Intervention de Henri Prévot, pour le groupe Ste Geneviève Autrement

Au cours de la réunion d’installation du conseil municipal
le 15 mars 2008

 
Chers collègues

Nous vivons en démocratie ; c’est une grande chance. Il nous appartient de la faire vivre. Les électeurs ont exprimé leur choix. S’ils ont donné une large majorité à la liste formée par le maire sortant, on constate en même temps qu’ils ont été nombreux à s’abstenir ; 45 %. Le maire est donc élu par un tiers environ des électeurs. Ce score et ce taux d’abstention sont à peu près les mêmes qu’il y a sept ans. Comme cela se dit généralement, le contexte national a probablement pesé en faveur des listes de gauche. Malgré cela, le maire sortant n’a pas fait mieux que son prédécesseur, sans doute parce que, cette fois-ci, il y eut plusieurs listes en face de lui.

Quoi qu’il en soit, les électeurs nous ont demandé d’œuvrer maintenant pour le bien de la ville, chacun dans la situation où ils nous ont mis. Tout pouvoir, on le sait bien a besoin d’avoir en face de lui un contre pouvoir. Les pouvoirs dont dispose le maire, qui est à la fois l’animateur d’un parti, le responsable hiérarchique de plusieurs centaines de personnes, celui qui propose le budget et qui l’exécute, celui qui détient presque tous les moyens de communication, ces pouvoirs sont considérables. On ne retrouve nulle part ailleurs dans nos institutions une telle concentration de pouvoirs dans les mêmes mains.

Pour désigner ce contre-pouvoir exercé au sein du conseil municipal, les textes parlent des « élus qui n’appartiennent pas à la majorité » ; d’autres l’appellent « minorité » ; on peut aussi l’appeler l’« opposition ». L’opposition fait donc partie du système démocratique. Cela ne veut pas dire qu’elle est « systématique » en ce sens qu’elle s’opposerait systématiquement à tous les projets. Au contraire, elle peut voter la plupart des projets présentés  par le maire et peut aussi proposer à la majorité des coopérations sur des sujets de grande importance sur lesquels il est possible de trouver un consensus. Mais l’opposition doit rester l’opposition ou, si l’on préfère, le contre-pouvoir ne doit pas cesser de remplir sa fonction. La démocratie vit du débat entre le pouvoir et le contre-pouvoir. Il convient donc d’éviter toute confusion.

Vous avez en Ste Geneviève Autrement des élus qui ont toujours étudié et critiqué comme il faut vos projets ; ils continueront d’agir ainsi et de vous faire des propositions, comme un contre-pouvoir à la fois vigilant et constructif.