès de notre jeunesse, pour ranimer ainsi l'amour de notre patrie, pour construire une Europe des nations qui soit réellement l'affaire de tous, notre commune de Ste Geneviève des bois a un beau rôle à jouer.

                    Bonne année !

Henri Prévot

Nouvelles du conseil municipal

Nouveaux quartiers : moins d'équipements et plus d'impôts

Les travaux dans la zone des Aunettes, au-delà de St Hubert, ont pris beaucoup de retard et les prix de vente des terrains sont de 40% inférieurs aux prévisions. Conséquences : les nouveaux habitants attendront encore longtemps certains des équipements promis et le projet sera modifié : sentiers supprimés, rues rétrécies, habitat densifié, davantage de logements collectifs. Alors que l'opération devait dégager un excédent, elle coûtera à la ville, c'est à dire aux contribuables génovéfains, une vingtaine de millions.

Henri Prévot a souligné que la conjoncture s'était retournée avant les débuts de cette ZAC, en 1993. Il a rappelé que, dès 1992, Ste Geneviève Autrement avait demandé, en vain, un budget prévisionnel et avait écrit que les espaces collectifs allaient peser lourdement sur les finances locales. M. Champion avait alors accueilli ces observations avec désinvolture.

Les emplois jeunes - bien employés ?

La municipalité a créé des emplois-jeunes et nous l'avons approuvée. Mais il est regrettable que plusieurs de ces jeunes soient parfois employés à une tâche différente de celle pour laquelle ils ont été recrutés : main d'oeuvre bon marché, puisque la commune n'a en charge que 10% de leur coût total, ils servent parfois de bouche-trou, ce qui n'est pas conforme à l'objet de ces emplois-jeunes, qui doivent au contraire, selon la loi, correspondre à de nouveaux services

La commune bientôt "câblée" 

C'est une bonne idée. Nous serons très attentifs sur le choix de l'entreprise et veillerons à ce que ces nouveaux moyens de communication servent la démocratie locale. Faites nous part de vos recommandations sur cet important dossier ; nous en avons besoin ! (SGA, 5 rue de l'église SGDB).

Classes de découverte : pourquoi deux poids deux mesures ?

Plusieurs enseignants organisent des classes de découverte sans passer par la Fédération des oeuvres laïques ; excellente occasion de réaliser un projet avec les parents. Mais alors, la subvention de la commune est très inférieure. Pourquoi ? Il n'y a aucune bonne raison. H. Prévot et D. Szcezepandck se sont donc abstenus, considérant que cette subvention est insuffisante.
 
 

Nouvelles de la ville...nouvelles de la ville...

Un beau succès pour un jeune footballeur de Pergaud

On connaît la passion des jeunes pour le football. Et l'on sait que notre club Ste Geneviève Sports a de très bonnes équipes. Ce qui devait arriver arriva : un jeune Génovéfain de Pergaud a été demandé par une équipe professionnelle, celle de Neuchatel en Suisse ; en quelques mois, il est devenu meilleur butteur de son club. Bravo !

Un centre hippique pas comme les autres !

Une centaine de jeunes de St Hubert et Pergaud montent à cheval pour 20 F/heure, sans aide de la ville ni du département : B. Goldfiem est un responsable de centre hippique atypique. Sa passion pour la cohésion sociale et pour les jeunes, sa foi dans les vertus éducatrices de l'équitation lui font faire des merveilles. Il pourrait encore recevoir des jeunes - qu'on se le dise ! Ils pourront jouer au horse-ball (basket à cheval) : au club s'entraîne une équipe féminine qui a été championne de France en 1997 et seconde en 1998 ! Aux aînés il proposera des projets passionnants, en coopération par exemple avec des organisations humanitaires.

