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Une lettre aux conseillers communautaires (communauté d'agglomération du Val d'Orge), le 28 octobre 2005

Une lettre au préfet de l'Essonne, le 2 octobre 2005

Deux lettres au ministre chargé de la ville, M. Borloo, le 27 novembre 2003 et le 28 novembre 2003 et la réponse du ministre, en date du 23 décembre 2003

Une lettre au ministre chargé de la ville, M. Borloo, le 8 décembre 2002, qui n'a pas reçu de réponse

Une lettre au maire et à la SCIC, le 26 mars 2002  qui n'a pas reçu de réponse
Une lettre au maire le 8 décembre 2001  qui n'a pas reçu de réponse
 
 
 

Henri Prévot                                                                                                        le 28 octobre 2005
Conseiller municipal de Ste Geneviève des bois
 
Lettre aux membres du Conseil communautaire 
de la communauté d’agglomération du Val d’Orge
Madame, Monsieur,

J’étais dans les rangs du public, à la dernière réunion du conseil communautaire, le 13 octobre, lorsque vous avez longuement débattu de la nécessité de construire des logements sociaux dans les communes formant la communauté d’agglomération. J’ai dû me retenir pour ne pas dire à voix forte qu’il existe à Ste Geneviève des bois près de soixante logements de bonne qualité, spacieux et très bien situés disponibles immédiatement car vidés de leurs habitants dans l’attente d’être démolis. 

La communauté d’agglomération a accordé des crédits pour cette démolition à la suite d’un débat des plus brefs, en décembre 2002, à Villiers sur Orge. L’un de vous a seulement demandé à M. Champion l’avis des habitants, à quoi celui-ci a répondu qu’ils étaient d’accord alors qu’ils avaient massivement signé une pétition contre la démolition ; puis un autre d’entre vous a demandé « c’est où Pergaud ?» et ce fut tout.
De longs débats, donc, au sujet de la construction de logements sociaux, quelques minutes seulement pour en démolir une centaine.

Vu la situation sociale et budgétaire de notre pays, cela ne donne-t-il pas une bien pauvre image du fonctionnement de la démocratie locale alors que les décisions prises localement devraient être plus proches des vrais besoins ? Dans une communauté d’agglomération, ceux qui décident, qui sont des élus des communes, n’ont sans doute pas toujours la possibilité matérielle de bien connaître tous les dossiers sur lesquels ils ont à se prononcer.

Cinquante-cinq logements sont déjà démolis dans la résidence Pergaud ; il est encore temps, Madame, Monsieur, que vous preniez la décision de ne pas financer la démolition des cinquante cinq logements du 25 rue Manhès à Sainte Geneviève des bois et d’agir auprès de MM. Champion et Léonhardt pour qu’ils corrigent l’erreur qui a été commise avec la démolition d’un immeuble de quatre étages et d’un autre de six étages – deux abominables barres, n’est-ce pas ?

Les cinquante cinq familles à la recherche d’un logement et qui pourront être logées dans moins de quelques semaines, vous remercieront chaleureusement.

Je vous prie de recevoir l’expression de mes sentiments très distingués.

                     Henri Prévot


P.S. : vous pouvez consulter un dossier complet de cette affaire à l’adresse suivante : http://perso.wanadoo.fr/sainte.genevieve.autrement/divers/ORUhistor.htm
 
 

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Henri Prévot                                                                                                      le 2 octobre 2005
Conseiller municipal
du groupe Ste Geneviève Autrement 
 

                                                                                                                 Monsieur Bernard Fragneau
                                                                                                                 Préfet de l'Essonne

Monsieur le Préfet


Permettez-moi de me présenter. Aux dernières élections municipales de Ste Geneviève des bois, j’ai conduit la seule liste qui s’opposait à la liste du maire sortant. A titre professionnel, je suis membre du conseil général des mines, au MINEFI.

Je m’adresse à vous car je lis dans le Républicain que vous êtes soucieux de voir le peu d’empressement des élus et des bailleurs sociaux à construire des logements sociaux.

Or j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour empêcher que ne se réalise le projet de démolition de cent logements sociaux de bonne qualité, très bien situés, dans une résidence où la mixité sociale est une réalité. Il s’agit de la cité Pergaud, située près d’un parc, d’un hypermarché, d’une école, d’un collège, du lycée, de la piscine, de stades et d’un gymnase. Je suis allé personnellement à la rencontre des habitants pour leur proposer de signer une pétition contre la démolition : plus de 95 % des personnes qui m’ont ouvert la porte ont signé cette pétition. J’étais sûr alors de bloquer ce projet (d’autant que le maire avait présenté le dossier à la DIV en faisant état de l’  « accord de la grande majorité des habitants » !) mais la municipalité et l’ANRU ont ignoré le désir des habitants et persisté dans ce projet.

