Le 29 mars 2004, complété depuis

Une réflexion d'économie politique

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La démocratie à Ste Geneviève des bois :

la ressemblance avec ce que Pierre Rosanvallon, dans "La démocratie inachevée" appelle

le césarisme (ou bonapartisme)

est vraiment très impressionnante

voir aussi quatre exemples

et notre édito d'avril 2007 : concertation et manipulation 

Le lecteur pourra se dire que cette réflexion s'applique généralement à la démocratie municipale. Sans doute mais, à Ste Geneviève (ville ou communauté d'agglomération), les traits sont poussés fort loin comme nous le montrons ici. Ils en deviennent par moment pathologiques.

Si le  lecteur trouve que nos commentaires sont trop virulents, qu'il considère seulement les faits rapportés : ils sont assez éloquents par eux-mêmes.

En 1995, la première fois qu’il a présenté une liste aux élections municipales, Henri Prévot a été accusé par le maire sortant, M. Champion, de « ne pas aimer notre ville ». Interloqué, il a demandé pourquoi. La réponse l’a surpris : « parce que vous avez dit du mal de moi ! ». C’était il y a neuf ans. Dans les documents de campagne de M. Champion, aux élections de mars 2004, on retrouve quelque chose du même genre : si vous critiquez sa politique ou celle de ses amis, cela signifie, évidemment, que vous n’aimez pas la ville, que vous n’en êtes pas digne.

Cela rappelle furieusement le césarisme ou le bonapartisme 

Voici quelques notes tirées de la lecture du livre de Pierre Rosenvallon, « La démocratie inachevée ».
 
 
Ce qui constitue le césarisme réside dans une approche de la souveraineté du peuple inscrite dans un triple cadre : une conception de l’expression populaire par la procédure privilégiée du plébiscite ; une philosophie de la représentation comme incarnation du peuple en un chef ; un rejet des corps intermédiaires qui font obstacle à un face-à-face du peuple et du pouvoir. 

« L’Empereur n’est pas un homme, c’est un peuple » écrivait La Guéronnièr de Napoléon III qui, dans la monumentale histoire de Jules César qu’il avait absolument tenu à rédiger a écrit : « la démocratie, confiante et passionnée, croit toujours ses intérêts mieux représentés par un seul que par un corps politique ». Dès 1848, les journaux bonapartistes font de la dénonciation du système parlementaire un de leurs thèmes préférés : « bavards inactifs ». Emile Ollivier, théoricien apologétique de ce bonapartisme dit que grâce au plébiscite, « la souveraineté populaire est toujours vivante et à tout instant peut devenir active ». Il dit aussi, prenant ses distances avec les idées de législation directe : « il n’est pas sensé de soumettre aux délibérations du peuple des lois qui pour être jugées supposent les connaissances que l’on ne trouve pas toujours dans les assemblées d’élite » et l’Empereur aurait dit lui-même : « je veux bien être baptisé avec l’eau du suffrage universel, mais je n’entends pas vivre les pieds dans l’eau ». Le plébiscite est donc à la fois un outil de démocratie et un instrument de régulation : « la soupape de sûreté qui empêche la machine d’éclater » (Granier de Cassagnac).

L’avènement de l’homme-peuple se prolonge implicitement dans la célébration d’un peuple-un, renouant avec une vision unanimiste de la politique. Le plébiscite superpose ainsi, dans une confusion inaperçue par les acteurs, les éléments d’une culture démocratique « moderne » avec les résidus d’une culture sociale « archaïque » de la communauté ; il doit susciter un élan d’ensemble et mieux vaudrait, pour ses promoteurs, une réaction globalement négative qu’un résultat indécis. Le plébiscite vise à superposer la nation comme identité collective, totalité opposable à des tiers, et le peuple comme sujet complexe de la démocratie : la nationalisme se superpose à l’expression de la démocratie.

On ne saurait mieux décrire la « démocratie » à Ste Geneviève des bois.