Educateurs de rue : l'association l'Elan en ordre de marche

Mme Jugy, présidente, et M. Djellab, directeur, rappellent le rôle des "éducateurs spécialisés" : hors toute structure administrative, tenus au secret professionnel, ils vont au devant des jeunes, surtout ceux qui semblent risquer de se marginaliser ; le dialogue et l'écoute éviteront peut-être à ces jeunes de déraper. C'est un travail difficile qui demande un bon équilibre. Henri Prévot a dit à Mme Jugy qu'il serait préférable que son conseil d'administration s'ouvre à d'autres sensibilités que la majorité municipale et, sans doute aussi, à des compétences utiles aux éducateurs.

ATD Quart Monde présent à St Michel

ATD Quart monde travaille avec les plus démunis pour qu'ils retrouvent leur dignité au travers de la reconnaissance des droits fondamentaux et notamment grâce au droit à la culture. ATD Quart Monde, en partenariat avec d'autres associations a été force de proposition pour la loi de lutte contre les exclusions et, comme les autres, veillera à l'application de cette loi.. On peut s'adresser à Emmanuel et Marie Aleth Grard, 8 allée des Prunus à St Michel/Orge ; tél. : 01 69 04 18 92.

Notre dossier... Notre dossier... Notre dossier... Notre

Citoyenneté

Citoyen - de quelle cité ?

Citoyen du monde puisque tous les hommes sont égaux ? Illusion. Citoyen d'Europe ? L'Europe est encore - pour combien de temps ?- une "réalité froide". Citoyen de sa ville et de son quartier, actif dans son voisinage ? On en a grand besoin. Citoyen de France, surtout. Il faut un sentiment national fort, enthousiaste, pour faire de grandes choses. De Gaulle, après Péguy, Kléber et tant d'autres, était un patriote. Il est heureux qu'aujourd'hui des hommes de droite et aussi de gauche (comme Régis Debray) veuillent ranimer cette flamme qui s'étiole. Car sans la nation, en cas de danger, que voit-on ? Repli sur soi, sur son ethnie, sa caste ou sa secte.

Mémoire et citoyenneté : quatre conférences fort intéressantes

La loi contre l'exclusion : le Parlement a voté l'an dernier une loi qui avait été largement préparée sous le gouvernement précédent à partir du rapport de Mme G. Anthonioz de Gaulle, membre du CES et alors présidente du mouvement ATD Quart Monde, fondé par le père Wrezinsky. 

Une habitante de St Michel sur Orge, membre d'ATD  a souligné l'importance de deux articles : Art 1 : "la lutte contre l'exclusion est un impératif national fondé sur l'égale dignité de tous les citoyens". Dernier article : "le gouvernement présentera au Parlement tous les deux ans un rapport d'évaluation. Les acteurs de terrain et les plus démunis participeront à cette évaluation". Cela incitera le gouvernement, quel qu'il soit, à agir.

L'édit de Nantes : commémorer l'Edit de Nantes est paradoxal. Cet édit a mis fin à la guerre des religions, guerre civile féroce. L'orateur nous a montré que ce n'est pas du tout un édit de tolérance ni de pardon : à l'époque le pardon n'était pas possible. Le roi Henri IV a obligé ses sujets à oublier. Commémorer l'Edit de Nantes, c'est donc commémorer la clémence du pouvoir et, pour le peuple, un devoir d'oubli. N'est-ce pas ainsi qu'ont agi de Gaulle après la Libération, l'Allemagne après la chute du mur, Havel en Tchécoslovaquie. Pour vivre en paix, tant que le pardon n'est pas possible, les peuples ont besoin de clémence et d'oubli. 

L'affaire Dreyfus : l'innocence de Dreyfus est un fait historique. Mais il a été accusé puis condamné aux travaux forcés, avant d'être réhabilité dix ans plus tard. Contrairement à une image fausse, l'affaire Dreyfus n'a pas séparé droite et gauche ni catholiques et anticléricaux. Au début, la très grande majorité des Français était contre Dreyfus, mais on trouvait des prêtres ou des royalistes qui lui étaient favorables. Les radicaux (à gauche) ont longtemps été contre Dreyfus ; ils ont senti le vent tourner avant l'église catholique - ce qui les a aidés, quelques années plus tard, à mener une lutte anticléricale odieuse. L'exposition, où figurait le texte de Zola ("j'accuse"), des articles de presse et des affiches, nous a rappelé la violence des débats pendant l'affaire Dreyfus.

