Au sujet de l'Islam

Edito
trois livres : notes de lecture et commentaires
des articles de presse  sur laïcité, religions, islam

Ecrit en mai 2015

Que penser de l'islam ? Question difficile. Et pourtant, question qu'il faut se poser ; question inévitable !

Pour ma part, j'ai a priori un grand respect à l'égard de ceux qui croient en un Dieu qu'ils adorent et qui leur commande la bonté, le souci des pauvres, la modération, le respect des autres, la paix.

On trouve tout cela dans le Coran ; on trouve tout cela dans des témoignages de vie de centaines de millions de musulmans de par le monde et, particulièrement, chez presque tous les musulmans qui vivent en France.

Mais on trouve aussi dans le Coran et dans les textes qui ont suivi - les dits et gestes de Mahomet (les hadiths), la jurisprudence islamique - un très grand nombre de règles de vie qui nous paraissent décalées et, pour certaines, nous heurtent, nous choquent et même davantage : certains versets du Coran, si on les prenait à la lettre, seraient des appels au meurtre.

Comment donc lire le Coran, que doit-il dire aujourd'hui aux musulmans en France ou ailleurs dans le monde ? Faut-il le lire à la lettre ? Faut-il y voir un message qui, s'il avait été délivré aujourd'hui, serait exprimé différemment ?

Quelqu'un qui n'est pas musulman est-il fondé à donner son avis ?

Certes tous les citoyens français, sans refuser a priori toute évolution, ont le droit et le devoir d'exiger que soient respectés les principes sur lesquels reposent notre vie en société et la cohésion nationale, des principes forgés par des siècles d'histoire.

Mais, pour aborder la question de la religion musulmane elle-même, c'est à dire la relation du croyant au Coran, la relation des musulmans avec leur Dieu, ceux qui sont le plus légitimes sont les musulmans eux-mêmes.

Or, les musulmans en France qui prônent une lecture littérale du Coran sont de plus en plus nombreux et se font de plus en plus pressants. Dans certains quartiers, de fait, au nom du Coran, ils imposent un genre de vie qu'ils disent "halal", c'est à dire pur. Il se crée ainsi des communautés qui se distinguent visiblement de plus en plus.

Mais en sens opposé très nombreux sont les musulmans qi se rebellent contre une lecture littérale du Coran ; et les penseurs musulmans qui se posent des questions fondamentales ne manquent pas !J'avais lu, lorsqu'il est paru, en 2004, l'ouvrage de Rachid Benzine intitulé Les nouveaux penseurs de l'Islam (Albin Michel). Je l'ai relu récemment. Il m'a paru tellement intéressant que j'en ai rédigé d'abondantes "bonnes feuilles".

Ces nouveaux penseurs de l'islam, qui sont des hommes pieux et instruits en religion et en sciences humaines, dénoncent la façon dont l'interprétation du Coran a été confisquée depuis plus de mille ans par des érudits, des oulémas, des juges bien trop souvent aux ordres des pouvoirs politiques.

J'ai aussi lu, dans un genre très différent mais écrit lui aussi par une personne de religion musulmane, Allah est grand, la République aussi de Lydia Guirous, d'origine kabyle. C'est le témoignage d'une jeune femme  qui, sans renier sa religion, a su résister à toutes sortes de pressions communautaristes ou autres.

On verra en lisant ces notes de lecture - ou en ne lisant que celles qui présentent l'introduction et la conclusion des livres - que ces nouveaux penseurs de l'islam ou des jeunes femmes telles que Lydia Guirous sont beaucoup plus sévères envers les wahabites, salafistes et jihadistes que des non muslmans qui tempèrent leurs propos par crainte de heurter nos concitoyens musulmans.

Ces nouveaux penseurs de l'islam qui, presque tous, ont été maltraités et même persécutés, et nos concitoyens musulmans qui refusent la montée du communautarisme nous montrent qu'il y a un gros travail à faire, et que ce travail doit être fait par les musulmans eux-mêmes. Ceux qui ne sont pas musulmans devraient les y encourager chaleureusement.
Henri Prévot


Par ailleurs, je voulais mieux connaître la pensée de Tarik Ramadan, qui a une certaine influence auprès des jeunes. Le livre d'entretien entre entre lui et Edgar Morin est instructif ; j'en ai recopié d'abondants extraits. Les propos de T. Ramadan soulèvent, à mon avis, de sérieuses questions, que je pose en commentaire en face droit des propos en cause.

Trois livres : extraits et commentaires

   "les nouveaux penseurs de l'islam" de Rachid Benzine,
    "Allah est grand, la République aussi" de Lydia Guirous
     un livre d'entretien entre Tariq Ramadan et Edgar Morin avec quelques commentaires.

Que révèle l'affaire Daoud ?


