Interventions du groupe Ste Geneviève Autrement

à la réunion du Conseil municipal du 28 juin 2005

Création d’un centre culturel – en réalité une salle de prière du culte musulman 
Compte administratif 2004 
Une question sur les convocations aux réunions de commission 

Création d’un centre culturel – en réalité une salle de prière du culte musulman

C’est la première fois que nous évoquons en conseil municipal le projet de création à Ste Geneviève des bois d’une salle de prière du culte musulman. Cela fait pourtant plusieurs années que les musulmans de cette commune forment ce projet et ont demandé au maire de prendre une décision.

Sans refaire tout l’historique, je mentionnerai ici quelques étapes clé.

En octobre 2003, vous avez convié dans votre bureau les représentants des groupes de notre conseil municipal, en présence également de M. Quittard et vous nous avez fait part d’un projet déjà fort avancé et qui, nous disiez-vous, avait l’accord de votre majorité et celui de l’association des musulmans de Ste Geneviève des bois, une association cultuelle, selon la loi de 1905. Selon ce projet la ville vendrait un terrain à l’association qui financerait elle-même la construction d’une salle de prière ; l’association choisirait un architecte et élaborerait son projet en concertation avec la SOGEM ; un lieu était retenu, près du cimetière russe. Vous ajoutiez que vous aviez toute confiance en les responsables de cette association qui, d’ailleurs, participaient activement à un groupe de réflexion qui réunit les fidèles de plusieurs religions. Vous nous avez demandé notre avis. Nous avons rencontré les responsables ; nous avons ensemble abordé plusieurs aspects de leur projet comme la place des femmes dans leur association, la transparence des comptes, l’emploi de la langue française et les relations qu’ils entendaient nourrir avec les fidèles d’autres religions. Quant au financement, ils avaient déjà commencé à réunir des fonds alors même qu’ils ne possédaient pas encore le terrain et avaient l’intention de commencer à construire quelque chose de simple qu’ils complèteraient et embelliraient progressivement. Comme vous, nous avons pensé que l’on pouvait faire confiance à cette équipe et qu’elle pourrait en effet financer une première étape. Nous étions donc très heureux de voir que nos concitoyens de religion musulmane pourraient enfin disposer d’un lieu de culte correct qu’ils auraient eux-mêmes financés de même que les catholiques ont financé l’église du Bois des Roches à Saint Michel et les juifs leur synagogue à Ste Geneviève. Après cette réunion, pour l’association Ste Geneviève Autrement, j’ai écrit à l’association des musulmans pour prendre acte de ce qu’ils nous avaient dit de leur projet et les informer que lorsque ce projet serait présenté au conseil municipal nous prendrions une position favorable. Je leur écrivais aussi que je vous adressais copie de cette lettre, ce que j’ai fait, le 3 novembre 2003. Ste Geneviève Autrement a donc pris clairement position par écrit sur cet important dossier. Ces lettres sont publiées sur notre site internet.

Tout cela se présentait donc dans de très bonnes conditions ; l’association a continué de rechercher des fonds, a pris l’attache d’un architecte. Mais, curieusement, de votre part, pendant de longs mois, nous n’avons plus entendu parler de rien. Puis vous nous avez convié à une nouvelle réunion en février 2005 où vous nous dites que vous avez fait une autre proposition à l’association : que la commune finance elle-même le lieu de culte, en garde la propriété et le mette à la disposition des musulmans à titre précaire et révocable. L’association n’aurait qu’à payer une redevance correspondant aux dépenses d’électricité, d’eau, d’assurance et d’entretien et le loyer d’un logement, le cas échéant. A l’appui de cette proposition, vous vous êtes référé à ce qui avait été réalisé à Montpellier. De votre part il ne s’agissait pas tellement d’une proposition puisque vous ne proposiez pas d’alternative ; vous aviez abandonné le projet sur lequel vous aviez donné votre accord.

Placée devant cette situation, l’association des musulmans de Ste Geneviève a été perturbée. Les responsables de l’association s’étaient engagés sur cette voie ; ils avaient commencé des études, sollicité des fonds auprès de leurs coreligionnaires. Plus profondément, l’association se trouvait devant un choix difficile. Lui fallait-il maintenir le projet initial, qui considère la religion musulmane à l’égal des autres religions, indépendante de tout pouvoir politique, local ou national, dans le respect des lois, bien sûr, tout en demandant aux fidèles un effort financier plus grand ? Ou au contraire lui fallait-il profiter de ces financements publics pour bénéficier de suite d’installations plus confortables mais en acceptant de ne pas être réellement chez soi ? L’association des musulmans a adopté la première attitude ; une partie de ses membres a préféré la seconde et a formé une nouvelle association, selon la loi de 1901. En ce qui nous concerne nous refusons de porter une appréciation car nous pensons que la réponse donnée par chacun relève d’un choix très personnel. Mais comme conseillers municipaux, nous sommes obligés de constater que, suite à votre changement de position, l’on est passé d’une situation où régnait un accord général des musulmans et de toutes les composantes de notre conseil municipal, à une situation plus compliquée avec, chez certains, beaucoup de ressentiment à l’égard de la municipalité et des difficultés au sein de la communauté musulmane. 

