Interventions de Henri Prévot, au nom du groupe Ste Geneviève Autrement,
au cours de la réunion du conseil municipal du 15 juin 2001

La démission de M. Champion
Une offre de coopération avec la municipalité sur deux sujets importants : la sécurité et le passage des avions

Intervention au sujet de la démission de M. Champion de sa fonction de maire
 

M. le Président, Mesdames, Messieurs, chers collègues

Il y a trois mois nous installions notre Conseil municipal. Nous l'avons fait sérieusement, avec la solennité qui sied aux moments qui marquent la vie de notre démocratie. Chacun de nous, dans le rôle que les électeurs lui avaient confié, se préparait à servir l'ensemble des Génovéfains, qu'ils soient de son bord ou du bord opposé. 

Conformément à la loi, le Conseil a élu le maire. Il a choisi celui qui avait conduit la liste majoritaire, un choix qui allait de soi aux yeux de tout le monde puisque les électeurs, votant pour une liste, signifient qu'ils désirent avoir pour maire celui qui la conduit. C'est pourquoi, dans toute élection municipale, les documents électoraux mettent en avant systématiquement le nom, la photo, la personnalité, le parcours biographique de la tête de liste. Ce fut particulièrement vrai de la liste conduite par M. Champion.

Dans son principal document de campagne, on a lu qu’il pourrait cumuler cette fonction de maire avec d’autres sans que cela ne gêne la ville. Plus encore, dans la lettre distribuée à tous les Génovéfains quelques jours avant les élections, il a écrit que le nom du maire serait connu dès le soir des élections. Il était difficile d'être plus clair. M. Champion fut effectivement élu maire. Moins de trois mois plus tard, il démissionne et propose à nos suffrages une personne très peu connue puisqu'elle était septième sur la liste.

Démissionner un avant les élections ou trois mois après, ce n'est pas la même chose

Certes, on peut comprendre qu'un maire, après deux mandats, souhaite passer le relais. On peut à la rigueur comprendre aussi qu’il souhaite proposer lui-même aux électeurs une personne en qui il a confiance. A St Michel sur Orge le maire a démissionné un an avant les élections ; M. Champion, à l'image de la façon dont il a été élu pour la première fois, démissionne quelques mois après les élections. Le premier procédé permet au nouveau maire de se faire connaître des électeurs en quelques mois ; le second trompe les électeurs et leur impose pendant tout le mandat une personne qu'ils ne connaissent pas. On n’est donc pas étonné de la réaction très sévère de son ancien collègue du "groupe des conseillers généraux non inscrits de gauche", l'ancien maire de St Michel sur Orge. Cette convergence entre sa réaction, la nôtre et celle de l'ensemble des Génovéfains montre bien qu'il s'agit d'une question qui transcende les différences politiques.

Monsieur Champion a tort de vouloir atténuer la portée de sa décision

Aujourd’hui, pour tenter d'atténuer la portée de sa décision M. Champion nous dit qu’il ne faut pas personnaliser le pouvoir et qu’il s’agit toujours de la même équipe. En droit et en fait, légalement et politiquement, c'est inexact : le rôle du maire est très spécifique, c’est lui qui détient l’exécutif de la commune, c’est lui qui délègue certains pouvoirs, c’est lui qui peut reprendre les délégations et c’est à lui que sont confiées certaines responsabilités de police qu’il ne peut pas déléguer. Il est vain de faire mine de le regretter, il n’est pas honnête de l’ignorer. Et c’est à bon droit que les électeurs veulent connaître leur maire, veulent savoir qui est celui qui peut leur imposer des obligations touchant leur vie courante, qui peut accorder ou refuser un logement, des aides d’urgence, un emploi en mairie, une dérogation pour le choix de l'école des enfants et bien d'autres choses.

L'explication du cumul ne tient pas car il pouvait démissionner d'un autre mandat

M. Champion, vous voulez expliquer votre décision par le cumul de vos fonctions.
Nous avons été les premiers à dire que vous ne pourriez pas correctement assumer vos trois fonctions - maire, président du conseil de la Communauté d'agglomération et vice-président du conseil général - alors que vous-même affirmiez le contraire. Nous ne vous accuserons évidemment pas de vouloir partager vos fonctions. Comme la charge total est trop lourde, nous disons que vous deviez l'alléger en renonçant à un autre mandat que celui de maire. En renonçant par exemple à la présidence de la Communauté vous ne tromperiez personne et cela ne pénaliserait en rien notre ville, bien au contraire car dans ce genre d'organisation, pour obtenir le consensus, un président est souvent amené à consentir plus de sacrifices ou à rechercher moins d'avantages que les autres participants.

