Intervention de H. Prévot au conseil municipal du 25 février 1997

(Extraits)

 

Au sujet de la situation d'un immeuble de la cité Pergaud

Un immeuble de la cité Pergaud souffrait d'une situation insupportable, indigne de notre ville. Aujourd'hui, je dois vous dire qu'avec l'équipe de Ste Geneviève Autrement, nous sommes profondément satisfaits.

Satisfaits en premier lieur et surtout bien sûr, que la situation se soit améliorée et laisse l'espoir de redevenir normale. Nous continuerons d'être attentifs et à l'écoute des habitants.

Nous sommes aussi très contents parce que ces quelques semaines nous ont montré de façon évidente comment vous procédez, quelles sont vos réactions lorsque vous êtes contesté. Le 5 janvier, je vous ai écrit en lettre pressante, tout en restant évidemment correcte : ne devait-elle pas être pressante alors que depuis plusieurs mois, malgré de nombreux appels, les habitants avaient le sentiment que vous ne faisiez rien. Votre réponse me fut donnée dans ce Conseil municipal par une de vos collègues ; le texte est au Procès verbal de la réunion du 20 janvier. Cette réponse est splendide ! En ce qui concerne la question posée à savoir : qu'avez-vous fait spécialement pour cet immeuble, la réponse se résume en un mot : "rien". Mais cette réponse a trois pages, trois pages de généralités, d'insinuations perfides à mon égard, de procès d'intention, de citations, non pas tronquées, mais bel et bien falsifiées. Je ne donnerai que trois exemples. Vous commencez, Monsieur le maire - je m'adresse à vous car la diligence rare avec laquelle vous avez diffusé ce papier montre que vous l'approuvez sans aucune réserve - vous commencez, en vous adressant à moi, par ces mots : "vous excellez dans l'art de la contrevérité" ; c'est moins abrupt que le "vous êtes un menteur" que vous m'avez lancé il y a un an alors que je disais vrai, mais cela revient au même. Et quelles sont les contrevérités que j'aurais écrites dans ma lettre du 5 janvier ? Je vous mets au défi d'en trouver une seule, même minime ; d'ailleurs la suite de la réponse n'en dénonce aucune. Il s'agit donc, Monsieur le maire, je pèse mes mots, d'une calomnie. Pour la deuxième fois, je vous rappelle que notre droit pénal punit les insultes à des élus formulées dans les lieux publics. Je vous engage sérieusement à ne pas recommencer. Vous dites plus loin : "ce qui ne vous empêche pas d'intimer au maire l'ordre de 'faire cesser immédiatement" ce sont vos termes, une situation sans doute intolérable mais ()". J'aurais prétendu donner un ordre et exiger que le résultat soit immédiat ! En réalité j'ai écrit : "vous devez donc réagir immédiatement" : j'ai rappelé un devoir imposé par la loi et, bien sûr, j'ai parlé d'une action immédiate, et non d'un résultat. Un citation falsifiée pour vous permettre de formuler des accusations, c'est pire qu'un mensonge. Enfin, la plus belle, si je puis dire, la voici : "Vous ne voulez voir que cet immeuble, parce que pour l'instant il sert vos objectifs, qui semblent bien tenir de la tactique politicienne" : deux procès d'intention en peu de mots mais le mot cible est prononcé : "politicien" : il fallait le dire ! La suite requiert tout notre attention car vous ajoutez : "c'est ce qui se murmure dans la ville" : où sommes-nous, je vous le demande ? Qu'une intervention sur un sujet grave soit pour la porte parole du maire l'occasion de colporter ou plutôt de tenter de créer une rumeur ! Voilà où vous voulez ramener le niveau du débat politique à Ste Geneviève des Bois !

Voyant que vous ne faisiez toujours rien, je me suis rapproché du Commissaire de police et de parquet ; l'un et l'autre m'ont dit qu'ils ne pourraient rien faire si les habitants ne se mobilisaient pas. J'ai dont organisé une réunion chez le Commissaire de police le 1er février. Nombreux furent les habitants présents à cette réunion, une véritable mobilisation s'était opérée. C'est cela, et cela seulement qui vous a fait réagir. La réunion que vous avez suscitée très vite, le 8 février, a donné satisfaction à ceux qui y ont participé et nous en sommes très heureux, car c'était bien le but de ma lettre du 5 janvier. En passant, je note que vous avez refusé que je participe à cette réunion ; vous vouliez à tout prix récupérer le fruit du travail réalisé par d'autres que vous, comme cela ressort de façon éclatante d'un article paru dans la presse locale. Quant à moi, j'avais préféré la discrétion par égard pour les habitants car, lorsque l'on est maltraité, on n'aime pas toujours que cela se sache. Je le reconnais, pour ce qui est de la désinformation, je suis battu à plate couture ! Mais, Monsieur le maire, je vous l'ai dit, la vérité finit toujours par s'affirmer.

Nous avons un autre sujet de satisfaction : nous avons brisé une double loi du silence ; la loi de silence que veulent imposer par la menace ces jeunes à qui, malheureusement, l'éducation a manqué et que ne connaissent que "l'état de nature" comme disent les bons auteurs, c'est à dire la loi du plus fort : les habitants sont allés à la rencontre de la police, ils ont parlé et la réunion du 1er février fut une réunion sérieuse, déterminée et sereine. Dès les jours suivants et avant même votre réunion, l'atmosphère avait changé. Une autre loi du silence a été brisée : vous ne vouliez pas que l'on parle des problèmes de sécurité à Ste Geneviève et une partie de l'opposition vous approuve dans cette attitude ; c'est une politique de l'autruche tout à fait dangereuse car, si vous n'en parlez pas, les gens s'adresseront à d'autres qui utiliseront des méthodes que nous réprouvons les uns et les autres. Il faut en parler sereinement : la délinquance juvénile à Ste Geneviève est moindre qu'ailleurs, mais elle ne cesse de s'aggraver depuis plusieurs années ; la politique de la municipalité à cet égard est encore très insuffisante. Poussé par la nécessité, vous avez pris, tardivement mais mieux vaut tard que jamais, quelques décisions qui s'inspirent de ce que nous recommandons depuis longtemps, comme celle d'embaucher des éducateurs de rue ; ce n'est pas suffisant ; il faut suivre de très près tous les jeunes délinquants qui reviennent ou restent chez nous ca on ne va tout de même pas les garder en prison éternellement ; il faut des éducateurs spécialisés pour cela et, s'il n'y a pas d'autres financements, il faut trouver dans notre budget les moyens de les payer : c'est cela, avoir des priorités.

Une situation qui semble être en train de se restaurer, une démonstration aveuglante de la façon dont vous procédez à l'égard d'une opposition qui vous conteste, montre vos lacunes et agit, une double loi du silence brisée, quelques mesures positives enfin décidées - avec l'équipe de Ste Geneviève Autrement, Dominique Szczepanek et moi-même avons toutes les raisons d'être très contents car c'est une victoire pour l'ensemble des habitants de nos cités !.