Concernant un lieu de prière, nous pensons que cette formule de « mise à disposition précaire et révocable » ne peut pas être acceptée sans réticence par les fidèles d’une religion, quelle qu’elle soit. Le meilleur service que l’on puisse rendre à nos concitoyens musulmans est d’établir avec eux les mêmes relations qu’avec les autres religions et nous pensons que l’intervention du pouvoir politique, national ou local, doit être aussi discrète que possible, conformément à la loi de 1905 qui fonde la laïcité. Il n’est pas trop tard pour revenir à ce qui faisait l’objet d’un large accord. Dans les discussions que nous avons eues sur le sujet, monsieur le maire, vous avez plusieurs fois fait référence à l’ordre public ; c’est un souci normal, qui s’impose aux responsables politiques. L’ordre public repose parfois sur la contrainte, quand c’est nécessaire, et sur la confiance. Laissons à l’Etat l’exercice de la contrainte ; quant à nous, évitons de créer des causes de ressentiment (il arrive que le ressentiment dure longtemps et s’exacerbe) et agissons pour restaurer et entretenir la confiance ; pour cela, veiller à ne pas laisser penser que l’on a donné son accord lorsque l’on envisage de changer de position et favoriser les conditions d’un dialogue constant et approfondi entre associations culturelles et entre les fidèles de toutes religions.

Nous ne ferons certes pas obstacle à la création d’une salle de prière, puisque, comme nous l’avons déclaré depuis longtemps, nous trouvons qu’il est normal que nos concitoyens musulmans puissent exercer leur culte dans des conditions correctes, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui à Ste Geneviève. Mais nous souhaitons que vous fassiez évoluer votre projet de façon à revenir vers celui qui avait fait l’objet d’un très large accord, y compris parmi les membres de l’association qui s’est constituée pour répondre à votre nouvelle proposition. C’est pourquoi nous nous abstiendrons.

En réponse au maire

Au cours des conversations antérieures sur ce sujet, vous nous avez dit que vous doutiez que la communauté musulmane puisse réunir les fonds nécessaires au financement de cette salle de prière. Je vous ai alors proposé d’étudier une façon de répondre à cette question en vérifiant si la commune peut passer un contrat de vente du terrain contenant une clause résolutoire selon laquelle la vente serait annulée si, dans un délai convenu, une somme suffisante n’était pas réunie. Je n’ai pas eu de réponse sur cette suggestion. 
 
Voir sur ce sujet notre dossier : une mosquée à Ste Geneviève des bois

Compte administratif 2004

Nous arrivons à la fin de cette réunion du conseil municipal dont l’ordre du jour était extrêmement chargé, beaucoup trop chargé. Pourquoi n’avoir réuni que deux réunions en trois mois ? Nous n’avons pas eu le temps d’étudier convenablement tous les dossiers de cette séance et maintenant il est très tard. Je me bornerai donc à faire une remarque.

Ce compte administratif reflète l’exécution, apparemment fidèle, du budget. Nous n’avions pas voté contre ce budget qui, lorsqu’il a été mis au vote, prévoyait une hausse modérée des impôts. Mais vous avez attendu pour nous faire voter une augmentation de la pression fiscale de 4% que soient passées les élections cantonales. Ce procédé n’avait jamais été employé dans cette commune ; il est inqualifiable.

Sur ce compte administratif, nous nous abstiendrons.
 

Une question sur les convocations aux réunions de commission

Trop souvent les convocations aux réunions de commissions sont expédiées de la mairie beaucoup trop tard. Il arrive même qu’elles parviennent le jour même de la réunion à leur destinataire qui les découvre donc à son retour de travail, la réunion étant déjà terminée – cela m’est arrivé récemment. Même lorsqu’elles arrivent un ou deux jours avant la réunion, il n’est plus temps de modifier son programme de travail pour se libérer.

Nous vous demandons donc de faire en sorte que les dates de réunion des commissions soient portées à la connaissance de leurs membres dans un délai convenable.