Au sujet de la chute du mur de Berlin,

Se souvenir      -      le refus de la municipalité

Une lettre au maire
Une question orale posée au Conseil municipal, le 9 novembre
La réponse de la municipalité et quelques commentaires
Un article sur le sujet dans notre bulletin de janvier 2000

 
Lettre au maire
 

Henri Prévot                                                                         le 10 octobre 1999
Conseiller municipal
du groupe Ste Geneviève Autrement

        Monsieur Pierre Champion
Maire
Monsieur le maire

Parmi les dates les plus importantes de ce siècle, celle du 9 novembre 1989, qui vit la chute du mur de Berlin, occupe une place éminente car, avec un grand éclat, elle manifeste la fin d'un régime politique et social qui a marqué l'Europe et le monde pendant plus de soixante dix ans, le communisme.

Certes, l'évolution qui a conduit à cet événement était amorcée depuis plusieurs années ; certes le communisme conserve le pouvoir dans quelques pays. Mais soixante douze ans après la révolution d'octobre, le 9 novembre 1989 fut le jour d'une révolution de novembre pacifique et joyeuse, réellement populaire, celle-là, un raz de marée qui emporta le mur de Berlin, ce monument qui séparait une société de liberté et une société oppressive où régnaient le mensonge, la dénonciation, la police et, souvent, la terreur.

C'est une victoire des peuples de Pologne, de Hongrie, d'Allemagne, qui furent suivis en quelques semaines par d'autres pays d'Europe centrale.

C'est aussi la fin de la guerre froide, qui a fait peser sur notre pays et sur nos alliés la menace effroyable de la guerre nucléaire. Car le 9 novembre est aussi la date d'une victoire complète et pacifique enfin gagnée après plus de quarante ans, la victoire d'une façon de concevoir l'homme dans la société. La chute du mur de Berlin symbolise tout cela.

Certes, nul n'ignore que ces bouleversements ont causé des difficultés qui ne sont pas toutes résolues (et dont nous avons pris une part, au plan économique). Mais qui osera dire que ces difficultés justifient a posteriori le régime dont le 9 novembre 1989 symbolise la disparition ?

Notre ville est d'autant plus concernée qu'elle est jumelée avec deux villes qui ont vécu directement l'une le changement de régime politique, l'autre la réunification de son pays.

Pour empêcher que la mémoire de grands événements ne s'estompe, les autorités politiques locales ont toujours donné à des lieux publics un nom qui les rappelle et célébré régulièrement, sur ces lieux, ces événements.

C'est pourquoi, au nom de Ste Geneviève Autrement je vous demande de proposer au Conseil municipal, lors de sa prochaine séance, qu'une place de notre ville soit nommée "place du 9 novembre 1989 - chute du mur de Berlin".

Veuillez agréer, Monsieur le maire, l'expression de mes sentiments très distingués.
 
 
 

Question orale posée le 9 novembre
     Elle reprend les termes de la lettre au maire ci-dessus, en les complétant.
 

Le dixième anniversaire de la chute du mur de Berlin

Il est heureux que vous ayez reporté la date de réunion du Conseil municipal (*): ce soir, nous pouvons ensemble évoquer la chute du mur du mur de Berlin, il y a très exactement dix ans.

Parmi les dates les plus importantes de ce siècle, celle du 9 novembre 1989, qui vit la chute du mur de Berlin, occupe en effet une place éminente car, avec un grand éclat, elle manifeste la fin d'un régime politique et social qui a marqué l'Europe et le monde pendant plus de soixante dix ans, le communisme.

Certes, l'évolution qui a conduit à cet événement était amorcée depuis plusieurs années ; certes le communisme conserve le pouvoir dans quelques pays. Mais soixante douze ans après la révolution d'octobre, le 9 novembre 1989 fut le jour d'une révolution de novembre pacifique et joyeuse, réellement populaire, celle-là, un raz de marée qui emporta le mur de Berlin, ce monument qui séparait une société de liberté et une société oppressive où régnaient le mensonge, la dénonciation, la police et, souvent, la terreur.