Quelques articles de presse intéressants sur laïcité, religions, islam

Les textes qui suivent datent de quelques années mais sont toujours d'actualité
On a commencé à y ajouter quelques textes récents   voir notamment l'affaire Daoud  


Un débat entre Manuel Valls, ministre de l'intérieur et Monseigneur Vingt-Trois, archevêque de paris, en octobre 2013 au collège des Bernardins sur la laïcité

Article de Mgr Hippolyte Simon, paru dans le Croix du 14 mars 2011, trois semaines avant le débat sur la laïcité du 5 avril : rappel historique des relations entre l'Etat et l'Eglise catholique ; au sujet de l'Islam, une citation du cardinal Lustiger

"Politique et religion ont beaucoup à se dire" article de J.B. de Foucauld  dans la Croix.


Les religions monothéistes sont porteuses de paix
: voir l'article 
 
A partir du procès sur les caricatures de Mahomet - une chronique d'A.G. Slama dans le Monde : 
Halte à la dérive qui tend à confondre sphère privée et sphère publique ; réapprendre à assumer les risques de la liberté ; attention au communautarisme.

L'islam en France  : 4 articles parus au début de 2003
    Enquête sur ces musulmans qui inquiètent : l'UOIF 
    "Comment nier le choc Islam-Occident ?" par Hubert Védrine. 
    Résultats des élections au Conseil français du culte musulman, CFCM. 
    Un entretien avec Luc Ferry 


un lieu de culte à Ste Geneviève des bois

Les tensions identitaires, racisme  2 articles parus au début de 2003

    L'éducation nationale s'inquiète de la montée des tensions identitaires 
    2002 : le racisme progresse. 

   paru fin 2003 : Le ministre de l'intérieur n'acceptera pas les prêches radicaux ; le statut de l'imam

Sur le port du voile et la statut de la femme dans l'islam
    deux versets du Coran qui en traitent
    un dossier dans le Courrier international 
    un entretien avec Dalil Boubakeur
    la position de A. Juppé, de M. Sitruk (grand rabbin de France) et d'autres  politiques en mai 2003

Christianisme et Islam

Trois différences

- Le Dieu "un en trois personnes" des chrétiens : une nouveauté radicale refusée par le Coran
- La relation avec le pouvoir
- La relation entre  la loi religieuse et la liberté humaine


Le dialogue des cultures - foi et raison
   le discours de Benoît 16 à Ratisbonne






 


 

Laïcité

Manuel Valls et le cardinal Vingt-Trois débattent de la laïcité

aux Bernardins, début octobre 2013

 

Les deux interlocuteurs ont abordé le sujet « Laïcité, quelle place pour les chrétiens dans le débat public » avec le souci d’un dialogue constructif, ce qui n’a pas gommé les différences d’approche.

L’archevêque de Paris voit la laïcité d’abord comme un moyen d’assurer l’ordre public puis comme le système institutionnel pour réguler en France les relations entre les religions et l’Etat. Le ministre de l’intérieur, lui, préfère insister sur « la liberté de conscience, c'est-à-dire la liberté de croire ou de ne pas croire » qu’autorise, selon lui, la laïcité. L’un comme l’autre s’accordent à affirmer que la laïcité, telle que définie par la loi de 1905 en France, ne signifie pas la disparition de la religion de l’espace public. Le cardinal Vingt-trois, se référant au livre de Vincent Peillon Une religion pour la République : la foi laïque de Ferdinand Buisson, a noté qu’il existe un courant philosophique voulant ériger la laïcité en « une sorte de religion laïque ». Avec cette perspective, a-t-il dit, l’Etat sort de la neutralité en prétendant soustraire l’individu de toute influence : il s’agit là d’une « conception idéalisée de la liberté » car « est-on jamais protégé de toute influence ?»

Dans cette « volonté d’éradiquer les références judéo-chrétiennes pour une vision plus neutre de l’universel », notamment dans l’éducation nationale, l’archevêque de Paris voit au fond deux risques : d’une part celui d’attiser les particularismes conduisant au fanatisme et, d’autre part, de rejeter les chrétiens vers une position de minorité culturelle condamnée au sectarisme.

Très apaisant, le ministre de l’intérieur s’est refusé, lui, à parler de crispation sur la laïcité.  Il en veut pour preuve ses nombreux déplacements dans les lieux de culte. « Si l’Etat ne reconnaît aucun culte, pour autant, il les connaît très bien ! » s’est-il exclamé. « Il est sans fondement d’affirmer qu’il y aurait une négation du fait religieux aujourd’hui ». Il a pourtant ensuite admis que les religions n’avaient pas toujours été suffisamment écoutées lors de précédents débats et que certaines idées, comme celle de supprimer des fêtes religieuses étaient le fait de « voix peu éclairées ». Enfin le ministre a aussi reconnu que l’on n’était sans doute pas allé jusqu’au bout dans l’enseignement du fait religieux dans les écoles. Il a aussi souligné toute l’importance du christianisme, y compris dans ses oppositions : «  En se saisissant des questions de société, l’Eglise rend service à la société ».