Certes, on me dit que ces logements seront remplacés par d’autres ; mais personne ne peut se laisser convaincre par ce genre d’argument tellement il est évident qu’après la démolition de ces immeubles, il y aura moins de logements que s’ils n’avaient pas été démolis.

Aujourd’hui le projet de démolition est à moitié réalisé. Est-il encore temps de bloquer la démolition de soixante logements ? Je sais bien que ce serait à certains égards un « coup de force » ; mais la situation de nos finances nationales et celle du logement social sont tellement dramatiques qu’elles justifient une démarche forte : la réouverture des soixante logements aujourd’hui vidés de leurs habitants aurait un effet immédiat car il suffirait de quelques jours pour les remettre en état.

Vous trouverez ci-jointe copie de la lettre que j’ai adressée au ministre délégué à la ville en décembre 2002 : je ne pense pas qu’il ait pris connaissance personnellement de la situation de Pergaud. 

Je vous prie de recevoir, Monsieur le préfet, l'expression de mes sentiments très distingués.

Henri Prévot


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Henri Prévot                                                                                                 le 27 novembre 2003

Conseiller municipal de Ste Geneviève des bois 
du groupe Ste Geneviève Autrement 

                                                                                                                                       Monsieur Borloo
                                                                                                                                       Ministre de la Ville
 
 

Monsieur le ministre

Alors que la situation financière de la France oblige partout à des économies douloureuses et met l'Union européenne au bord de la crise, l'on dépenserait des millions d'euros à démolir une centaine d'appartements bien conçus et parfaitement situés contre l'avis quasi unanime des habitants de la résidence où ils se trouvent !

Je sais que vous ne pratiquez pas la langue de bois ; donc je m'exprimerai directement sur cette affaire dont je vous avais déjà saisi par un courrier du 8 décembre 2002.

En 2001 le maire précédent de la ville de Ste Geneviève des bois a présenté au CIV (Comité interministériel à la Ville) un dossier d'une vingtaine de pages pour une ORU (opération de renouvellement urbain) où la seule opération concrète est la démolition de 144 logements dans la résidence Pergaud. Dans ce maigre dossier, normalement public mais qui n'a pas été diffusé dans la ville, on lit ceci : "la grande majorité des habitants (de la résidence Pergaud) est favorable au projet bien qu'il prévoie la démolition de 144 logements". Or cette affirmation est mensongère comme l'a démontré la pétition signée en mars 2002 par plus de 95 % des habitants que j'ai moi-même rencontrés, dont j'ai envoyé une copie au préfet en son temps.

Comment une telle décision a-t-elle pu être prise ? Ce fut contre l'avis de la SCIC et sous une pression politique intense notamment du député M. Julien Dray qui, lorsque je lui ai demandé s'il n'était pas préférable de consacrer à l'éducation des jeunes les fonds nécessaires à la démolition et à la reconstruction, m'a seulement répondu : "j'ai obtenu pour la ville une subvention de 20 Millions de francs". Voilà donc à quelle absence de jugement mène parfois la quête systématique de subventions.

En 2002, ce projet a été complété par plusieurs opérations qui sont très bonnes pour le quartier des Aunettes et que j'appuie sans réserve. Mais la convention que vous avez signée en décembre 2002 comporte toujours le projet de démolition d'une centaine de logements. Sans doute vous êtes-vous senti lié par les engagements de votre prédécesseur.

En janvier 2003, au cours d'une réunion tenue par le maire, les habitants ont très vivement montré leur opposition à ce projet de démolition et ils ont été appuyés par des interventions de moi-même et d'une dame très honorablement connue dans le quartier et dont la sensibilité politique est très différente de la mienne, ce qui montre qu'il ne s'agit en rien d'une affaire "politicienne". Mais le rouleau compresseur qui conduit à la démolition a été mis en branle.