C'est une victoire des peuples de Pologne, de Hongrie, d'Allemagne, qui furent suivis en quelques semaines par d'autres pays d'Europe centrale.

C'est aussi la fin de la guerre froide, qui a fait peser sur notre pays et sur nos alliés la menace effroyable de la guerre nucléaire. Car le 9 novembre est aussi la date d'une victoire complète et pacifique enfin gagnée après plus de quarante ans, la victoire d'une façon de concevoir l'homme dans la société. La chute du mur de Berlin symbolise tout cela.

Certes, nul n'ignore que ces bouleversements ont causé des difficultés qui ne sont pas toutes résolues (et dont nous avons pris une part, au plan économique). Mais qui osera dire que ces difficultés justifient a posteriori le régime dont le 9 novembre 1989 symbolise la disparition ?

Notre ville est d'autant plus concernée qu'elle est jumelée avec deux villes qui ont vécu directement l'une le changement de régime politique, l'autre la réunification de son pays.

Pour empêcher que la mémoire de grands événements ne s'estompe, les autorités politiques locales ont toujours donné à des lieux publics un nom qui les rappelle et célébré régulièrement, sur ces lieux, ces événements.

C'est pourquoi, au nom de Ste Geneviève Autrement je vous ai demandé par une lettre du 10 octobre, dont je viens de lire le texte, de proposer au Conseil municipal, lors de sa prochaine séance, qu'une place de notre ville soit nommée "place du 9 novembre 1989 - chute du mur de Berlin". Comme vous n'avez pas inscrit ce point à l'ordre du jour de notre réunion de ce soirl, je vous renouvelle cette demande.

Par ailleurs, de vrais amis se montrent réciproquement qu'ils participent aux joies, aux émotions de l'autre. Il aurait été tout simplement normal que des manifestations publiques soient organisées avec nos deux villes amies, Obertshausen et Mikolow ; rien n'a été fait, ce qui est déplorable. Mais je vous demande de nous faire savoir quelles démarches, éventuellement, vous avez faites envers ces deux villes et, à défaut, celles que vous avez l'intention de faire.
 

- La réunion, qui était initialement prévue plus tôt, s'est tenue le 9 novembre.
 

Réponse faite par la municipalité par M. Vautier

Dans ce texte, M. Vautier semble considérer que la seule raison de la question orale est de diviser la majorité municipale. Il a ainsi esquivé la vraie question, qui se situait sur un registre autrement plus sérieux. La mémoire est nécessaire : il faut savoir faire son deuil des illusions qui se sont révélées meutrières ; comme le dit Goethe, il faut se souvenir de son passé pour ne pas le revivre : voir notre bulletin de janvier 2000. Non, la municipalité, ne voit dans notre question qu'un risque pour son unité. Sans recourir à Freud, redisons plus plaisemment avec Molière : "qui se sent morveux, qu'il se mouche !". 

Par ailleurs, M. Vautier nous accuse de "contre vérités", réponse habituelle de cette municipalité, qui ne nous a pourtant jamais dit en quoi nos affirmations sont erronées !

Le plus clair et que la municipalité refuse de donner à une place de la ville le nom de "place du 9 novembre 1989, chute du mur de Berlin", donc refuse un lieu de mémoire et de célébration de la fin de ce régime funeste.
 

Monsieur Prévot

S'il y des choses dont j'ai horreur, c'est bien l'usage de la polémique et des contres vérités (1) mais aussi, ce qu'avec bon sens, les paysans de ma Normandie natale disaient de certains : "ils feraient battre les pierres contre les cailloux". Faut-il traduire ?