Quoi qu’il en soit comme l’a dit l’archevêque, ces difficultés et frictions entre l’Eglise et l’Etat sont normales : « Il y a une différence structurelle et objective entre l’Eglise et la politique ». « J’ai la responsabilité d’affirmer mes convictions ». « Ceux qui veulent que la religion soit coextensive à la politique se trompent ». Il est donc vain de « rêver à une sorte d’harmonie institutionnelle entre les deux sphères », une illusion qui existe encore chez quelques catholiques mais qui est surtout le fait de certains courants de l’islam, qui « n’ont pas une vision différenciée du politique et du religieux ».

Sur l’islam précisément, et sa capacité d’intégration dans la laïcité, le ministre de l’intérieur a reconnu que le problème n’était pas toujours simple. Mais justement, « l’un des grands défis de la France et de l’Europe, c’est d’assimiler et d’intégrer l’islam ». Pour cela, il faut du temps et de la patience, a-t-il plaidé : « On demande à l’islam d’accomplir en quelques années ce que d’autres religions ont mis beaucoup plus longtemps à réaliser ».



Un rappel historique des relations entre l'Etat et l'Eglise catholique et une réflexion du cardinal Lustiger sur la relation entre l'Islam en France


Eglise de France ou Eglise en France ?

Article paru dans le journal La Croix, le 14 mars 2011, signé par Hippolyte Simon, archevêque de Clermont, vice-président de la conférence des évêques de France - extraits

En France,  pendant des siècles l'idée d'une Eglise de France organisée sous l'autorité du roi, et plus ou moins indépendante de Rome, a continué de se développer. En 1516, sous François Premier, le concordat de Bologne donne au roi de France la faculté de nommer les évêques  et les abbés. La doctrine du gallicanisme atteint son sommet avec la "constitution civile du clergé" votée le 12 juillet 1790 par l'Assemblée nationales constituante ; cette constitution civile officialisait la mainmise de l'Etat sur l'Eglise, à l'exact opposé de l'invitation de Jésus : "rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu". Tout le monde sait ce qu'il en advient alors : la division de l'Eglise catholique en France entre "constitutionnels" et "réfractaires", les persécutions, le pays livré à la terreur et, quelques années plus tard, la disparition quasi complète de l'Eglise constitutionnelle présidée par l'abbé Grégoire, devenu évêque de Blois. Avec le Concordat de 1801, 'Etat reconnaît que c'est le pape qui représente l'Eglise catholique et qui s'engage en son nom. En mai 1904, le gouvernement français dénonce unilatéralement le Concordat de 1801. Pour éviter justement l'erreur de la constitution civile du clergé, Aristide Briand propose non pas de séparer l'Eglise de France de l'autorité de Rome, mais de séparer l'église catholique de l'Etat. Ainsi la loi de 1905 établie en son article 2 que l"la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte". Mais il ne faut pas oublier l'article 1 qui stimule : "La  République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes". A tous ceux qui disent que la religion ne relève que de la "sphère privée", il convient de faire observer ce premier article de la loi de 1905. Le libre exercice des cultes est un problème public car il s'agit bel et bien d'une liberté publique garantie par la loi. Quant à la "reconnaissance", il n'y a palus de "reconnaissance juridique" au sens de ce qui était établi par le Concordat (à l'exception notable de l'Alsace, de la Moselle, de la Guyane et de St Pierre et Miquelon, etc.), il reste que la mise en oeuvre de la loi de 1905 ne peut pas faire abstraction d'une "reconnaissance de fait" des Eglises et des communautés religieuses. Car comment reconnaître le libre exercice des cultes à de communautés que l'Etat ne (re)connaîtrait pas ?
Du fait de l'absence d'une autorité religieuse universellement reconnue pour les autres cultes que le culte catholique présents dans le République, la question est sans doute plus difficile à résoudre pour eux. Napoléon a tenté de la régler pour les protestants et les juifs : ce sont les "articles organiques" ajoutés au Concordat. Les organisations religieuses ainsi créées continuent leur mission de représentation auprès de l'Etat.
Toute la difficulté pour le culte musulman tient à cette absence de représentants"religieux" vis-à-vis de l'Etat. Le Conseil français du Culte musulman a été créé en 2003 mais il est régi par la loi de 1901 sur les associations et non par la loi de 1905 sur les associations cultuelles.
L'avertissement limpide du cardinal Lustiger reste toujours d'actualité. Avec quinze ans de recul, il prend encore plus de relief au regard des événements qui se déroulent dans les pays du sud de la Méditerranée : "L'islamisme regarde d'abord les pays musulmans. Ce n'est pas en France que seront résolues les questions posées à l'Islam, mais là où il est majoritaire. Et ce n'est pas au gouvernement français de créer un islam à la française. C'est se tromper de siècle que de vouloir organiser le cultes comme Louis XIV ou Napoléon. Aujourd'hui il n'y a guère d'autre solution que de faire respecter avec sagesse et bienveillance la loi républicaine et d'attendre trente ans, à peu près deux générations, le temps nécessaire pour que, dans une société aussi unitaire que la nôtre, le musulmans de nationalité française se perçoivent et soient perçus comme des Français de religion musulmane" (Libération, 14 novembre 1995)