Contrôle de l’information :

abus du journal municipal contrôlé exclusivement par le maire, au service de sa politique et interdit à l’opposition (sauf une colonne par an), refus de l’information normalement accessible etc. A notre demande, suite à un "rappel à la loi",  les choses sont en train de changer.
 
 

Recherche obsessionnelle de l’unanimité :

      D’abord l'unanimité au sein de la majorité :
                 refus de toute expression publique de la moindre contestation au sein de la majorité : non seulement la teneur des débats au sein de la majorité est soigneusement occultée mais nous avons entendu des élus de la majorité nous dire qu'ils n’osent pas exprimer leur désaccord sur tel ou tel point par crainte d’une réprobation qu’ils ne veulent pas encourir (par exemple sur la démission du maire, moins de tois mois après son élection en 2001, ou sur la démolition d'immeubles à Pergaud)
               diffusion de tracts diffamatoires apparemment signés de tous les élus de la majorité alors que plusieurs d’entre eux en ignoraient même l’existence (juin 2000)
                soutien de la candidature aux cantonales de 2004 de M. Champion par « la municipalité unanime », ce qui peut être exact mais peut induire en erreur les lecteurs qui ne voient pas la différence entre « municipalité » (le maire et ses adjoints) et « conseil municipal ».

      Recherche obsessionnelle également de l’unanimité au conseil municipal :
                  au moment d’un vote sur la date d’une célébration, le maire et ses adjoints ont exercé une pression indécente pour obtenir l’unanimité puis le maire fera publiquement état du vote « presque unanime » du conseil municipal, deux conseillers municipaux n’ayant pas pris part au vote (novembre 2003) 
                  de même le vote « presque unanime » du budget de 2004 (avec deux abstentions)
                  le maire essaiera également  par tous moyens de casser l’opposition et de l’amener à résipiscence, son but avoué étant de parvenir à faire voter son budget par le conseil municipal unanime (en particulier parès les municipales de 2001)
                  en même temps, exclusion des élus de l’opposition de toute démarche qui associe la municipalité et la population : pas un seul élu de l’opposition dans les conseils d’école, pas un seul dans les commissions de concertation quel qu’en soit l’objet : rien qui puisse gêner cette recherche systématique de l’unanimité. 

     Recherche maladive de l'unanimité avec le personnel municipal :
                  - quelle ne fut pas notre surprise de voir dans les documents de propagande de M. Champion, ancien maire de la ville, pour les cantonales de 2004, parmi les quelques photos de Génovéfains qui affichaient leur soutien, celle d'un employé municipal, représentant syndical ! De même plusieurs employés municipaux figuraient sur le photo de groupe, devant la permaence du candidat. C'est grave. Si nous avions la responsabilité de la ville et si un employé nous proposait de participer à notre comité de soutien, nous le remercierions de sa confiance mais nous refuserions. Le maire est à la fois responsable politique et "patron" du personnel ; il doit veiller à ne pas mélanger les genres.
                  - lorsqu'on s'étonne devant le maire qu'il recrute des personnes qui sont des élus de son parti dans des communes voisines, il répond qu'il recrute des personnes en qui il peut avoir confiance. Comment !? Le personnel municipal doit-il être du même parti pour qu'on puisse lui faire confiance ? Et cela ne jette-t-il pas un soupçon sur la neutralité du personnel ainsi choisi ? Encore une fois, c'est le mélange des genres.

Le mélange des genres, c'est la pathologie du césarisme !
 

Recherche, par celui qui a le pouvoir, de la fusion avec la population

Cette pression unanimiste se trouve aussi dans l’organisation de célébrations dont le maire est l’officiant pour des causes qui, évidemment, recueillent l’adhésion de tous, comme la paix. Elle trouve à se manifester à l’occasion des fêtes, cérémonies ou réunions traditionnelles comme les vœux de début d’année, les repas pour les enseignants, le départ à la retraite des employés, les repas mensuels des personnes âgées etc. : chacune de ses réunions (où l’on fait tout pour que l’affluence soit toujours plus grande) est à la fois présentée comme une manifestation de la convivialité dans la commune et mise à profit pour tresser les louanges du maire et de ses amis, éventuellement candidat quelques semaines plus tard ; c’est aussi, systématiquement, l’occasion de plaidoirie politique et d’attaques cinglantes contre un gouvernement opposé ; les élus de l'opposiion n'ont évidemment pas la possibilité de s'exprimer.