Vous récents écrits et hélas ce n'est pas nouveau, nous montrent que, malheureusement, vous excellez dans ces domaines. En effet, tantôt vous mettez en cause les socialistes contre les communistes, tantôt les communistes contre l'histoire. D'ailleurs, les mots communistes et communisme reviennent de nombreuses fois dans les textes. Quelle constance ! Dans un autre document, vous recommencez à propos du mur de Berlin.

Il n'y a pas lieu sans arrêt de refaire l'histoire (2) et d'opposer les gens dont la générosité et la sincérité ne font pas de doute. Si on voulait regarder autour de nous, on trouverait bien d'autres crimes commis par des dictateurs de tous bords ou des extrêmistes religienx y compris la religion catholique si on remonte à l'inquisition.(3)

Comme vous le savez, j'ai été éduqué dans les principes de cette religion? Oserais-je vous rappeler ce que j'y ai appris, à savoir ne pas utiliser la médisance, la calomnie (1) mais au contraire, développer les vertus et faire régulièrement son examen de conscience.

Les communistes et les socialistes font partie de la majorité municipale. Comme toutes les autres composantes de ce tte majorité, ils appliquent loyalement une politique qui a été définie en commun. C'est cette diversité qui a fait l'originalité de notre équipe "Ste Geneviève Avant tout" et nous entendons bien poursuivre la voie que nous avons tracée ensemble.

La chute du mur de Berlin est un événement de cette fin de siècle important pour la démocratie,donc pour la liberté des peuples concernés. Il convenait effectivement de faire tomber ce mur issu des absurdités de l'hitoire "Yalta" (4). Rien ne pouvait justifier la division d'un peuple en deux états distincts et enore moins la séparation des familles. Tous les medias nous parlent aujourd'hui de festivités qui vont avoir lieu sur les lieux de l'événement. Peut-être ne l'avez-vous pas entendu, mais ces mêmes médias rendent un hommage à ceux qui ont permis cela et tout particulièrement à l'un d'eux, le communiste Mikhaïl Gorbatchev(5).

Qu'en est-il aujourd'hui de ce beau rêve ? La liberté n'a pas de prix et personne ne songe à revenir en arrière, mais le reste n'a pas suivi. Alors, à "Ste Geneviève Avant tout", aussi, nous faisons un rêve (6) ; qu'il n'y ait plus aucun mur :
- plus de mur de la haine en combattant avec la dernière énergie le racisme et l'antisémitisme
- plus de mur de l'analphabétisme dans un mode où 25% des gens ne savent pas lire ni écrire
- plus de mur de la maladie dans un mode où l'on consacre des sommes considérables pour des matériels de mort plutôt que pour ceux qui sauveraient des vies
- plus de mur de la faim dans un monde où, chaque année, 50 millions de personnes meurenet faute de nourriture.

Monseur Prévot, lui aussi, fait un rêve : celui de diviser la majorité municipale en agitant le vieil épouvantail de l'anticommunisme. Eh bien, Monsieur Prévot, vous ne nous diviserez pas car, à "Ste Geneviève Avant tout" nous sommes unis pour travailler ensemble pour notre ville et les Génovéfains (7).
 
 

- 1 : Rien ne dit, dans la suite, où il y a contre-vérité, médisance ou calomnie !  Cette accusation est donc... calomniatrice
- 2 : Il s'agit de s'en souvenir, comme l'on se souvient, à juste titre, des crimes du nazisme, et comme l'on fait mémoire de la fin de l'exclavage.
- 3 : L'argument est donc le suivant : du moment qu'il y a eu des crimes dans l'histoire, inutile de se rappeler ceux du communisme - qui ont tout de même atteint des sommets !
- 4 : La chute du mur ne reflète pas seulement la fin de Yalta, mais beaucoup plus !
- 5 : Ce qui, selon M. Vautier, suffirait à absoudre le communisme de ses crimes !
- 6 : Nous pouvons faire le même rêve ; mais il ne suffit pas de rêver !
- 7 : Mais non, M. Vautier : vous n'avez rien vu de la portée de notre question ! Quelle myopie !