retour à : laïcité

Le dialogue des cultures - concilier foi et raison


Le dialogue des cultures sera la grande affaire des décennies à venir. Pour dialoguer, la première condition est de se connaître soi-même. C'est plus important que de connaître l'autre. On apprend à connaître l'autre dans le dialogue (si lui-même se connaît). Cela ne veut pas dire que le dialogue ne nous fera pas évoluer, bien sûr ; mais comment dialoguer si l'on sait pas, ou si l'on a oublié, qui l'on est ?

En ce sens le discours de Benoît 16 à Ratisbonne est particulièrement bienvenu. C'est un appel au dialogue. Plusieurs penseurs musulmans l'ont bien entendu comme cela et la rencontre entre le pape et les ambassadeurs de pays arabes a levé tout malentendu. On peut lire ici une présentation de ce discours.


Christianisme et Islam

Des différences qu'il faut connaître pour un dialogue fructueux avec les musulmans

Il ne s'agit pas ici de faire de la catéchèse mais de rappeler quelques traits qui sont à la base non pas seulement de la foi chrétienne, mais aussi de notre système de valeurs puisque celui-ci émane pour beaucoup de cette base chrétienne. Un dialogue ne peut être fructueux que si les interlocuteurs connaissent ce qui les sépare.

Trois différences :
  - le mystère de la Trinité, une vision chrétienne rejetée par l'Islam  : l'équilibre entre les personnes et les relations entre les personnes
  - l'origine historique des deux religions et leur relation au pouvoir,
  - la relation entre la loi religieuse et la liberté individuelle

L'équilibre entre les personnes et les relations entre les personnes

Un point d'importance majeure est peu souvent mentionné, sans doute car il est un peu compliqué  : l'Islam est né du refus du mystère de la Trinité. "Dieu est un" revient très fréquemment dans le Coran. Celui-ci est extrêmement dur contre les polythéistes et condamne la doctrine des "associateurs" - comme le Coran nomme les chrétiens -. Que dit le mystère de la Trinité ? Que Dieu est "un en trois personnes". Ce n'est déjà pas simple. Plus compliqué encore : il dit que l'une de ces trois personnes, le Saint Esprit, est la relation entre les deux autres, une relation très forte que les chrétiens appellent l'amour. Que la relation entre les personnes soit de même nature que les personnes elles-mêmes... il fallait oser ! Ce qui est hallucinant, c'est que la science moderne, en parlant de la matière, dit la même chose : les relations entre particules ont des propriétés voisines de celles des particules. Et les psychosociologues nous montrent que, sans relation entre personnes, il n'y a pas de "personne" au sens plein du terme.

L'équilibre entre personnes et relations entre personnes est comme une ligne de crête. Sur un versant (si l'on ne considère que la personne individuellement) on a l'individualisme, l'égoïsme, le chacun pour soi ; sur l'autre (si l'on considère que la personne est fondue dans le groupe) on a le totalitarisme, le collectivisme. Par ce mystère de la Trinité, la doctrine chrétienne nous invite à une réflexion qui ne sera jamais terminée - ce qui est le propre du "mystère" au sens chrétien du terme.

L'origine historique des deux religions et leur relation au pouvoir

D'un côté un homme qui a refusé le pouvoir (lorsqu'on lui a proposé de devenir roi, il s'est enfui au désert), qui a dit "rendez à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César" et qui est mort de la façon la plus vile qui soit. De l'autre un conquérant victorieux. Et, surtout, le fait que, pour les chrétiens, Dieu s'est fait homme, s'est fait petit pour être proche de l'homme et lui montrer ce qu'il peut être.
L'islam met l'accnt sur la transcendance de Dieu ; la christianisme voit à la fois la transcendance et la proximité.

La relation entre la loi religieuse et la liberté individuelle

Dans toute religion, se pose la question de l'équilibre entre la loi religieuse et la liberté individuelle. Le Christ a enseigné que la loi est inutile là où les décisions personnelles sont guidées par ce que les chrétiens appellent "l'amour". Le Christ, en disant cela, s'est opposé frontalement aux gardiens des bonnes pratiques. Dans l'Ancien Testament, une femme adultère devait ête lapidée. Au temps de Jésus, cette pratique soulevait des questions, sans doute, puisque les Pharisiens, devant une feme adultère, ont demandé à Jésus ce qu'il fallait faire. C'était aussi un piège qu'ils lui tendaient. On sait comment il a répondu : "que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre". Et les hommes qui l'avaient interrogé sont partis, en commençant par les plus âgés.