Le spectacle des deux immeubles promis à la démolition en 2004, déjà à moitié vidés de leurs habitants, est lamentable. Lorsque l'on sait que ces deux immeubles, un de quatre étages et un autre de sept (une "barre sordide" n'est-ce pas ?), réalisés par les architectes de talent Andrault et Parat, sont situés à cinq minutes à pied d'un hypermarché, contigus à un parc, à deux pas d'un gymnase, d'une école, d'un collège et du lycée, on est obligé de se dire que ceux qui ont conçu ce projet de démolition vont à l'encontre de votre politique, Monsieur le ministre, puisqu'ils démolissent des logements sociaux qui précisément correspondent exactement à ce que vous voulez réaliser : de l'habitat social de qualité, bien inséré et bien desservi.

Pour quelle raison le maire précédent a-t-il conçu ce projet néfaste ? Il est difficile de répondre car les raisons invoquées se sont multipliées au fur et à mesure que j'en montrais l'inanité. Sur la page que j'ai ouverte sur notre site internet, se trouve une rubrique : "les raisons varient avec les saisons". La première raison fut "la sécurité". Il fallait ouvrir une voie pour permettre aux policiers de patrouiller. A deux reprises en tête à tête le commissaire de police m'a affirmé que ce n'était certes pas lui qui avait avancé ce motif ! Pour mettre le feu à une voiture, il suffit de quelques secondes : combien de patrouilles faudrait-il pour l'empêcher ? Ce quartier, que l'on présente comme perdu dans le maigre dossier remis à la DIV, a connu des périodes difficiles imputables à quelques individus parfaitement connus et qui, depuis, ont été écartés. Aujourd'hui il est calme. On nous a dit qu'il faut casser des immeubles pour permettre aux véhicules d'urgence d'accéder, ce qui impliquerait, hypothèse absurde, que tel n'était pas le cas depuis trente ans. Le tout à l'avenant.

Il faut que vous sachiez que des habitants des immeubles concernés n'acceptent de quitter leur appartement qu'à condition d'être relogés dans la même résidence, que l'on répond négativement à des personnes qui cherchent un logement en leur disant que la priorité est donnée au relogement des habitants des immeubles menacés de démolition, que l'immeuble dont la démolition est prévue dans la deuxième tranche est un des très rares immeubles de la ville conçus pour recevoir des personnes handicapées.

Alors que les finances manquent, alors qu'on manque de logements sociaux par centaines de milliers, voulez-vous vraiment que soient dépensés des millions d'euros pour ce casse dont la population ne veut pas ? Tout le monde y verra un gaspillage et une insulte pour les personnes qui cherchent un logement.

En écrivant cette lettre au ton direct, je pense à tous ceux qui ont signé cette pétition, aux jeunes parents qui ont là plus d'espace que dans d'autres logements, aux personnes âgées pour qui un déménagement est un arrachement et à tous, qui aiment leur résidence et qui voudraient tellement que l'argent consacré à la démolition et à la reconstruction soit plutôt utilisé pour la réhabilitation des menuiseries (qui laissent entrer le vent, le froid et la pluie, parfois), la création de places de parking, la remise à niveau des espaces extérieurs, la création de locaux associatifs et l'éducation de la jeunesse dès l'enfance.

Et j'espère que l'abandon de ce projet de démolition permettra aussi, dans un contexte financier difficile, de réaliser les autres opérations prévues dans l'ORU.

Je vous prie de recevoir Monsieur le ministre, l'expression de ma haute considération.

                                                                                                Henri PREVOT
 

P.S. : puis-je vous demander de consulter la page consacrée sur cette affaire sur le site de l'association Ste Geneviève Autrement                 go.to/sainte-genevieve     ?   Il suffit d'un "clic" en première page pour y arriver. 
 
 

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Henri Prévot                                                                                                              le 28 novembre 2003

Conseiller municipal de Ste Geneviève des bois 
du groupe Ste Geneviève Autrement 

                                                                                                                          Monsieur Borloo
                                                                                                                          Ministre de la Ville
 
 

Monsieur le ministre




Je vous ai adressé hier une lettre pour vous demander de ne pas donner suite au projet de démolir une centaine de logements dans la résidence de Pergaud, à Ste Geneviève des bois.

La tonalité de cette lettre reflète l'émotion qui est la mienne et celle des habitants devant cette perspective, à la vue d'immeubles bien conçus et bien situés déjà à moitié vidés de leurs habitants.

Je vous ai écrit que prétendre, comme cela a été fait dans le dossier remis à la DIV en octobre 2001, que "la grande majorité des habitants (de la résidence Pergaud) est favorable au projet bien qu'il prévoie la démolition de 144 logements" est une affirmation "mensongère", ce qui, d'après Le petit Larousse, signifie qu'il s'agit d'un "propos contraire à la vérité".

