Réunion du conseil municipal du 9 mai 2005


PLD : Projet local de déplacement

Conformément à ce que demande la loi, la communauté d’agglomération a préparé un projet de programme local de déplacement, PLD, qui vient de nous être présenté pour avis.

Il s’agit d’un projet à long terme, environ quinze ans. C’est assez remarquable car il n’est pas fréquent que nous ayons à débattre au sein de ce conseil municipal d’orientations ou de projets à moyen ou long terme. Ce projet est intéressant ; nous sommes tout à fait d’accord sur les grandes orientations : développer des transports en commun et faciliter ce que l’on appelle les « circulations douces » c'est-à-dire l’usage du vélo et, tout simplement, la marche à pied. Voici quelques remarques que vous pourrez retenir pour améliorer le document qui nous est présenté.

Tout d’abord, il serait bon de rappeler de façon beaucoup plus explicite les grands enjeux : la sécurité (car la circulation automobile est dangereuse), l’autonomie énergétique (nos transports, aujourd’hui, consomment du pétrole, dont la disponibilité dépend beaucoup du jeu de rapports de forces entre les puissances mondiales), la pollution locale (les carburants polluent et l’on n’a sans doute pas fini de découvrir les effets délétères de cette pollution sur notre santé) et enfin la lutte contre le changement climatique (les carburants pétroliers sont une des principales cause des émissions de gaz à effet de serre). C’est le poids de ces enjeux qui justifie que nous changions notre rapport à l’automobile. Il faut donc les rappeler dans toute leur force.

Quant aux transports en commun, la desserte en fin de soirée, telle qu’elle est prévue dans le PLD, est tout à fait insuffisante. Aujourd’hui, après 20 heures il faut attendre longtemps l’autobus et, plus tard, il n’y en a plus, notamment le samedi ou le dimanche. Il faut une desserte pas forcément à tous les trains mais jusqu’au dernier train.

Le PLD ne retient pas comme une priorité l’organisation de transports semi collectifs à la demande ; quelques communes en France s’y sont engagées mais nous avons noté que ces expérience leur coûtent très cher.

Le PLD parle de « pacifier » la circulation automobile, c’est à dire de la ralentir ; et nous en sommes d’accord. Vous avez décidé de multiplier les ralentisseurs. On se rappelle qu’il y a une dizaine d’années les ralentisseurs qui existaient ont été supprimés par votre prédécesseur au motif qu’ils abîmaient les amortisseurs de voitures ! Maintenant, vous les multipliez. Sans doute les fabricants ont-ils su améliorer la résistance des amortisseurs. Même si les amortisseurs résistent bien ces « coussinets berlinois », plutôt raides, sont gênants pour tous les conducteurs même ceux qui conduisent raisonnablement, et pour leurs passagers qui peuvent être des personnes qui souffrent du dos ou des femmes enceintes, alors qu’il existe des moyens qui ne pénalisent que ceux qui roulent trop vite. A ce propos, la commune a participé au financement de jumelles qui permettent de connaître la vitesse des véhicules, utilisées par la police nationale pour arrêter et sanctionner ceux qui ne respectent pas la limitation de vitesse. Quel usage en a-t-elle fait ? Il y a d’autres moyens, comme des caméras fixes, aux endroits les plus sensibles. Comme vous le savez, depuis peu, le maire a la compétence juridique de sanctionner les essais de vitesse. Avez-vous étudié les avantages et les inconvénients respectifs des différents moyens de ralentir la vitesse des véhicules ?

