L'emploi :

Des conseillers municipaux d'opposition n'ont pratiquement pas de moyen pour agir en faveur de l'emploi.
Pourtant, nous avons eu un rôle déterminant pour l'implantation de l'association Hercule à Ste Geneviève des bois.
La commune aide les chercheurs d'emplois dans leur recherche en relation avec l'ANPE ; les services de notre commune sont, à notre connaissance, efficaces.

 

La commune peut agir sur l'emploi. 

Il ne s'agit pas de créer des emplois mais, surtout, d'encourager ceux qui en sont écartés à faire les efforts nécessaires pour se réinsérer. C'est ce que fait l'association Hercule. C'est ce que faisait l'association Aries. En 2000, la commune a repris le personnel et l'activité de l'antenne de Ste Geneviève de cette association ; nous avons voté "pour" car la situation était telle qu'alors il était impossible de faire autrement. Mais nous pensons qu'il est dommage que l'association n'ait pas disposé des moyens de continuer son action : il vaut mieux laisser autant que possible l'action sociale aux associations plutôt que de gonfler les services municipaux.

Ce thème de l'emploi fut le premier chapitre de nos propositions aux élections municipales de 1995 ; nous les avions travaillées avec des spécialistes du ministère du travail. Nous y avons consacré le dossier de notre bulletin N°5 de février 1996, nous avons repris cette question dans le bulletin de mai 1996 et nous avons fait des propositions au moment des élections cantonales. Parallèlement nous avons agi pour l'implantation d'Hercule à Ste Geneviève des Bois - cela nous a beaucoup appris sur le comportement de la municipalité.

Il était possible d'agir bien avant le programme emploi-jeune. Mais contrairement à des communes comme Valenciennes avec Borloo ou Amiens avec de Robien ou bien d'autres, la municipalité de Ste Geneviève dans un premier temps ne voulait pas entendre nos propositions ; pire, elle a entravé nos efforts pour rendre possible l'implantation de l'association d'insertion Hercule ; deux ans plus tard, Hercule affiche, à Ste Geneviève, de bons résultats (cf. un compte rendu d'entretien et nos bulletin de mai et octobre 1999)
La municipalité n'a commencé à réellement bouger qu'avec le programme emplois-jeunes - encore faut-il relativiser son effort puisque l'impact sur le budget municipal est très limité : nous payons les emplois jeunes par nos impôts nationaux et départementaux beaucoup plus que par les impôts communaux. Quoi qu'il en soit, tout en regrettant qu'il ait fallu attendre si longtemps et en constatant la publicité démesurée que s'autorise le maire à cette occasion (bulletin n°10), nous avons approuvé l'engagement de la commune dans ces emplois-jeunes - comme nous l'avons dit au conseil municipal. Nous avons fait des remarques sur la façon dont ce programme est mis en œuvre (bulletins de janvier et mai 1999) ; il s'agit maintenant d'être vigilant sur la façon dont il y sera bientôt mis fin.
 
 

Le cas d'Hercule, association d'insertion : un succès et une expérience instructive

Dès l'automne 1995, juste après les élections municipales, nous avons cherché comment agir concrètement pour l'emploi. Nous avons eu la chance de faire connaissance avec un conseiller de Michel Bon, alors président de l'ANPE et nous connaissions un fonctionnaires du Conseil général, très actif dans le milieu associatif. Au cours d'une réunion avec plusieurs Génovéfains, ils nous ont encouragés, en particulier pour l'accompagnement de personnes au chômage depuis longtemps et pour la promotion des services de proximité. Au cours de cette réunion, nous avons appris que l'association d'insertion Hercule avait l'intention de s'implanter à Ste Geneviève des Bois, à condition de trouver des bénévoles et un local. Des bénévoles, il y en avait mais, du fait de certaines incompréhensions, il fallait renouer le contact. Nous nous y sommes employés. Nous avons parallèlement trouvé un local que son propriétaire était prêt à louer à la ville. L'association Hercule prévoyait que son implantation à Ste Geneviève pourrait conduire à la création de l'équivalent d'une douzaine d'emplois à temps plein. Rien ne devait donc retarder cette implantation : il suffisait que la commune procure un local ou prenne en charge la location du local que nous avions trouvé. Or les mois passaient sans que le maire ne donne de réponse à l'association Hercule.