La confusion des genres recherche fusionnelle et renforcement de son propre pouvoir – est typique des régimes césaristes.

Cela se voit également dans les relations avec les associations

Il y a quelques années, H. Prévot, en frappant aux portes, a rencontré le président d’une association qui lui a fait part de ses souhaits et qui lui a demandé, en le quittant, de ne pas faire connaître publiquement cet entretien car il risquait de voir ses subventions diminuées. Fantasmes ? Récemment, une personne naguère engagée politiquement et aujourd’hui responsable d’une des grandes associations de la ville a dit qu’elle préférait ne pas afficher de position politique. Certes, une conseillère municipale de Ste Geneviève Autrement préside une association très dynamique et d’autres membres participent aux conseils d’administration d’autres associations. Mais le fait est là : « dans la tête » des Génovéfains, il y a souvent comme une espèce d’autocensure. Le maire ne fait rien pour l’apaiser ! Avant les dernières élections cantonales, il prévient : il faut maintenir l’harmonie entre la municipalité et le conseiller général du canton (c'est-à-dire la personne qui l’a fait élire maire, trois mois après les élections municipales) pour conserver à la vie associative son dynamisme. Et la présidente de l’association la plus importante de la ville (hors le sport) est maire adjointe ; quoi qu’elle dise de sa neutralité, cette situation déverse à larges flots des messages subliminaux on ne peut plus clairs !

La  municipalité veut que sa relation avec la population soit directe.

               Les représentants élus de l'oppostion sont maintenus à distance : les projets de la municipalité sont élaborés dans le secret de l’administration de la commune ou, aujourd’hui, de la communauté d’agglomération, sont peut-être étudiés (nous ne savons pas dans quelle mesure) avec les élus de la majorité liés par le pacte d’unanimité, mais ne sont présentés au conseil municipal que le plus tard possible, ou pas du tout s’il s’agit de projets de la communauté d’agglomération. Les exemples abondent. En voici trois particulièrement éclairants
                    - la démission du maire, M. Champion, trois mois après les élections du conseil municipal et sa propre élection comme maire par le conseil municipal ;
                    - la décision de participer à la création d'une communauté d'agglomération : pour cette affaire qui engageait profondément l'avenir de la commune, la décision a été prise par le conseil municipal au vu d'un "dossier" fait de deux pages seulement qui ne donnait aucune information et même donnait l'impression qu'il ne s'agissait que de s'engager dans une étude ! 
                    - en décembre 2003, le maire a présenté le budget 2004 avec un hausse de la pression fiscale "de 0 à  2 %." Le 30 mars 2004, après les élections cantonales, en réunion du conseil municipal et sans aucun dossier écrit, après une exposé oral approximatif et vague sur la nécessité soudainement et tardivement apparue d'entretenir les rues, il annonce que le hausse des taux sera de 3 % pour la taxe d'habitation et de 5 % pour la taxe sur le foncier bâti (à quoi il faut ajouter l'inflation). Mais, en décembre il avait obtenu un vote positif de tous les conseillers municipaux sauf les deux élus du groupe Ste Geneviève Autrement, et les élections étaient passées sans que la population ne soit informée de l'augmentation réelle des impôts. Le budget présenté manquait de sincérité: voilà, encore, une marque du peu de considération que montre la municipalité à l'égard de la représentation élue de la population.