Il convenait que j'apporte des éléments pour appuyer ce que je vous écrivais.

La résidence Pergaud comprend 650 logements. Au mois de mars 2002, j'ai personnellement frappé à environ 400 portes, immeuble après immeuble : systématiquement toutes les portes d'un même immeuble. Environ une sur deux s'est ouverte. Alors, plus de 95 % des personnes à qui j'ai présenté la pétition demandant en particulier : "ne démolissez pas des logements qui sont de qualité" l'ont signée.

Vous trouverez ci-jointe une copie de toutes les signatures recueillies. Lorsque je les ai présentées au conseil municipal, un maire adjoint m'a rétorqué : "manipulation". C'est me prêter beaucoup de pouvoir et ne pas accorder beaucoup de considération aux habitants de cette résidence.

De même, n'est-il pas regrettable que l'ancien maire, aujourd'hui président de la communauté d'agglomération, ait cru pouvoir affirmer publiquement, lorsque la communauté d'agglomération s'est prononcée sur ce projet d'ORU en décembre 2002, que les habitants sont d'accord ?

Cette dame dont je vous ai parlé, dont la sensibilité politique est très différente de la mienne, dit, parlant de cette affaire : "la seule façon de connaître l'avis des gens est d'aller le leur demander ; M. Prévot l'a fait".

En terminant la lettre que je vous avais écrite le 8 décembre 2002, je souhaitais que vous demandiez à un membre de votre cabinet de venir visiter Pergaud. Ce souhait est toujours d'actualité. Je serai très heureux de lui faire rencontrer des habitants.

Je vous confirme par ailleurs que j'approuve les autres actions prévues dans cette ORU. 

Je vous prie de recevoir Monsieur le ministre, l'expression de ma haute considération.

                                                                                                                                            Henri PREVOT
 
 

P.J. les signatures contre la démolition d'immeubles à Pergaud
       copie de la lettre adressée au maire et au directeur général de la SCIC le 26 mars 2002
 
 
 
 

Réponse du directeur de cabinet de M. Borloo
  à lettre de Henri Prévot du 27 novembre 2003
 

Ministère délégué à la ville                                                                               le 23 décembre 2003
et à la Rénovation urbaine

Le directeur de cabinet 
 
 

Monsieur

Monsieur Borloo, ministre délégué à la ville et à la rénovation urbaine, a bien reçu les lettres par lesquelles vous attirez son attention sur l'opération urbaine de Sainte Geneviève des Bois, portant notamment sur la résidence de Pergaud.

Le ministre m'a chargé de saisir Monsieur le Préfet de l'Essonne en lui demandant de porter une attention particulière à la situation que vous évoquez.

Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

                                                                                  Dominique LIGER
 

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Henri Prévot                                                                                                         le 8 décembre 2002

Conseiller municipal de Ste Geneviève des bois 
du groupe Ste Geneviève Autrement 

                                                                                                                             Monsieur Borloo
                                                                                                                             Ministre de la Ville
 
 

Monsieur le ministre

La ville de Ste Geneviève des bois a été retenue pour une opération de rénovation urbaine, ORU, et il y a tout lieu de s'en féliciter.

Comme je sais que vous attachez beaucoup d'importance à la façon dont les habitants sont associés à l'élaboration des projets, je pense utile de vous informer qu'ils se sont massivement prononcés contre le projet de démolition d'appartements ; je souhaiterais vous montrer que cette réaction est tout à fait compréhensible et justifiée et que la démolition d'appartements serait perçue comme un gaspillage de fonds publics.

Le projet qui a été présenté au Comité interministériel à la Ville (CIV) en octobre 2001 prévoit la démolition de 144 logements dans une résidence qui en comprend 650. On lit dans le dossier officiel : "la grande majorité des habitants (de la résidence Pergaud) est favorable au projet bien qu'il prévoie la démolition de 144 logements". Or cette affirmation n'est pas conforme à la réalité.

En effet, après avoir moi-même consulté les habitants et alerté le maire en décembre 2001, voyant que le projet progressait sur les mêmes bases, j'ai proposé systématiquement aux habitants de donner leur avis sur une pétition qui disait : "utilisez bien l'argent public et celui de nos loyers. Ne démolissez pas des logements qui sont de qualité mais entretenez les immeubles, investissez pour l'éducation de la jeunesse".