Sur le respect de la Loi et la foi en Christ

"par la pratique de la Loi, personne ne devient juste"

Extrait de la lettre de saint Paul apôtre aux Galates

Frères
Nous avons reconnu que ce n'est pas en pratiquant la loi de Moïse que l'homme devient juste devant Dieu, mais seulement par la foi en Jésus-Christ ; c'et pourquoi nous avons cru, nous aussi, au Christ Jésus pour devenir des justes par la foi en Christ, et non par la pratique de la Loi, puisque, par la pratique de la Loi, personne ne devient juste.
Par la Loi, je suis mort à la Loi afin de vivre pour Dieu ; avec le Christ, je suis crucifié. Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi. Ce que je vis aujourd'hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et s'est livré lui-même pour moi.
Il n'est pas question pour moi de rejeter la grâce de Dieu. En effet, si cétait par la Loi qu'on devient juste, le Christ serait mort pour rien.


Dans l'Islam, cette relation entre la loi et la liberté individuelle est vécue de façon très différente selon les personnes, selon les pays, les groupes, les écoles. Qu'y a-t-il de commun enre les soufis et la pratique en vigueur en Iran ou en Arabie saoudite ?

Comme dans l'Ancien Testament, on trouve dans le Coran des passages violents. Pour les musulmans, le Coran est la parole de Dieu, donc immuable. La question se pose aux musulmans : qu'est-ce qui est immuable : le texte lui-même ou sa signification ?  Si l'on conserve la lettre du texte, le Coran est violent. La lapidation, par exemple, est une sanction présente dans le Coran. La condamnation d'Akineh en Iran inspire à Abdennour Bidar, par exemple, penseur musulman et professeur de philosophie en classes préparatoires à Sophia Antipolis,  un article dans le journal Le Monde  où il déplore écrit-il " une logique générale qui a pris au fil des siècles, le contrôle de la vie spirituelle des musulmans du monde. Hélas !, la religion islamique entière se nourrit de violence".

Des réflexions comme celle-ci montrent qu'il est possible de faire du Coran une lecture pacifique : si on le replace dans son contexte historique, qui était violent, on s'aperçoit que le Coran va dans le sens de l'apaisement.

 
 

Le dialogue des cultures - concilier foi et raison

Le dialogue des cultures sera la grande affaire des décennies à venir. Pour dialoguer, la première condition est de se connaître soi-même. C'est plus important que de connaître l'autre. On apprend à connaître l'autre dans le dialogue (si lui-même se connaît). Cela ne veut pas dire que le dialogue ne nous fera pas évoluer, bien sûr ; mais comment dialoguer si l'on sait pas, ou si l'on a oublié, qui l'on est ?

En ce sens le discours de Benoît 16 à Ratisbonne est particulièrement bienvenu. C'est un appel au dialogue. Plusieurs penseurs musulmans l'ont bien entendu comme cela et la rencontre entre le pape et les ambassadeurs de pays arabes a levé tout malentendu. On peut lire ici une présentation de ce discours.

On peut lire aussi des notes de lecture du très intéressant livre de Rachid Benzine : Les nouveaux penseurs de l'Islam






Laïcité, religions à l’école Le Monde 10 février 2016

L'éducation revendique la fermeté sur les valeurs de la République.

Selon le ministère de l'éducation, 150 "atteintes au principe de laïcité » ont été signalées en décembre 2015 par les équipes éducatives.

Une enquête du CNRS e de Sciences Po de Grenoble pointe une adhésion forte à la religion chez les adolescents musulmans (la religion est « importante » ou « très importante » pour 83% des musulmans contre 22 % des catholiques) mais elle ne permet absolument pas d’affirmer que cette religiosité entraîne des contestations massives des enseignements ou un rejet de l’école. Un petit tiers pense que l’interdiction  de porter des signes religieux à l’école est contraire à la liberté et à l’égalité de chacune. Un autre gros tiers est favorable à cette interdiction.

 

Prévenons l’éclosion du fanatisme dès l’école    par Edgar Morin - Le Monde 10 février 2016

Pour empêcher le fanatisme, l’enseignement devrait agir sans relâche à délivrer la connaissance et à repérer les illusions.

Le fanatisme porte en lui la certitude de la vérité absolue, la conviction d’agir pour la plus juste cause et la volonté de détruire comme ennemis ceux qui s’oppose à lui ainsi que ceux qui font partie d’une communauté jugée perverse ou néfastes, voire les incrédules (réputés impies). Nul ne naît fanatique. Il peut le devenir progressivement s’il s’enferme dans des modes pervers ou illusoires de connaissance. L’enseignement devrait agir pour les dénoncer, les déraciner. Déraciner est préventif alors que déradicaliser vient trop tard. La réduction de ce qui est nôtre en son meilleur et de ce qui est l’autre en son pire est un trait typique de l’esprit de guerre, et il conduit au fanatisme. On en arrive au manichéisme, il n’y a plus que la lutte du Bien absolu contre le Mal absolu. Menacés nous finissons par considérer comme le pire de l’humanité l’ennemi qui nous attaque. Le mythe, le Dieu, bien que secrétés par l’esprit humain, deviennent tout puissants sur ces esprits et leur ordonne souvent sacrifice, meurtre. Tout cela s’est sans cesse manifesté et n’est pas une originalité propre à l’islam.