               L'aversion à l'égard de groupes de concertation qui contestent les orientations officielles :

La concertation avec la population est proclamée, menée formellement lorsqu’elle est imposée par la loi mais laisse fort à désirer dès lors qu'une contestation s'exprime avec constance : plusieurs de ceux qui on participé aux réunions de préparation de l’ORU des Aunettes ont le sentiment amer de s’être fait berner ; qui connaît les comptes-rendus de réunion du comité de développement de la communauté d’agglomération, composé discrétionnairement par le bureau de l’agglomération (et auquel H. Prévot, par exemple, qui en avait manifesté la demande, n’a pas été convié) ?
 

Il ne s’agit pas de procès d’intention : la preuve :

                  M. Champion a explicitement dit qu’il ne voyait pas pourquoi les élus de l’opposition voulaient s’intéresser à la gestion de la commune et son successeur, après avoir donné son accord pour des débats sans vote au conseil municipal sur les programmation pluriannuelles, n’a pas donné suite.

                  Les débats sur les orientations budgétaires sont stériles.

Ainsi, faute de pouvoir s'exprimer en continu, sur de bonnes informations et en connaissant les arguments des uns et des autres, la démocratie à Ste Geneviève ne peut s’exprimer qu’au moment des élections, qui prennent donc la forme d’une approbation par oui ou non de l'ensemble de la politique menée par ceux qui détiennent le pouvoir, ce qui est typique de la « démocratie césariste » qui est la nôtre.

Les efforts de Ste Geneviève Autrement atténuent quelque peu ce qui précède mais sans réellement changer la situation tellement les moyens des uns et des autres sont disproportionnés. 
 

Détenir l’information est donc essentiel, discréditer l’opposition est stratégique.

La forme la plus douce est la suivante : on affirme, on répète à chaque occasion que l’opposition menée par Ste Geneviève Autrement est « systématique » ; peu importe que Ste Geneviève Autrement approuve plus de 80% des délibérations proposées par le maire et explique systématiquement les raisons de ces votes contre et même celles de ses abstentions ; non, elle est « systématique ».

Donc, tout simplement, l’opposition s’exclut elle-même par cette position  ; elle n’est donc pas « nous » ; elle n’est pas digne de notre ville, elle nous déshonore. Nous n’inventons rien : tel est le discours de nos responsables césaristes, non seulement pendant les campagnes mais aussi en réunion du conseil municipal ! Alors, tout est bon pour l’éliminer : la séduction peut être efficace sur certaines personnes, sinon, on sort les grands moyens : insultes, calomnies spontanées ou colportées (le « Prévot d’extrême droite » proféré en mars 1998, repris en 2001 a été ravageur ; on a aussi « Prévot menteur », sans aucune indication précise, Prévot propagateur de rumeur et auteur ou complice de lettres anonymes, en juin 2000). Plus récemment M. Champion a cru trouver plus efficace : en réunion du Conseil municipal à la fin de 2001, il a promis la ruine financière de Ste Geneviève Autrement par le moyen d’un procès intenté par la SEMARDEL pour propagation de fausses nouvelles « avec de gros dommages et intérêts » a-t-il précisé avec un sourire de jouissance. Rien n’est venu car il n’y avait pas de matière, mais il a montré où étaient ses désirs, qu’il avait pris pour des réalités. Et lorsque Henri Prévot déplore de ne pouvoir s'exprimer sereinement au conseil municipal, le maire lui reproche ... de se livrer à des attaques pesonnelles contre les élus (janvier 2004) ! 

Tout cela est sourdement ressenti par la population comme une chape qui recouvre la ville, qui entrave la libre expression et même laisse planer comme une sourde menace.

Nous avons parlé des responsables d'associations. Cela va plus loin. Ainsi cette dame rencontrée par Henri Prévot, là aussi lors d’un porte à porte : « je pense comme vous et  la vie municipale m’intéresse, mais je ne m’y engagerai que lorsque mes enfants auront terminé leur scolarité à Ste Geneviève ».
 