Henri Prévot et Patrice Bettoni sont donc intervenus au Conseil municipal ; ils ont reçu une réponse navrante : la ville voulait introduire cela dans le contrat de ville ; or le contrat de ville associe la ville de St Michel ; or Hercule était agréée pour Ste Geneviève mais non pour St Michel ; donc la ville refusait de fournir un local tant que Hercule n'aurait pas son agrément pour la ville voisine, et tant que son projet d'implantation à Ste Geneviève ne serait pas inscrit dans le contrat de ville et tant que la ville n'aurait pas reçu de subvention de l'Etat, du département et de la région ... pour cette opération qui demandait moins de 50 000 F/an pour créer une dizaine d'emplois à temps plein ! Et le maire a posé des questions oiseuses du genre : "Hercule peut-elle s'engagerà créer tous ces emplois ?". C'était un refus, une fin de non recevoir. Patrice Bettoni en était tellement scandalisé qu'il a quitté la salle du conseil après avoir dit son indignation - voir notre intervention au conseil municipal le 23 avril 1996 et les réponses obtenues.

Quelques semaines plus tard, une responsable d'association qui avait participé au travail préparatoire a fait remarquer à la municipalité qu'un local communal se libérait et qu'il pouvait servir à Hercule. La municipalité, devant l'évidence, n'a pas pu refuser.

Ce fut une de nos premières expériences des difficiles relations avec cette municipalité : tout se passe comme si celle-ci ne pouvait pas accepter des propositions faites par d'autres que son cercle de fidèles. Depuis, nous avons eu d'autres illustrations de ce comportement.
 
 

Extraits du Procès-verbal de la réunion du Conseil municipal du 23 avril 1996

Question orale posée par Henri Prévot, pour Ste Geneviève Autrement
relative à un projet de création d'emplois

Henri Prévot, conseiller municipal de Ste Geneviève Autrement

Une association intermédiaire d'insertion, l'association Hercule, vous a représenté son projet de s'implanter à Ste Geneviève des bois. A la lumière de l'expérience qu'elle a connue dans d'autres villes, Hercule estime que cette implantation serait de nature à créer l'équivalent de 15 à 20 emplois à temps plein. Plusieurs Génovéfains se sont déclarés volontaires pour accompagner, de façon bénévole, les personnes en difficulté à qui l'association aura trouvé une activité.
La seule demande de cette association intermédiaire est que la ville prenne à sa charge le coût d'un local situé à un endroit qui permette aisément à la demande de services de se manifester. Ces Génovéfains ont trouvé un local très bien situé - les locaux disponibles ne manquent pas à Ste Geneviève des bois.
En prenant en charge la location de ce local, la ville permettrait ainsi la création d'emplois, avec un engagement budgétaire inférieur à 5°000 F/ an et par emploi créé. Je souhaiterais connaître la suite que vous avez réservée ou que vous réserverez à la demande de cette association intermédiaire.

Réponse de M. Quittard, maire adjoint

Monsieur Quittard souligne que la Municipalité connaît bien l'association Hercule, qui œuvre en faveur de l'insertion des personnes sans emploi, notamment par son intervention au Centre communal d'actions sociales depuis plusieurs années. De nombreuses rencontres ont été organisée depuis plusieurs mois en présence de son président Monsieur Paris, ainsi que d'autres associations caritatives de la ville.

Les difficultés qui se posent à l'implantation de cette association sur Ste Geneviève des Bois sont principalement la localisation, le financement et l'agrément.

Pour le problème d'implantation, il est vrai que beaucoup de locaux sont disponibles à Ste Geneviève des Bois mais certaines formes de baux ne conviennent pas à ce type de location.

En ce qui concerne le financement, l'intercommunalité dans le cadre du Contrat de ville nous amène à travailler avec St Michel sur Orge qui n'est pas concernée par l'association.