Plusieurs sources diverses créent des courants qui peuvent converger sur le « daechisme » : ce ne sont pas les jeunes rejetés ou ghettoïsés d’origine islamique de nos pays européens, ce sont aussi des désespérés sans croyance dans le nihilisme ambiant et qui trouvent enfin dans la conversion leur Vérité, ce sont aussi des dogmatiques doctrinaires qui donnent les justifications et les condamnations, ce sont aussi des chercheurs de ferveur et de communauté qui ont remplacé la Foi révolutionnaire dans Foi restauratrice.

Ils voient la cruauté de nos drones et de nos missiles, ils voient la continuation, par nos interventions au Moyen Orient , de notre colonialisme, ils voient le pouvoir de l’argent et le vide moral d’une civilisation qu’ils veulent détruire pour un monde nouveau ordonné par Dieu.

Il nous semble vital d’intégrer dans notre enseignement dès le primaire la « connaissance de la connaissance » qui permet de faire détecter aux âges où l’esprit se forme, les perversions et les risques d’illusions, une connaissance capable de relier tous les aspects divers, voire antagonistes d’une même réalité. Il faut ajouter l’enseignement à affronter l’incertitude.

Reste le besoin de foi, d’aventure, d’exaltation. Notre société n’apporte rien de tout cela, que nous trouvons dans notre vie privée, dans nos fraternités. D’autre part nous sommes entrés dans une période d’incertitude, qui secrète l’angoisse. L’esprit cherche la sécurité psychique. Un humanisme régénéré nous donnerait le sentiment d’appartenir à l’aventure extraordinaire et incertaine de l’humanité. C’et ici que l’on peut révéler ce que chacun porte en lui-même, que l’on peut avoir foi en l’amour et en la fraternité, qui sont nos besoins profonds et que cette foi est exaltante, qu’lle permet d’affronter les incertitudes et de refouler les angoisses.

 

Les écoles confessionnelles hors contrat dans le viseur de l’éducation nationale dans le Monde du 8 avril 2016

 La ministre de l’éducation nationale a déclaré le 6 avril : «  Je me demande s’il n’et pas venu le emps, compte tenu des risques de radicalisation auxquels nous sommes confrontés de passer peut-être d’un système de déclaration (pour ouvrir des écoles) à un système de contrôle a priori, c’et à dire d’autorisation. ». Selon le ministère toutes les confessions seraient concernées. Une série d’inspections surprises ont été menées entre novembre 205 et janvier 2016 dans une vingtaine d’établissements, dont une dizaine de musulmans, signalés comme problématiques. Huit d’entre elles, pas toutes musulmanes pourraient être fermées après une contre-visite. Les rapports d’inspections, s’ils ne pointent pas des risques de radicalisation, insistent sur les faiblesses pédagogiques et sur les limites posées à la liberté de pener des élèves. On lit par exemple : « la bonne volonté des personnels rencontrés relève de l’affichage » ou « l’enseignement est jugé inadapté ou insuffisant ». les risques de radicalisation se verraient plutôt dans « l’école à la maison ». Parmi les critères pour autoriser l’ouverture d’un établissement, il y aurait  « le respect des valeurs de la République ». Le nombre d’élèves dans ces établissements hors contrat est de 56000 dont 4 à 5000 dans les structures musulmanes.

 






L’Europe devient-elle islamophobe ?
de Thomas Piketty Le monde du 13-14 mars 2016-04-14

Faute d’informations et de recherches précises, on utilise des événements, certes dramatiques, mais n’impliquant qu’une infime partie de la population en question pour en tirer des conclusions générales sur la capacité et la volonté de dizaines de millions de personnes de s’intégrer et de vivre ensemble. Il y a en Europe 25 millions de musulmans sur 510 millions d’habitants.

Une étude de l’INED et de l’Insee montre que les enfants d’immigrés qui obtiennent des diplômes trouvent des conjoints et des amis sans ascendance migratoire ; mais ils mettent plus de temps à trouver un emploi, pour un diplôme donné, le décalage étant plus fort pour les immigrés d’Afrique ou du Maghreb. Une autre étude, faite à l’aide de faux CV envoyés aux entreprises, montre que pour un CV donné, 5% des jeunes dont le nom sonne musulman reçoivent un entretien d’embauche, contre 20% pour les autres ; le fait d’être passé par les meilleures filières de formation ne change rien. C’est bien la religion musulmane qui est en cause : pour des jeunes d’origine libanaise Mohammed est disqualifiant alors que les Michel s’en sortent bien. Les Juifs sont aussi discriminés, mais beaucoup moins.