Continuons la lecture de Pierre Rosenvallon, La démocratie inachevée :
 
On ne peut se contenter de considérer le césarisme comme la coexistence perverse de deux éléments – libéralisme et démocratie. Il importe d’approfondir la nature de la raison illibérale qui est à l’œuvre dans cette forme politique. Le trait marquant du césarisme est que les libertés politiques y sont réduites au nom même d’une certaine conception de l’exigence démocratique. La démocratie illibérale est en ce sens une pathologie interne à l’idée démocratique, comme nous l’avons analysé : la représentation-incarnation (pour réduire l’indétermination démocratique), l’illégitimité de toute expression du public qui déborde l’espace des institutions légales, le rejet de tout corps intermédiaire politique. La démocratie illibérale radicalise le monisme révolutionnaire tout en l’associant à une résolution utopique du problème de la représentation.

L’unanimisme est une utopie.        Empêcher ou casser le débat est malsain.

Génovéfains, réveillez-vous !

Toute contribution à cette réflexion est bienvenue ; merci de nous en faire part.
 
voir aussi quatre exemples

Du nouveau au sujet du droit d'expression de l'opposition

Depuis le début de 2002, la loi donne aux élus de l'opposition le droit de s'exprimer partout où la municipalité présente sa politique, journaux et sites internet. Nous avons attendu quelque temps pour voir si le maire allait appliquer la loi. Le temps passant, il a fallu que nous rappelions au maire cette obligation légale, en juin 2004. En nous disant qu'il n'était pas au courant (!), il ne l'a pas contestée. A partir de janvier prochain (2005), normalement nous pourrons nous exprimer dans tous les numéros.


Concertation, manipulation : quatre exemples concrets




Création de la Communauté d'agglomération / démolition de 100 logements bien conçus et bien situés
/ financement d'une salle de prière pour les musulmans / Plan local de l'urbanisme


Dans le premier cas, le maire a procédé par la ruse. Dans le deuxième cas, par l'usure : l'affaire a duré plusieurs années et les gens, à force, se sont lassés. Dans le troisième cas, c'est l'usage de la force. Dans le quatrième cas,  il y a de la ruse à présenter deux projets pour en faire passer un - mais cela présente le risque de soulever une opposition non maîtrisée !

Dans tous les cas, le maire n'a fait aucun effort pour consulter la population (il a vraiment fait le minimum !). Et, dans tous les cas, il a menti.

Concertation, consultation, manipulation - de l'une à l'autre, pour des gens habiles qui disposent d'importants moyens d'information, il n'y a pas loin !

Mais le maire, en se faisant imposer une décision, a expérimenté les risques de la démocratie directe et des "comités populaires" chers à la candidate qu'avec MM. Dray et Champion il soutient.




- La création de la communauté d'agglomération du Val d'Orge : on nous dit que la décision n'est pas prise, puis on fait des réunions de concertation (sans faire d'effort pour que beaucoup de monde y participe), puis on nous dit que la décision est déjà prise.

- La démolition de 100 logements à Pergaud : on présente un projet à la concertation sans faire d'effort pour que beaucoup de monde y participe, on dit que tout le monde est d'accord, on ignore une pétition de 95 % des personnes qui s'y opposent, on crée quelques groupes de concertation et on leur laisse croire que le projet de démolition peut être revu, on fait signer par sept institutions une convention qui prévoit la démolition de 100 logements puis, face au mécontentement de la population, on dit que le projet n'est pas arrêté et qu'il peut être modifié, mais le projet se réalisera exactement comme prévu dans la convention.

- Le financement d'une salle de prière pour les musulmans : on finit par donner un accord oral au projet présenté par une association qui est décidée à financer elle-même la construction de la salle de prière, on consulte les élus d'opposition qui donnent leur accord, puis on change complètement d'avis et, malgré le désaccord d'une grande partie de nos concitoyens musulmans (et de Ste Geneviève Autrement), on les oblige à accepter que la salle de prière soit un bâtiment municipal, mis à disposition à titre précaire et révocable.

