Interventions d'Henri Prévot
au cours de la réunion du conseil municipal du 20 janvier 1997
(extraits)

Au sujet de la sécurité dans nos résidences

Tous nos concitoyens ont droit à la sécurité et à la tranquillité ; à Ste Geneviève des bois trop fréquemment, ce droit n'est pas respecté. J'ai été alerté par plusieurs de nos concitoyens habitant certaines de nos résidences. Comme je vous en ai fait part récemment par courrier, dans un immeuble j'ai vu des gens excédés, parfois au bord de l'épuisement nerveux ; j'ai vu des gens qui ont décidé de partir et l'on m'a cité le cas de personnes qui sont parties récemment, ne pouvant plus supporter le bruit et une pression constante, ne pouvant plus supporter les dégradations des équipements collectifs et de leur véhicule ni la violence verbale et les menaces sur eux-mêmes et surtout sur leurs enfants.

En vertu des pouvoirs qui vous ont été conférés par la loi en tant que maire, vous avez une large part de responsabilité pour assurer tranquillité et sécurité à vos concitoyens. Chacun sait que la jeunesse a des problèmes dus à la situation sociale et économique ; cela n'excuse en rien la délinquance et il est encore plus important que l'action de la municipalité soit efficace et déterminé. Le niveau de sécurité et de tranquillité d'une commune est une affaire de long terme ; c'est le résultat de la politique menée sur plusieurs années. Dans plusieurs communes, on voit la situation s'améliorer. Au contraire, depuis que vous êtes maire, force est de constater que la situation s'est dégradée.

Vous ne connaissez pas en profondeur la situation de nos quartiers. En effet, si vous parlez de temps en temps de faire un diagnostic sur la situation de sécurité, en réalité vous n'avez rien fait et ce sens alors que, depuis longtemps, la Délégation interministérielle à la ville a mis au point une méthode. Par ailleurs, il serait très utile d'avoir un regard extérieur sur la situation, de demander des conseils à des spécialistes qui sont intervenus avec succès sur d'autres sites. Je l'avais suggéré en commission ; vous ne l'avez pas fait. Cela vous aurait aidé à avoir une politique, c'est à dire non seulement une action répressive mais aussi une action dans le domaine de l'animation et de la prévention.

Il n'y a pas si longtemps, on parlait ici et là de "protégés du maire" ; cela n'encourage pas les policiers. Or il faut savoir déposer plainte car il faut faire confiance à la police et à la justice. Quant au volet animation, depuis des années, la politique de la jeunesse dans notre commune n'est certes pas une réussite. le halle des jeunes est inadapté, il a été l'objet de graves désordres et il est fermé depuis plus d'un an. Vous avez cru pouvoir obtenir la paix sociale en vous appuyant sur des jeunes qui n'avaient ni la formation ni les aptitudes convenables. Aujourd'hui encore, ce que vous préparez est tout à fait insuffisant : en effet, aussi valeureuse soit-elle, une équipe municipale de quelques animateurs seulement ne suffira pas à répondre à tous les besoins de notre jeunesse. Il faut y associer l'ensemble de la population.

Quant à la prévention, cela fait de nombreuses années que vous auriez dû recruter des éducateurs spécialisés, des "éducateurs de rue" comme on dit qui ne s'arrêtent pas de travailler à 18 heures ! A Ste Geneviève des bois, il n'y a aucune structure pour accompagner et contrôler ceux qui sont proches de la délinquance. Ste Geneviève Autrement avait inscrit dans son programme le recrutement de plusieurs éducateurs de rue et je vous l'ai rappelé à plusieurs occasions, en Conseil municipal et en commission. Mais, pour faire des économies mal placées, vous avez attendu d'avoir une subvention du département. Que de temps perdu, que d'argent perdu aussi, pour réparer toutes les dégradations ! Il faut tout faire pour que chacune de nos résidences, chacun de nos quartiers garde ou retrouve sa réputation d'ensemble paisible et sûr ! Maintenant vous nous dites qu'il faut du temps pour recruter ces éducateurs : le temps perdu nous coûtera donc encore plus cher. D'autant plus que les trois éducateurs que vous avez prévu de recruter ne seront pas suffisants.

Après des années pendant lesquelles la situation s'est globalement dégradée, on ne peut plus laisser aux délinquants le sentiment d'impunité ; c'est un très mauvais service qu'on rend à eux-mêmes et à la société ; on ne peut pas laisser les habitants se dire que ni la ville, ni la police ne savent réagir : or Monsieur le maire, cela fait plusieurs mois que vous avez été alerté sur le cas de cet immeuble que je vous ai signalé et que les habitants n'ont même pas reçu de réponse. On ne doit pas non plus laisser ces jeunes sans occupations et sans encadrement éducatif.

Ste Geneviève des bois ne retrouvera sa tranquillité qu'avec une bonne coopération entre ses habitants, sa municipalité et sa police. Nos concitoyens, Monsieur le maire, ne se contenteront plus de discours ; ils vous jugeront à vos actes.