Il faut rappeler que l’hystérie actuelle vient de la conjonction de la crise des réfugiés et de la gestion calamiteuse de la crise financière de 2008.










La science de la manipulation
– un dossier dans la Recherche d’avril 2016

     un article de Gérald Bronner, sociologue, auteur notamment de la pensée extrême  où il montre comment un individu ordinaire devient fanatique.

Le premier processus, bien connu en sciences sociales, est celui de la frustration relative, écart entre ce que l’individu considère comme juste et la réalité. L’extrémisme est un monde alternatif qui lui propose de redistribuer les cartes. Dans le cas des sectes par exemple, on explique que la vraie valeur n’est pas matérielle mais spirituelle. Et, dans cette microsociété, vous allez avoir le sentiment qu’on reconnaît enfin votre valeur. Il est évident que les démocraties créent des frustrations.

L’autre processus est plus souterrain. Nous en voyons seulement le terme. On peut le résumer par la métaphore de la grenouille ébouillantée : si vous jetez une grenouille dans l’eau bouillante, elle va immédiatement donner un coup de patte pour s’échapper mais si vous la placez dans l’eau froide et faites progressivement chauffer l’eau elle ne s’apercevra de rien et mourra ébouillantée. De même le caractère graduel de la formation des croyances sectaires ou extrêmes empêche le croyant d’avoir conscience du processus dans lequel il est engagé. Chaque étape de l’adhésion lui semble raisonnable.

A la fin du processus d’adhésion, l’individu entretien un rapport si inconditionnel avec ses croyances qu’elles prennent le dessus sur l’importe quelle autre croyance. Il n’a pas perdu le sens d’autres valeurs mais n’y accorde aucune importance. C’es ce que j’appelle le paradoxe de l’incommensurabilité mentale. Ladepte de Daeh considère qu’il tue des mécréants, qui sont donc coupables. C’était vrai aussi pur les anarchistes. Cette vision binaire vise aussi à réduire l’humainté de celuis qu’on va attaquer. 

Dans les centres de déradicaisation, on essaiera de ménager une concurrence cognitive chez les jeunes radicalisés, de leur redonner le contrôle de leur pensée critique. Il faut en particulier leur apprendre à distinguer causalité et corrélation, la confusion étant un moyen classique de la manipulation.

    Comment désamorcer l’embrigadement des jeunes  par Dounia Bouzar, anthropologue.

Nous assistons depuis deux ans à une véritable individualisation de l’embrigadement. Les rabatteurs de Daech s’adaptent aux profils psychologiques et aux aspirations cognitives et émotionnelles de chacun.




Réduisons la fracture entre les deux jeunesses musulmanes
– de Hugues Lagrange (directeur de recherche au CNRS) dans Le Monde 22 mars 2016

Il faut créer davantage de liens entre les jeunes musulmans qui réussissent et ceux qui se cherchent et tombent dans la radicalisation.

Il n’y a pas de communauté musulmane ; il y a un fossé entre ceux qui réussissent et les autres ; les premiers ne peuvent servir de modèle aux seconds. Les marginaux sont devenus des salafistes, les salafistes des djihadistes, les djihadistes des kamikazes d’Allah ; les violences extrêmes sont l’expression d’une terrible dérive, d’une course à l’abîme, pas un registre d’action sociale. Ce qui est affirmé, c’est à la fois une « dignité » retrouvée, un mode de vie alternatif à celui de la modernité occidentale et un sens, par le sacrifice de soi et le meurtre d’autrui. La religiosité est le chemin de la « vie droite », d’une vie « bien gouvernée »..

Les émeutes urbaines traduisent une rupture avec les institutions, l’attrait d’un idiome salafiste et le discours djihadiste. Nous connaissons une troisième phase avec le passage au terrorisme. Et nous, Occidentaux, avons une responsabilité car les incohérences de nos interventions ont permis l’émergence de Daech.

Que faire ? réduire la fracture entre les deux jeunesses, sans rétablir un mixité culturelle, mener un politique active pour l’emploi des moins éduqués, accueillir la diversité au lieu de se focaliser sur le voile. Enfin, comme le di un jeune blogueur « La solution ne peut venir que de nous », par une dénonciation de l’imposture, ce que font beaucoup d’imams de France.





Les profils pluriels du djihadisme européen   
Par Fard Khosrokhavar (directeur d’études à l’EHESS) dans le Monde du 25 mars 2016

Depuis 2013, les jeunes radicalisés sont dix fois plus nombreux 1200 à 1500 jeunes  Français depuis 2013 contre moins de 200 dans la décennie précédente. Autre caractéristique : l’essor des recrues issues des classes moyennes : ces jeunes n’ont rien « des banlieues » et n’ont pas de passé délinquant ;ils peuvent mobiliser des moyens financiers importants. Et on trouve de plus en plus de convertis, jusqu’à un quart du total. Il y a dans la démarche de ces jeunes, banlieusards ou classe moyene pléthore de sens : une vision euphorique de leur vie et de leur devenir après la mort.