- Le PLU et la construction de logements à la place des terrains de tennis : on fait des réunions de concertation sur le PLU sans faire d'effort pour que beaucoup de monde y participe, on fait voter au conseil municipal un projet de construction sur le terrain des tennis ; en même temps, on prépare un projet de PLU où toute l'avenue de l'Eperon change de statut de sorte qu'elle pourra devenir comme l'avenue G. Péri sans donner aucune justification ; face à l'opposition de la population à ces deux projets, on lâche prise sur l'avenue de l'Eperon et on affirme qu'il n'y a pas de projet sur les terrains de tennis ; il apparaît alors que le changement de statut de l'avenue de l'Eperon était là comme un moyen de marchandage - mais l'opposition fut si forte que le retrait du maire sur une position prévue à l'avance eut tout l'air d'une déroute.


La décision de créer la communauté d'agglomération du Val d'orge

- Au conseil municipal du 25 mai 2000 le maire présente un projet de création d'une communauté d'agglomération en disant qu'il s'agit du début d'un processus ; il dit aussi que cela pouvait soulever des questions auxquelles il ne pourrait pas encore répondre puisqu'il s'agit de lancer des études. Et la note explicative jointe au projet de délibération tient en une page.

- Durant l'été 2000 le maire a convoqué quatre réunions publiques dites "de concertation" au sujet de ce projet de Communauté d'agglomération. Fort peu de monde y a participé.

- En octobre, quelle ne fut pas notre surprise de recevoir un projet de délibération : "vu la décision prise le 25 mai 2000 de créer une communauté d'agglomération" ! Le maire nous avait présenté une étude alors qu'il s'agissait d'une décision. Les réunions de "concertation" portaient sur quelque chose qui était déjà décidé. Notre groupe de Ste Geneviève Autrement a vivement réagi - mais en vain, bien sûr.

Voir tout le dossier en cliquant  ici


La décision de casser une centaine de logements très bien conçus et très bien situés

- En 2000, à l'initiative de la ville, une étude est financée par la ville et par la SCIC

- En avril 2001, réunion des conseillers municipaux et de quelques représentants d'association pour présenter le projet de restructuration de Pergaud avec la destruction de 100 à 160 logements. Pas de dossier préalable, une discussion réduite au minimum, pas de compte rendu des débats. Les motifs présentés étaient inconsistants ou fallacieux.

- Durant l'été 2001, constitution d'un dossier de demande de crédits pour une Opération de rénovation urbaine (ORU) sur l'ensemble du quartier des Aunettes, le point fort de ce projet étant la restructuration de la résidence. On y lit : "les habitants adhèrent très majoritairement à ce projet, qui prévoit pourtant la démolition de 144 logements". Cette affirmation est fausse, comme la suite va le montrer.

- Le 1er octobre 2001, ce projet est retenu comme un projet d'ORU donnant droit à une subvention de l'Etat de 25 MF (3,3 millions d'euros).

- En mars 2002, Ste Geneviève Autrement va à la rencontre des habitants pour leur proposer de signer une pétition: "utilisons bien l'argent de nos impôts et de nos loyers". Nous avons frappé à plus de 400 portes (sur 650) ; environ 200 se sont ouvertes ; la pétition a recueilli un accord quasi unanime - seules cinq personnes se sont montrées favorables au projet de démolition. Une lettre a été adressée au maire, au préfet et au directeur général de la SCIC avec copie de la pétition signée.

- Le 17 décembre 2002, vote par le conseil municipal d'une convention qui prévoit, entre autres choses, la démolition de 100 logements. Le maire déclare que ce projet "n'est pas inscrit dans le marbre" et que les actions prévues peuvent être abandonnées après consultation des habitants. Aux observations des élus de Ste Geneviève Autrement, le maire a répondu avec violence.  Il indique que les opérations de démolition ne se feront pas si les habitants ne sont pas d'accord. Il dit aussi que le ministre lui a dit qu'il serait possible d'ajouter d'autres actions à l'ORU.

- Le 11 janvier 2003, le maire a tenu une réunion avec les habitants de Pergaud où il leur confirme que rien n'est décidé et les invite à participer à une "concertation". Les habitants ont confirmé leur opposition.