Tout montre qu'il préfère servir ses intérêts personnels

Pourquoi donc préférez-vous aujourd'hui la Communauté alors que vous venez de vous engager auprès de vos concitoyens, de la façon la plus nette, à être maire ? Tous les Génovéfains se posent la question et ce n'est pas faire de procès d'intention que d'essayer de trouver une réponse puisque vous-même n'en donnez pas. Vous nous dites que vous n'avez pas l'ambition nationale ; nous en prenons acte ; nous verrons d'ici quelques années. Cependant les apparences sont contraires et nous nous bornerons à constater que les postes que avez conservés vous donnent d'autres moyens d'influence auprès des "grands électeurs" que celui de maire. Et quel marchandage se cache-t-il derrière le choix de votre remplaçant, l'assistant parlementaire de J. Dray, député de la gauche socialiste ?

Nous portons ici solennellement témoignage de l'indignation de la plupart des Génovéfains

Mesdames, Messieurs, si cela n'était que le point de vue de Ste Geneviève Autrement, ce ne serait que le point de vue de l'opposition, mais il s'agit de bien autre chose.

Nous portons ici solennellement témoignage de l'indignation de la plupart des Génovéfains de toutes tendances. Nous avons entendu leurs réactions en allant au d'avant d'eux : "C'est honteux, disent-ils, c'était prévu, il ne pense qu'à sa carrière - car c'est bien ce qui se dit -, pourquoi n'a-t-il pas démissionné avant les élections ?". Il est particulièrement affligeant de constater l'amertume de ceux de nos concitoyens qui ont des convictions profondes et forment depuis longtemps la base même de l'électorat de gauche. Ils se sentent trahis. Tout habile qu'est votre communication, le bon sens populaire au sens noble du terme a bien compris, quoi que vous en disiez, de quoi il s'agit : vous vous servez de la ville pour servir vos intérêts personnels.

Pierre Mendès-France disait que la démocratie est un état d'esprit. Or que peut-on construire sur la désinformation, sur l'abus de confiance ? Nous regrettons tous la montée de l'abstention aux élections, la désaffection croissante des citoyens pour la chose publique ; comment désormais conduire aux urnes des électeurs dont la confiance a été trahie par ceux-là même pour qui ils ont voté ? Nous regrettons tous que les jeunes n'aient pas de constance dans l'engagement ; quel exemple voulons-nous leur donner, au plus haut degré de notre ville ?

Chers collègues, pour montrer à quel point, au nom de la plupart des Génovéfains, nous réprouvons et déplorons ces pratiques, nous voterons blanc.
 
 

Suite à l'allocution de M. Léonhardt,

Intervention au sujet d'une possible coopération entre la majorité et l'opposition
sur quelques sujets importants

Monsieur le maire, vous avez mentionné comme thème prioritaire de votre action future la tranquillité, et vous en avez donné deux composantes : rétablir la sécurité et le calme dans les quartiers travaillés par la délinquance et, d'une façon générale, lutter contre le projet de survol de la ville par les avions. Puis, vous avez dit que vous proposeriez à la minorité du Conseil une coopération sur ces thèmes.

Je vous rappelle que dès la réunion d'installation du Conseil, le 17 mars, nous avons déclaré que nous mènerions une action d'opposition responsable, en critiquant ce qui nous paraît critiquable et en faisant des propositions. Il y a quelques semaines, j'ai fait une démarche auprès du maire pour lui proposer une coopération précisément dans les deux domaines que vous avez mentionnés, la sécurité et le survol des avions. Celui-ci m'a répondu que, tout en étant d'accord sur le principe, il préférait ne pas s'engager dans une telle coopération mais transmettre notre proposition à celui qui serait très probablement maire un peu plus tard, et vous-même m'avez donné votre accord de principe. Ces sujets sont en effet de la plus haute importance pour notre ville, ils doivent mobiliser toutes les compétences des élus, qui sont diverses.

Il vous appartient donc maintenant de donner une suite concrète à cette proposition.