Avec quelques amis, en mars de cette année, j'ai donc frappé à plus de 400 portes. Tous ceux qui nous ont ouvert, soit environ une porte sur deux, ont signé cette pétition, à 5 exceptions près, ce qui fait un taux de signature de plus de 95 %.

En effet, la qualité de la vie dans cette résidence souffre d'une part du fait que les bâtiments ne sont pas bien entretenus (menuiseries abîmées, humidité dans les sous-sols etc.) et, d'autre part, des désordres causés par quelques jeunes. La façon d'y répondre n'est certes pas, comme cela nous a été dit et répété, d'ouvrir une rue pour permettre à la police de faire des rondes. Il faut entretenir le bâti, aménager des parkings sécurisés et investir pour l'éducation de la jeunesse.

Depuis, ne recevant guère d'informations sur la façon dont progressait ce projet, j'ai interrogé le maire qui m'a répondu le 26 novembre que le projet comportait des travaux de voirie et des travaux de "résidentialisation" ; de plus il s'est félicité que la SCIC ait "enfin" accepté de compter les appartements détruits à leur valeur comptable et non à leur valeur de remplacement. Cela signifie clairement que le maire n'a pas renoncé à son projet de démolition d'appartements.

Certes, il est toujours possible d'améliorer une architecture et un urbanisme quelle que soit leur qualité et il sera facile de démontrer que la situation "après" sera meilleure que la situation "avant" - j'ai compris que la commune s'est dotée des meilleurs outils informatiques pour faire cette présentation. Je ne doute pas que, dans certaines résidences, la meilleure décision soit de démolir. Mais, alors que l'on manque et de crédits et de logements, je suis sûr que la résidence de Pergaud n'est pas, en cela, prioritaire.

En effet l'architecture et l'urbanisme de Pergaud, œuvre des architectes Andraud et Parat, n'est certes pas "criminogène", la densité n'est pas excessive, l'esthétique en est bonne et, surtout, les appartements sont très bien disposés et agencés et sont plus spacieux que les appartements HLM aux normes actuelles.

J'ai été impressionné par le sentiment ou de fatalité, ou de colère ou de détresse que j'ai souvent vu chez les habitants que j'ai rencontrés : ils verraient dans la démolition un gaspillage de fonds publics, une insulte pour ceux qui manquent de logement et, pour ceux qui sont directement touchés, une douleur imméritée.

Quant à la sécurité, le commissaire de police m'a indiqué que ce n'est certes pas lui qui aurait avancé de tels arguments comme justification de ce projet de démolition. D'ailleurs, les désordres se sont beaucoup calmés dans les dernières semaines, depuis qu'une famille bien connue et de la police et du quartier s'est installée ailleurs ; les troubles dont souffre cette partie de la ville sont aujourd'hui localisés dans un autre quartier. L'argument de la sécurité sonne donc faux à tous points de vue.

Tout l'argent disponible doit être employé à l'entretien du bâti, à la voirie, à la création de parkings, à la construction d'un équipement dont le quartier manque cruellement, qui permette aux jeunes et aux adultes de se retrouver pour une vie associative, pour trouver des informations ou une aide personnalisée, assister à des mini spectacles réalisés par de jeunes artistes de la ville, utiliser les nouveaux moyens de communications dans un espace multimédia ou simplement pour causer, regarder ensemble un match à la télé, faire une partie de ping-pong ou de billard, etc. Il manque également d'installations sportives. Nul doute que les besoins unanimement reconnus suffiront pour employer utilement tous les fonds disponibles.

C'est pourquoi, je vous demande avec une courtoise insistance, Monsieur le ministre, de ne prendre aucune décision irrévocable avant que vous même ou votre directeur de cabinet n'ayez visité cette résidence et rencontré les habitants.

Je vous prie de recevoir Monsieur le ministre, l'expression de ma haute considération.
 

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Henri Prévot                                                         le 8 décembre 2001
Conseiller municipal
du groupe Ste Geneviève Autrement

                                                                Monsieur Olivier Léonhardt
                                                                 Maire

Monsieur le maire



Le 10 avril de cette année, votre prédécesseur a réuni tous les conseillers municipaux et quelques responsables associatifs pour leur présenter le projet de restructuration de l'ensemble de logements Louis Pergaud. Les élus du groupe Ste Geneviève Autrement ont formulé quelques remarques : ils ont demandé à recevoir un dossier pour leur permettre d'analyser plus avant le projet, ils ont souhaité visiter des réalisations analogues, ils ont demandé à faire partie du Comité de pilotage ou de suivi de la consultation que le bailleur avait l'intention de conduire auprès des habitants de la résidence, ils se sont interrogés sur la liaison à établir entre la délinquance juvénile et la taille des immeubles et ils ont fait remarquer que l'entretien et les services rendus à la population par le bailleur sont très largement insuffisants.