Quant à son agrément, il découle de ces différents critères.
Il n'est pas possible d'apporter une réponse aujourd'hui à la demande de l'association Hercule sans prévoir une insertion sociale par l'économique, mais tous les efforts possibles seront mis en œuvre pour que leur projet, auquel la ville est favorable, aboutisse.

Il faut néanmoins souligner qu'il ne s'agit pas d'envisager la création d'une association à caractère social puisque Hercule est déjà implanté dans de nombreuses communes comme Viry-Châtillon, Savigny. Il est question de permettre son extension, ce qui est différent.

Réponse de M. Bettoni, conseiller municipal de Ste Geneviève Autrement

Monsieur Bettoni souligne que l'implantation de l'association Hercule serait de nature à créer l'équivalent de 15 à 20 emplois à temps plein ou 70 emplois à temps partiel, contre une participation financière municipale de 70 000 F et est indigné que la municipalité n'accepte pas ce projet. Il quitte la salle à 21h30 suite à son intervention.

Réponse du maire à M. Bettoni

M. le maire précise que dans le cas où l'association Hercule serait prête à s'engager par écrit de la création effective de 15 emplois contre une participation de la ville de 7000 F, il est prêt pour sa part à présenter le projet en séance du Conseil municipal.
Cependant les choses ne sont pas si simples, pour qu'une offre d'emploi soit valable elle doit avoir une durée dans le temps, ce qui n'est assurément pas le cas en ce qui concerne ces embauches.
D'autre part, il relate le cas de l'association "Morgane de repassage" pour laquelle la commune est intervenue financièrement et qui souhaite désormais étendre son activité en proposant de la retoucherie. Les commerces existants en ville pratiquant la retoucherie se sont plaints auprès de la commune considérant que, dans ce cas précis, son intervention en faveur des uns se ferait au détriment des autres.
Dans le même ordre d'idée, M. Quittard souligne qu'une personne désireuse de créer un restaurant d'entreprise sur la Croix Blanche a proposé une étude de faisabilité avec le concours financier de la ville. Les commerçants ambulants de la Croix Blanche s'y opposent 

Réponse de Henri Prévot, conseiller municipal de Ste Geneviève Autrement

L'association intermédiaire ne s'engage pas formellement à créer des emplois. Comme je l'ai dit, elle fait état de son expérience récente dans une autre ville. Les bénévoles ont trouvé un local très bien situé dont le propriétaire est prêt à le louer pour cet usage. Il serait incompréhensible que la commune ne trouve pas sur son budget la somme nécessaire pour louer un local. Rappelons-nous qu'elle a prévu par exemple de donner 80 000 F à des jeunes qui partent au service militaire ; c'est vraiment une somme qui pourrait être mieux utilisée ! Il n'y a donc pas à rechercher les fonds du contrat de ville ni à attendre que l'association Hercule soit agréée pour étendre son action sur une autre commune. Il ne reste donc plus aucun des arguments présentés par M. Quittard pour expliquer que vous n'ayez pas encore répondu. Il n'y a pas beaucoup de projets qui permettent la création d'emplois avec un engagement de la commune e 5000 F par an et par emploi créé ! Et même si l'on ne créait que 10 emplois, cela demanderait à la commune moins de 10 000 F par an et par emploi.
L'association Hercule a rencontré un de vos adjoints il y a un mois : mais cela fait plus d'un an qu'elle vous a fait part de son projet. Quand on se rappelle tout ce que nous avons dépensé en relation avec l'emploi mais sans créer un seul emploi !
Il serait inadmissible que votre réponse tarde encore.
Fin de l'extrait du procès verbal de la réunion du 23 avril 1996.
 