Il faut souligner la présence massive des femmes : 600 pour 5000 aspirants djihadistes en Syrie : épouse d’un martyr, elle procrée un martyr ; elle peut aussi participer à la violence djihadiste. Des adolescents galement pour qui l’adhésion à Daech est un rite de passage, une manière d’accéder plus vite à l’âge adulte – alors qu’en Europe, l’adolescence n’en finit pas. Et, pour ceux des balieues, Daech offre un espace où assouvir sa haine de la société. Avec Daech, c’est l’exotisme, le romantisme.

Il y a ceux qui souffrent et ceux qui s’ennnuient.

Cette pluralité des profils montre une diversité qui englobe un nombre important de jeunes, déçus d’une vie en Europe sans utopie politique, et quête de l’effervescence et de la festivité violentes.





Que révèle la polémique Kamel Daoud 
? par Puul Berman et Michael Walzer, un écrivain et un philosophe américains   ans le Monde du 30 mars 2016

 Le mois dernier l’écrivain et journaliste algérien Kael Daoud a annoncé qu’il renonçait au journalisme on pas crainte des islamistes qui sévissent dans on pays, bien qu’une fatwa ait été lancée contre lui mais pour une autre raison plus consternante encore. Condamné par une partie de la classe intellectuelle occidentale, le silence lui a semblé être la réponse la plus appropriée.

Les accusations dont il a fait l’objet représentent un phénomène doublement inquiétant parce qu’elles obéissent à un schéma qui commence à devenir familier. En voici la logique : un écrivain progressif de tradition musulmane, ou vivant même peut-être dans un pays musulman, se fait connaître. Cet écrivain propose une critique de l’islam tel qu’il est pratiqué ou de la répression sexuelle par le pouvoir islamique (un thème majeur) ou encore une critique du mouvement islamiste. Ces critiques sont jugées blasphématoires par les islamistes et les imams réactionnaires qui répondent de la manière qu’on leur connaît. Dans les pays occidentaux, les intellectuels, qui e considèrent pour la plupart comme des progressistes, mènent leur enquête sur l’écrivain et sur ses idées. Ils espèrent trouver le même genre de critiques confuses et réticentes qu’eux-mêmes produisent. Or, ils découvrent autre chose : des critiques plus emportées, plus véhémentes, plus radicales et pus directes.

Les intellectuels occidentaux, au moins certains d’entre eux, s’étranglent alors, consternés. Ils dressent à leur tour leur propre condamnation de l’écrivain fautif. Ils accusent les progressistes du monde musulman d’être racistes envers les musulmans, d’être un islamophobe, voire un instrument de l’impérialisme. Parfois ils accusent l’intellectuel du monde musulman de manquer de talent,. C’est ce qu’a enduré Salma Rushdi après la parution des versets sataniques, en 1988. Il y a d’autres exemples : la femme politique néerlando-somalienne Ayan Hirsi Ali, des auteurs d’essais politiques, de Mémoires, de critiques littéraires, journalistes ou romanciers originaires d’Egypte, d’Iran, d’Afghanistan, du Pakistan. T aussi l’Algérien Boualem Sansal.

Un collectif de 19 universitaires dressa un réquisitoire contre Daoud, l’accusant entre autres de « paternalisme colonialiste » et autres erreurs équivalant à du racisme et à de l’islamophobie. Un journaliste littéraire américain écrit, au nom de l’amitié qu’il porte à Daoud  « Je ne t’accuse de rien. Sauf de ne pas y penser et de tomber dans des pièges étranges et peut-être dangereux ».

Rappelons-nous que sur toute une période allant des années 1920 à 1980 des dissidents courageux et éloquents dans le bloc soviétique se sont relayés pour adresser un message à l’opinion politique occidentale et l’avertir de la nature de l’oppression communiste un message précieux car provenant de témoins directs, de même que le témoignage de Daoud, qui vit en Algérie. Et à chaque fois une grand partie de l’intelligentsia occidentale a protesté en s’écriant : « vusne ouvez pas dire une chose pareille. Vos allez encourager les réactionnaires ! » ou encore : « vous devez être vous-même réactionnaire, un instrument de l’impérialisme ». Ainsi, les intellectuels occidentaux n’ont réussi qu’à obscurcir la réalité soviétique, et ils ont paré le régime de leur propre prestige. Au lieu d’êter les ennemis de l’oppression, ils en sont devenus les alliés.

Les intellectuels occidentaux veulent défendre la lucidité. Mais ils obscurcissent les réalités. Ils veulent promouvoir le progrès mais donnent du poids aux condamnations des islamistes. Daoud a montré l’ironie de la situation. Nous l’en félicitons, de même que les journaux qui l’on