Le projet se réalisera exactement comme il avait été prévu dans la convention signée en décembre 2002, sans tenir compte de l'opposition des habitants et malgré toutes les professions de foi du maire, jurant que rien ne serait fait sans l'accord des habitants.

Voir tout le dossier en cliquant ici  



Le financement d'une salle de prière pour nos concitoyens musulmans

Depuis plusieurs années, comme les catholiques, les protestants et les juifs, les musulmans de Ste Geneviève des bois souhaitent avoir un lieu de culte dans notre commune. Ils ont demandé à la municipalité un lieu pour contruire une salle de prière qu'ils financeraient eux-mêmes.

- Le 14 octobre 2003, après bien des tergiversations, la municipalité a réuni les président de groupes du Conseil municipal pour les informer qu'elle était parvenue à un accord avec l'association des musulmans de Ste Geneviève.  Le maire nous a dit alors tout le bien qu'il pensait des animateurs de l'assocation et nous a affirmé qu'il présenterait ce projet au conseil municipal à la condition que les élus quie ne font pas partie de la majorité donnent leur accord.

- Le 25 octobre 2003 nous avons rencontré les responsables de l'association des musulmans. Nous avons abordé tous les sujets sensibles. Toutes les réponses qui nous ont été données nous ont convaincu que nous pouvions donner notre accord à ce projet. Nous l'avons écrit au maire le 3 novembre.

- Le 23 février 2005, le maire invite les chefs de groupe du conseil municipal à une autre réunion. Il nous a dit qu'il avait modifé sa proposition à l'association. En fait la commune prendra en charge intégralement le financement de cette salle de prière du rite musulman ; elle espère recevoir des subventions à hauteur de 50 % environ et empruntera l'autre moitié. Cette construction sera mise à la disposition des musulmans "à titre précaire et révocable" selon une convention valable un an et reconductible par tacite reconduction.

- Après avoir consulté les membres de Ste Geneviève Autrement et plusieurs de nos concitoyens musulmans, pour éviter toute ambiguïté et pour que les choses soient bien claires, Henri Prévot a demandé à rencontrer personnellement le maire pour lui dire qu'il n'est pas d'accord avec le nouveau projet de la municipalité et en donne les raisons. Il fait des propositions pour répondre aux observations du maire.

-En avril 2005, le maire a présenté à l'ensemble des musulmans sa nouvelle proposition - en fait ce n'est pas une proposition puisqu'il n'y a pas de discussion possible. Alors que tous les musulmans souhaitent une salle de prière et que ce souhait est légitime, ils furent très nombreux à manifester clairement  qu'ils préféraient en payer eux-mêmes la construction ; ils ne voulaient pas passer pour des privilégiés et ils préféraient agir comme les fidèles des autres religions.

- Le 28 juin 2005, le maire fait adopter par le conseil municipal le principe d'une salle de prière entièrement financée par la commune (qui espère une subvention du conseil général), la salle étant mise à disposition des musulmans à titre précaire et révocable.

- Le 13 février 2007, vote d'une convention avec une association de musulmans et ADOMA (anciennement Sonacotra) selon les modalités décidées par le maire.


Voyez le dossier en
cliquant ici.  



 Quatrième "exemple"  de "concertation" entre la municipalité et les habitants

Le PLU (plan local d'urbanisme) - le cas du quartier Eperon, Guy Moquet, terrain de tennis

- En 2006 la municipalité prépare un plan local d'urbanisme, PLU. Peu de monde y participe. Est-ce de la faute de la municipalité. Lorsque'elle veut faire venir beaucoup de monde, elle sait comment faire ! Disons donc seulement qu'elle n'a rien fait de particulier pour que les gens se sentent concernés.

- le 21 novembre 2006, le conseil municipal est  saisi d'un projet de  PLU et doit  dire s'il est d'accord pour que ce projet soit soumis à l'enquête publique.  Le maire n'avait pas prévu de donner un exemplaire du dossier aux conseillers municipaux. Ste Geneviève Autrement a dû insister vigoureusement pour disposer d'un exemplaire  !  Ste Geneviève Autrement montre en quoi le projet pourrait être amélioré, mais donne son accord pour que, tel qu'il est, il soit présenté à l'enquête publique, tout en demandant que ses observations soient portées à la connaissance du public.