Quant à la circulation des vélos, c’est un sujet que Ste Geneviève Autrement a étudié depuis bien longtemps et sur lequel elle a formulé ses propositions à plusieurs reprises. Nous sommes heureux de voir que ce PLD reprend ce thème et une partie de ce que nous avons proposé, apparemment avec sérieux. Nous verrons. En complément de ce qui est écrit dans ce document, nous insisterons sur les points suivants : le revêtement des trajets aménagés pour les vélos doit être lisse : quiconque pratique le vélo dans notre commune se rend compte de l’état déplorable de nos chaussées ! Sur ces trajets aménagés, la circulation des véhicules devra être limitée à 30 km/h. Comte tenu de la largeur des voies, il faudra s’interroger sur l’établissement de sens uniques mais la réponse n’est pas évidente car le sens unique est une incitation à augmenter la vitesse. Vous ne nous dites pas à quel rythme vous aménagerez les trajets pour les vélos. A cet égard, il faudrait que vous calculiez que celui qui utilise un vélo fait faire beaucoup d’économies à la ville car il demande beaucoup moins de place de stationnement et surtout, il use beaucoup moins la chassée. Cette économie suffirait à justifier que la ville investisse rapidement pour développer l’usage du vélo, sans même compter les autres avantages que je signalais en commençant. Or on doit bien constater que jusqu’ici, à part l’avenue Jacques Duclos et une partie de la route de Corbeil, la ville n’a rien fait. Pire, elle a laissé aménager la plus grande partie de la route de Corbeil d’une façon qui est meurtrière pour les vélos : le maire, en tant que responsable de la sécurité, devrait interdire l’usage du vélo sur cette partie, tellement c’est dangereux.

L’usage du vélo se développera donc si la circulation ne présente pas de risques ; mais il faut aussi des parkings sécurisés. Ce point est essentiel, tellement le vol de vélo est une pratique malheureusement répandue dans notre ville.

Le vélo ou les deux roues seront davantage utilisés également si la distance du domicile au lieu de travail est diminuée. Notre commune ou la communauté d’agglomération pourrait utilement promouvoir l’idée de créer des plateformes de travail inter-entreprises qui pourraient accueillir les employés d’entreprises différentes qui habitent une même zone géographique. Sans doute l’administration de l’Etat pourrait-elle créer une dizaine de plateformes interministérielles en moyenne ou grande banlieue. Certes, cela n’est pas de la responsabilité des communes mais il ne leur est pas interdit de lancer des idées et de faire des propositions.

La marche à pied n’est possible à Ste Geneviève qu’avec des chaussures qui vous garantissent contre les entorses. Il faut libérer les trottoirs des véhicules (ce que vous faite à cet égard va dans le bon sens) ; il faut aussi refaire une bonne partie des trottoirs, ce qui demandera du temps. Il faut également installer des bancs pour les personnes qui se fatiguent vite ; cela ne coûte pas cher.

Le PLD évoque le cas des personnes qui doivent utiliser les fauteuils roulants. Il n’est pas étonnant que l’on ne voie pas d’handicapés moteurs dans les rues de Ste Geneviève. Cela ne veut pas dire que toute la population est ingambe. Bien au contraire ! Cela veut dire que la situation à Ste Geneviève est lamentable : il est impossible pour une personne en fauteuil roulant, même motorisé, de se déplacer dans nos rues. Le PLD ne montre pas une volonté bien déterminée de corriger rapidement la situation.

En résumé, nous sommes satisfaits que la loi ait exigé de la communauté d’agglomération cette réflexion sur le programme de déplacement. Nous sommes d’accord sur les priorités qu’il affiche, transports en commun et usage du vélo, qui rejoignent ce que nous avons toujours recommandé. Pour les transports en commun, nous demandons que la plage de desserte par autobus soit étendue jusqu’au dernier train. Concernant les vélos, nous trouvons que le projet reste beaucoup trop vague et que les échéances sont trop tardives. Et le projet est très insuffisant pour ce qui intéresse les personnes qui ont du mal à se déplacer, en marchant ou en fauteuil roulant.
 

Convention de partenariat avec la Maison des jeunes et de la culture

Il y a quelques mois, le mandat du directeur n’a pas été reconduit pour des raisons financières. Aujourd’hui, vous avez dégagé un financement suffisant pour que la Maison des jeunes et de la culture ait à nouveau, sinon un « directeur », du moins un « coordinateur ». C’est une bonne chose. Mais encore une fois, nous redisons que cette MJC, dispersée en plusieurs locaux, ne dispose pas des conditions matérielles qui lui permettraient de donner le meilleur. Depuis longtemps, vous nous dites que vous recherchez un lieu où elle puisse se rassembler. Où en êtes vous de vos recherches ?