L'abolition de l'esclavage : l'exposition et la conférence ont rappelé l'histoire des luttes menées par les Noirs eux-mêmes. On se demande comment notre pays des droits de l'homme a pu tolérer l'esclavage, cette honte ! Mais que diront nos descendants des massacres de notre siècle, des dizaines de millions de morts du communisme et du nazisme. Comme nous, certains de nos pères se sont lourdement trompés - Blancs et Noirs, car des Noirs aussi ont participé à ce trafic indigne. Comme l'a dit un des conférenciers, "des sal... il y en a de toutes les couleurs" et "ne portons pas la couleur de notre peau comme un drapeau" - ce qui serait contraire à l'égalité de tous les hommes.

Un monument a été érigé en hommage à la liberté, avenue de la Liberté, près de Pergaud. Il est sobre et bien conçu ; il pourra devenir un lieu de rencontre et un support de discussion.

On a fêté les 400 ans de l'édit de Nantes, les 150 ans de l'abolition de l'esclavage, les 50 ans de la déclaration universelle des droits de l'homme, les 100 ans de l'affaire Dreyfus ; mais presque rien sur les 40 ans de la Cinquième République. Pourquoi ce silence ?. 

Ces manifestations autour de la citoyenneté sont une bonne initiative ; merci à toutes les associations qui y ont participé. Beaucoup de choses ont été dites sur la citoyenneté ; c'est un bon sujet de débat.
 
 

Au plan national

Pourquoi tant d'impôts et tant de misère ?

On dira que l'administration n'est pas efficace ; c'est parfois vrai mais il y a encore tellement de besoins non satisfaits. On se demande aussi : "continuera-t-on encore longtemps à payer des millions de personnes à ne rien faire ?". Bonne question en effet : il nous faut trouver d'autres relations entre emploi et aide sociale.

Mais, le plus important, peu de monde en parle : si le RMI coûte 40 milliards de francs, les intérêts de la dette de l'Etat sont de 250 milliards, six fois le RMI, plus que les dépenses de défense nationale ! Comment en est-on arrivé là ? M. Barre en 1981 avait préparé un budget équilibré, le dernier depuis vingt ans. Depuis, jusqu'en 1995, le déficit n'a pas cessé de croître sauf sous les deux gouvernements de droite. La dette a atteint près de 5000 milliards de francs, ce qui nous a mis sous la dépendance de la finance internationale. Et cela continue : en 1998, les intérêts ont augmenté de 10 milliards de francs, et il en sera de même en 1999 : en quatre ans, les intérêts auront augmenté du montant du RMI. Le plus grave est ailleurs.

Il est normal que l'Etat prenne de l'argent aux uns pour en donner à d'autres qui en ont vraiment besoin. Mais ici l'Etat s'est mis dans l'obligation de verser des sommes colossales à des personnes qui n'en ont pas le plus besoin puisqu'elles ont pu lui prêter de l'argent. C'est de la redistribution anti-sociale. Conséquence : trop d'impôt et trop de misère.

C'est la même chose dans une commune. A Ste Geneviève des Bois, la municipalité dépense près de la moitié de nos impôts au service de la dette, dont 18 millions pour payer les intérêts. A titre de comparaison, la plus grosse subvention à une association, Sainte Geneviève Sports, est de un million environ.

M. Jospin nous dit : "c'est sous la gauche que le Front National se divise", comme pour s'en attribuer quelque mérite ; étrange ! La gauche a gagné en 1997 grâce au maintien du Front national dans une trentaine de circonscriptions . Et l'on apprend ces jours-ci qu'en 1993 M. Le Pen a aidé M. Tapie à se faire élire député. Selon Lacouture, F. Mitterrand aurait dit dès 1958 : je serai vingt ans dans l'opposition puis j'accrocherai une casserole à la droite et je garderai le pouvoir pendant 20 ans.
 