Cet été, le bailleur a organisé treize permanences pour présenter le projet aux habitants ; il a également demandé à ceux-ci de remplir des fiches "avis et suggestions". Le 11 octobre vous nous avez fait parvenir un compte rendu des permanences et une analyse de ces fiches. Par ailleurs, vous nous avez adressé le 19 novembre une copie du dossier qui a fait l'objet de la consultation.

Plusieurs des membres de notre association sont allés à l'une ou l'autres des permanences organisées par le bailleur. Le projet était présenté comme déjà décidé, la consultation portant seulement sur des aménagements et sur les conditions de sa réalisation.

Or les résultats d'une consultation quelqu'elle soit dépendent bien évidemment de la question qui est posée. Ici, nul ne peut douter que l'injection d'une centaine de millions de francs dans un ensemble de 600 logements environ conduira à une situation meilleure que la situation actuelle ; il n'est donc pas étonnant que, globalement, le projet présenté soit jugé "bon", comme le note le compte rendu.

Pourtant nous avons entendu des habitants qui ne veulent pas que des immeubles soient démolis. Je vous citerai seulement cette réflexion. Alors que je distribuais notre journal du mois d'octobre, j'ai demandé à une dame ce qu'elle pensait du projet. Elle m'a répondu qu'elle y est favorable et a ajouté : "certains habitant sont très remontés ; on prétend que la SCIC veut démolir le 25 Manhès !" ; je lui réponds "mais c'est exact madame" "Quoi ?" dit-elle ; elle n'en revenait pas. J'ai aussi rencontré une autre dame fort opposée à ce projet. Comme je lui demandais si elle en avait fait part au cours de la consultation faite par la SCIC, elle m'a répondu : "il y a une forte pression ; on a du mal à dire que l'on est opposé" et "on nous a dit que c'était déjà décidé".

Ayant entendu à de nombreuses reprises ce genre de réflexion, il nous a paru utile de poser aux habitants une autre question que celle qui a été posée par la SCIC.

L'objectif recherché par la SCIC comme par tous ceux qui s'intéressent à ce quartier est le même : retrouver à Pergaud des conditions de vie paisibles. Pour cela, faut-il mener une opération de restructuration coûteuse ? La question n'est pas nouvelle ; je me souviens l'avoir lue il y a plus de dix ans dans un livre "la relégation " de J.M. Delarue, qui allait devenir peu après Délégué interministériel pour la ville ; il comparait les sommes consacrées aux investissements dans les quartiers défavorisés aux sommes permettant de financer les services à la jeunesse et à leurs parents. A nos yeux la question se pose avec une acuité particulière à Pergaud puisque le bâti, une réalisation des architectes talentueux Andrault et Parat, est de grande qualité et que les dépenses consacrées à l'éducation des jeunes, y compris l'éducation renforcée lorsqu'il le faut, sont rares ou inexistantes.

Nous avons donc consulté les habitants de plusieurs façons.

Nous avons interrogé les personnes rencontrées dans les espaces publics. Nous avons distribué à tous les habitants un questionnaire simple qui présentait deux options ; ceux-ci étaient invités à nous le remettre en mains propres un samedi matin dans le quartier ou à nous le renvoyer par la poste.

Il nous est donc possible de faire un comparaison entre les résultats de la consultation menée par la SCIC et ceux de notre consultation ; ces résultats ont beaucoup de traits communs.

Force est de constater que si les personnes s'expriment oralement lorsqu'on les rencontre, fort peu répondent par écrit : une trentaine à la consultation de la SCIC, une trentaine également à notre consultation (à la différence qu'il s'agit d'une trentaine d'habitants, soit sensiblement plus que le nombre d'habitants ayant répondu à la SCIC). Chaque réponse mérite donc une attention particulière. Vous avez eu connaissance des remarques de Madame Prévot, une habitante de Pergaud, publiée dans le numéro de notre journal du mois d'octobre ; vous trouverez ci-joint une transcription de la lettre reçue d'un autre vieil habitant de la résidence.