Commentaires sur cet échange 

M. Quittard et le maire ont donc multiplié les arguments pour expliquer leur refus : toutes les formes de bail ne conviennent pas, il faut étendre l'agrément à St Michel, il faut un engagement par écrit de création d'emplois, il y a des risques de concurrence déloyale. Aucun de ces quatre arguments n'était valable : un local avait été trouvé avec l'accord de son propriétaire ; l'extension de l'agrément n'est en rien un motif d'ajournement car rien ne le rendait nécessaire ni même souhaitable ; demander un engagement par écrit, c'était montrer que l'on n'a pas compris le fonctionnement d'une telle association ; la question de la concurrence déloyale, une bonne question, est résolue par l'agrément déjà donné par le préfet. C'est pour montrer qu'il ne pouvait accepter de telles arguties que P. Bettoni a quitté la salle du Conseil.

Après le déménagement d'un service de la ville, une des personnes qui voulaient que ce projet réussisse a fait remarquer à un maire adjoint que le local libéré conviendrait parfaitement à Hercule, ce qui fut enfin accepté - et ce qui montre bien qu'aucun des arguments présentés par la municipalité pour expliquer son long refus n'était valable.
 
 


Un entretien avec des responsables de l'association d'insertion Hercule

à Ste Geneviève des bois, en mars 1999

La mission d'Hercule :

Le cœur de la mission de l'association d'insertion Hercule est d'accueillir des personnes au chômage depuis longtemps, qui se sentent perdues et ne savent plus que faire ; les bénévoles d'Hercule reçoivent ces personnes, s'entretiennent avec elles pour voir ce qu'elles pensent, ce qu'elles désirent et ce qu'elles peuvent faire ; travail difficile car souvent leurs motivations se sont bien émoussées et leurs compétences sont rares. Hercule leur trouvera donc, s'il le faut, une formation (dans ses propres centres de formation ou d'autres), leur réapprendra à se présenter, leur redonnera du tonus puis leur proposera du travail sous forme de missions de courte durée (de 3 à 10 heures par semaine) ; les bénévoles d'Hercule garderont un contact régulier avec elles et leurs clients pour s'assurer que les relations sont bonnes. Un suivi médical est assuré, avec des médecins bénévoles.

Les résultats de l'action d'Hercule en 1998 : à Viry-Châtillon, Savigny et Ste Geneviève, Hercule a accueilli et enregistré en tout 673 personnes ; à Ste Geneviève, Hercule a accueilli 300 personnes qui ont fait 24 000 heures de travail, correspondant à une quinzaine de personnes à temps plein. Ce résultat est en lui-même très favorable mais le but d'Hercule n'est pas tellement de fournir du travail que de faire en sorte que les personnes qu'elles emploient retrouvent une vie normale. Or, en 1998, 230 personnes, dont 74 à Ste Geneviève, ont été réinsérées dans le circuit normal du travail, ce qui est un résultat très satisfaisant.

Les services rendus par les intervenants : pour éviter la concurrence déloyale, la loi limite les possibilités d'interventions à celles auxquelles le libre jeu du marché ne permet pas de répondre. Ce principe peut être interprété de façon très différente : des artisans pourraient évidemment faire tous les travaux de bricolage par exemple ; mais leurs coûts horaires sont trop importants pour toute une catégorie de personnes ou de travaux. Dans ce cas le " libre jeu du marché " permet-il de répondre aux besoins ? De fait, l'activité d'Hercule concerne surtout le nettoyage, l'entretien des locaux, le repassage, le bricolage et le jardinage simples

Les conditions financières des interventions : de 63 à 80 F/heure selon la nature du service. Sur 63 F, l'intervenant touche 44 F bruts ; la différence sert à payer une partie des charges patronales et des frais de gestion. Le client d'Hercule règle une facture dressée par Hercule et ne verse pas d'argent à l'intervenant. La moitié des sommes payées est déductible des impôts, dans la limite d'une déduction de 22 500 F.

L'association Hercule : l'implantation de Ste Geneviève est une antenne d'une association basée à Viry Chatillon. L'action d'Hercule est assurée par 12 permanents dont un est basé à Ste Geneviève et 50 bénévoles dont 11 à Ste Geneviève. Ramenées à l'heure de travail d'intervenant, les subventions publiques sont de 8 F/h.

Pour s'adresser à Hercule : tél. 01 60 15 02 23 aux heures ouvrables.
 

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