 

Deux anomalies (dont une de taille) corrigées ; tant mieux !

Relations entre la commune et la SOGEM : la commune avait passé avec la SOGEM une convention illégale ; nous l'avions signalé au sous-préfet. Malgré l'intervention de celui-ci, le maire refusa de se conformer entièrement à la loi. Devant cette obstination, Henri Prévot a déposé un dossier au tribunal administratif. Alors, le maire a préféré mettre fin à cette convention. La situation ainsi rectifiée, H. Prévot s'est désisté de son action.

Fonctionnement d'une association paramunicipale : OFJ recevait des crédits du département pour financer des éducateurs de rue mais utilisait cet argent à autre chose - ce qui est stupéfiant ! Henri Prévot a demandé à consulter les dépenses de l'association. Après six mois de démarches vaines (courriers, recours à la CADA), il a déposé un dossier au Tribunal administratif. Peu après, une autre association fut créée pour utiliser correctement ces crédits du département (cf. p 3). Ayant obtenu le résultat qu'il recherchait, Henri Prévot s'est donc désisté.
 
 

Vous nous écrivez, vous nous téléphonez...

Mme J. V. : sur l'état déplorable du stade Romain Rolland :

- Le stade Romain Rolland est dans un état lamentable. La pelouse est mitée et tend à disparaître, les poteaux en béton support du grillage métallique ne tiennent plus et deviennent dangereux. Cela fait des années ! Faut-il être en ZEP pour que le maire s'intéresse à nous ? 

- Le soir d'une réception à laquelle participait le maire, des tracts furent distribués à l'entrée du gymnase. Le maire a pris le micro pour se dire très triste qu'un tel tract puisse être distribué et n'a rien dit de l'état du stade. Il n'est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Mais parents et professeurs sont très actifs. Nous les appuierons.

M. P. H. : au sujet de Escale, épicerie sociale et lieu de dialogue

- A entendre M. Champion et à lire les journaux, on a l'impression que Escale est son œuvre ; qu'en est-il exactement ?

- La commune, c. à d. nous tous, met à disposition d'Escale un local et une employée à temps partiel. L'initiative, l'action et les ressources sont celles d'associations et de bénévoles indépendants de la municipalité.
 


Sécurité : avec la municipalité, difficile dialogue !

Dans une question orale posée au conseil municipal, Henri Prévot a attiré l'attention du maire sur la gravité de certaines situations auxquelles sont confrontés des habitants et des employés municipaux. Certes la police et la justice doivent agir. Mais une commune a des possibilités d'action ; or l'on attend toujours une réaction effective de cette municipalité, qui commence à peine à reconnaître la gravité de certaines situations. Mais, au lieu d'un débat constructif, la réponse fut toujours la même : "vous ne voulez pas voir tout ce que nous faisons ; vous voulez tirer un avantage politique de ces situations", tout cela avec un air dédaigneux : les deux premiers "mots" de la réponse furent : "ah pfuit!!". 

Ordures ménagères : plus coûteuses ici qu'ailleurs

Sur les 23 communes de l'Essonne qui ont plus de 6 000 foyers (soit 20 000 habitants environ), dans 6 communes la taxe d'ordures ménagères est plus chère (par foyer) qu'à Ste Geneviève ; elle est moins chère dans 16 communes. Notre ville est donc dans le tiers des communes les plus chères.
 
 

ZEP - zone d'éducation prioritaire

une décision injustifiée et une belle réaction unanime

Les ordinateurs de l'Education nationale en avaient ainsi décidé : le collège Paul Eluard, dans le quartier des Aunettes, ne pouvait plus être en Zone d'éducation prioritaire ; pourquoi ? Parce que ses résultats sont trop bons ! Les deux lycées de Ste Geneviève devaient aussi en sortir car l'Essonne était le seul département où des lycées étaient en ZEP. La forte mobilisation des parents, des élèves et des professeurs a permis de rétablir les choses : aux dernières nouvelles, le périmètre de la ZEP ne serait pas modifiée.

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