Quant à la consultation de la SCIC, une partie des réponses concerne directement le projet de restructuration : le compte rendu indique que quelques habitants souhaiteraient que l'on démolisse encore plus d'immeubles - il est dommage que le compte rendu ne dise pas s'il s'agit d'une demande fréquente ou seulement isolée. Il fait part aussi des craintes suscitées par le projet comme le danger pour les enfants créé par la circulation. Les habitant souhaitent ralentir la circulation, ce qui est précisément l'objectif de l'aménagement de la rue A. Frank telle qu'il se présente aujourd'hui et que le projet veut modifier. Les habitants sont très soucieux des conditions de relogement : il est remarquable que "la totalité rejette en bloc l'idée d'emménager sur le quartier de St Hubert" comme le note le compte rendu ; cette réaction unanime démontre que les habitants n'ont pas une perception négative de leur logement.

Il est tout à fait remarquable que la plus grande partie des observations faites par les habitants ne concerne pas le projet de restructuration mais l'habitat tel qu'il est aujourd'hui.

Sécurisation des bâtiments, développement social et vie locale, aménagement des logements, réhabilitation et aspects techniques, ordures ménagères, parking et boxes, gestion de proximité - dans le compte rendu de la consultation de la SCIC, ces chapitres occupent trente lignes alors que les questions qui touchent directement la restructuration occupent quinze lignes dont six pour traiter des risques nouveaux créés par les nouvelles voies de circulation.

Ce simple décompte suffit à montrer où sont les préoccupations des habitants.

C'est précisément ce que confirme la consultation que nous avons menée.

Nous n'avons pas voulu opposer un projet approuvé par la ville (car c'est bien ainsi que nous a été présenté le projet de la SCIC) à un projet élaboré par notre association. Nous avons seulement demandé aux habitants s'ils souhaitaient que la ville étudie une autre option.

Nous savons quel est le mal qui crée l'insécurité et les désordres dont souffre le quartier : tout simplement un défaut d'éducation de certains jeunes. Pour y pallier, il faut pour certains des maisons d'éducation renforcée, pour d'autres des éducateurs ou des animateurs ; parfois, c'est aux parents qu'il faut savoir s'adresser. 

Par ailleurs, qui peut admettre que dans les appartements les huisseries se coincent, laissent passer le vent, la pluie et le froid, faute d'étanchéité, que dans les immeubles l'aération ne soit pas assurée, que les éclairages et les interphones restent en panne des jours entiers, que les vitres brisées des parties communes ne soient pas remplacées, que dans certains immeubles, les colonnes de vide-ordures soient infestées de cafards ? 
Enfin, est-il nécessaire de démolir des immeubles pour trouver davantage de places de parking alors même qu'en présentant le projet, la SCIC notait l'étendue des "délaissés" ?

Nous avons donc bâti une option alternative qui consiste à ne pas dépenser davantage que pour le projet de la SCIC mais à restaurer un niveau normal de maintenance et à traiter directement les racines du mal dont souffre le quartier. Vous trouverez ci-joint le détail de cette proposition.

La réponse des habitants a été unanime : plutôt que de soutenir le projet de la SCIC, que la commune étudie l'option proposée.

On entend parfois dire que les deux options ne sont pas alternatives car le projet de la SCIC pourrait bénéficier d'un financement que ne pourraient pas recevoir les dépenses prévues dans l'autre projet. Cette remarque ne pourrait être retenue qu'au vu d'un plan de financement et après une négociation avec les différentes sources de financement. On ne voit pas pourquoi la SCIC, le département, la région ou la ville ne seraient pas libres de l'orientation de leurs finances ; quant aux fonds de l'Etat, ils ne représentent qu'une partie limitée du total et l'action des élus pourrait les orienter au mieux des intérêts tels qu'ils sont perçus localement.

En conclusion, tant la consultation menée par la SCIC que celle à laquelle nous avons procédé nous montrent que les dépenses prioritaires concernent, non pas la restructuration urbaine (démolition d'immeubles et percement de rues) mais l'entretien des appartements et des espaces communs d'une part, l'éducation des jeunes d'autre part. Nous constatons qu'avec les sommes que la SCIC est prête à mobiliser avec le concours de l'Etat et des collectivités locales pour démolir plus de cent logements, il serait possible de faire beaucoup plus que ce qui a été fait jusqu'ici au bénéfice des jeunes, pour retrouver la paix.

Nous y voyons l'occasion d'une action systématique et exemplaire.