- le 19 décembre, le conseil municipal approuve une convention entre la commune et la SOGERM qui mentionne précisément  un projet de construction de 65 logements à l'emplacement des terrains de tennis : le nombre de logements, les surfaces au sol, le financement sont présentés précisément.

- En mars 2007, se déroule l'enquête publique. Les habitants qui habitent près du terrain de tennis et de l'avenue de l'Eperon voient alors qu'à la place des tennis et tout au long de l'avenue de l'Eperon il sera possible de construire des construction de 2 étages en front continu. Ils s'opposent au changement de classement de l'avenue et demandent des informations sur le projet de construction sur les tennis.

- Le 3 avril 2007, en réunion publique, le maire fait face à deux cents riverains très remontés contre ses projets. Il affirme avec force que, sur les terrains de tennis, "il n'y a pas de projet" ; qu'il est donc impossible d'en discuter. Il s'engage à consulter les habitants sur le projet, "lorsque il existera". Ces fortes affirmations, bien que contraires à la vérité, et cet engagement lui permettent de reprendre le contrôle de la réunion. Mais devant l'hostilité des participants qui s'expriment avec de plus en plus de force, tout à trac il annonce qu'il renonce au projet de changement de statut de l'avenue de l'Eperon. Quelques applaudisements saluent ce revirement espéré sans doute mais soudain. La réunion aurait pu s'arrêter là mais l'adjoint au maire chargé des relations institutionnelles, par ailleurs président de la communauté d'agglomération, a cru devoir faire des commentaires qui se sont perdus dans un brouhaha réprobateur.

Question : le maire n'avait donné aucune justification du changement de statut de l'avenue de l'Eperon ; celui-ci n'a-t-il pas été mis dans le projet de PLU... pour pouvoir être enlevé ? Cela aurait pu permettre au maire de montrer qu'il tient compte de l'avis des habitants et de faire passer son projet de construction sur les terrains de tennis alors que d'autres projets pourraient être beaucoup plus intéressants pour la commune. Mais la réaction des habitants a été tellement forte que le maire n'a plus contrôlé le processus. Il aurait dû dire que le projet avait été étudié avec soin et indiquer les motifs de ce changement de statut de l'avenue ; il aurait ajouté qu'il était prêt à le réétudier en tenant compte de l'avis des riverains ; il aurait alors invité la population à désigner une délégation qu'il aurait invitée dans son bureau pour en parler avec ses adjoints et les services techniques de la ville. Mais, sans doute dépassé, il a déclaré tout de go qu'il changeait son projet sans même en parler au bureau du conseil municipal et sans rien "négocier".

Trois enseignements :
- si les habitants n'avaient pas réagi, l'avenue aurait changé de physionomie et le quartier rue des Chasseurs- Mermoz et autres aurait été enclavé entre l'avenue de l'Eperon, Carrefour et les grands ensembles.
- Il est peut-être malin de présenter deux projets pour en faire passer un, mais cela présente le risque de se faire dépasser par les événements. Les riverains ne s'en sont pas laissé compter. Espérons que le maire ne parlera pas de la qualité de la "concertation" avec la population !
- Plus généralement, cette expérience démontre les aléas d'une démocratie directe avec comités populaires tels que les aiment Mme Royal et ceux qui la soutiennent, ici MM. Dray, Champion et Léonhardt. Le pouvoir essayera toujours de les manipuler ; le risque est de se faire déborder. Dans ce cas, le bon sens a parlé mais le maire y a perdu de l'autorité, ce qui n'est pas bon. Et  il arrivera qu'un comité populaire soit moins sage, ou même qu'il soit insensé.

Voyez le dossier PLU en cliquant ici  ; notre édito sur concertation et manipulation 

Quatre exemples de concertation à la mode Champion-Léonhardt
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