C'est pourquoi nous vous demandons, Monsieur le maire, d'orienter d'abord l'effort de tous - SCIC, département, région, Etat et aussi notre commune - vers ces réalisations prioritaires, l'entretien et l'éducation des jeunes. Ce n'est qu'ensuite qu'éventuellement des travaux de restructuration urbaine pourraient être entrepris. Mais tout laisse à penser que si les conditions de la sécurité et de la tranquillité sont réunies, personne ne souhaitera démolir des logements dont tout le monde reconnaît la qualité.

Je vous remercie de l'attention que vous aurez portée à ce courrier et je vous prie d'agréer, Monsieur le maire, l'expression de mes sentiments très distingués.
 
 

Henri Prévot le 26 mars 2002
Conseiller municipal
du groupe Ste Geneviève Autrement

        Monsieur Olivier Léonhardt
        Maire de Ste Geneviève des Bois
        Monsieur le Directeur général 
        de SCIC Habitat Ile de France
Monsieur le maire,
Monsieur le Directeur général

Le Conseil interministériel de la ville, le CIV, a décidé le 1er octobre 2001 d’accorder à la ville de Ste Geneviève des bois des crédits pour une opération de rénovation urbaine, ORU, ce dont tous les Génovéfains ne peuvent que se réjouir. Il s’agit désormais d’utiliser au mieux tous les financements qui concourront à la réalisation de cette opération et en particulier les subventions accordées par le CIV, soit 25 millions de francs pouvant servir seulement à financer des investissements.

Ce projet d’ORU porte partiellement sur la résidence Pergaud où il prévoit de démolir trois ou quatre immeubles et d’en écrêter d’autres, selon les conclusions d’une « étude de requalification ». A ce propos, dans le dossier qui a été remis au CIV on lit ceci : « les conclusions de cette étude, commanditée par la Ville et la SCIC, ont fait l’objet d’une exposition et de nombreuses réunions de concertation avec les habitants. Ils adhèrent très majoritairement à ce projet, qui prévoit pourtant la démolition de 144 logements, pour tenter de rétablir des conditions de vie décente ».
Il s’agit là d’un malentendu complet.

Pour connaître l’avis des habitants, nous leur avons dans un premier temps adressé un questionnaire proposant deux options, celle du projet soumis au comité interministériel à la Ville et une autre sans démolition d’immeubles mais avec des investissements et des actions tournés vers l’éducation de la jeunesse. Les réponses que nous avons reçues étaient toutes favorables à la deuxième option.

Faute de voir aucune inflexion dans votre projet, avec quelques habitants nous avons systématiquement frappé à toutes les portes de la plupart des immeubles de la résidence pour proposer de signer une pétition qui demande de ne démolir aucun logement mais de consacrer tous les moyens disponibles à l’entretien du bâti et des espaces communs, à des parkings sécurisés, et à l’éducation de la jeunesse tels une maison des jeunes et de la culture et une maison d’éducation renforcée (selon une convention à rechercher avec le ministère de la justice).

Le résultat le plus intéressant n’est pas le nombre de signatures, représentant plus de 200 foyers car nous aurions pu en obtenir davantage avec plus de temps. Il est dans le fait que 97 % des personnes que nous avons rencontrées ont signé cette pétition. L’accueil que nous avons reçu est quasiment unanime ; il répondait à une impression de gaspillage des fonds publics ( « ces appartements sont très bien conçus »,  « qu’est-ce que ça changera, si on ne s’attaque pas aux vrais motifs de la délinquance ? »), à un sentiment de fatalité (« on nous a toujours présenté ce projet comme déjà décidé »), de brimade injustifiée en particulier contre ceux qui habitent les appartements promis à la destruction et d’offense envers tous ceux qui cherchent un logement ; tout le monde était profondément satisfait à l’idée que ce projet, où l’on met beaucoup d’espoir, pouvait être modifié. 

Vous trouverez ci-joint une photocopie de toutes les signatures.

Vous tiendrez certainement compte de cette volonté quasiment unanime de conserver l’intégrité d’un quartier aimé de ses habitants et de lui redonner le cachet qu’il a perdu. Les sommes qu’il était prévu de consacrer à la démolition de 144 logements et à la construction d’un nombre égal en d’autres endroits seront alors employées à répondre aux besoins les plus criants, c’est à dire l’entretien des bâtiments et des logements, l’aménagement des parties communes et l’éducation de la jeunesse.

Veuillez agréer, Monsieur le maire, Monsieur le Directeur général, l'expression de mes sentiments très distingués.
 

Copie au préfet de l’Essonne
 

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