Révision du plan d’occupation des sols

Le projet d’aménagement et de développement durable de Ste Geneviève des bois

Le PADD a été approuvé par le conseil municipal en décembre 2005. Il a servi  de base à la préparation d'un projet de PLU, plan local d'urbanisme qui a été présenté au conseil muniicpal en novembre 2006 avant d'être mis à l'enquête publique (prévue en mars 2007). Voir ici une présentation du projet de PLU et les observations que nous avons faites au conseil municipal.

Commentaires généraux sur le PADD :

 
Résumé : Le PADD prévoit d’apporter une réponse à des questions qui se posent depuis déjà longtemps mais ne prend pas en considération comme il convient des questions qui se poseront demain avec acuité : la lutte contre l’effet de serre, le vieillissement de la population notamment. Curieusement, il ne dit rien des conditions qui devront être posées à la mise en valeur des terrains de l’hôpital Perray-Vaucluse. Par ailleurs, il ne dit rien non plus sur la façon de mener une concertation qui permette réellement l’expression et l’étude de propositions ou d’orientations différentes de celles qui ont été préparées par la municipalité.

Voir ci-dessous :

- Tribune de Ste Geneviève Autrement parue dans le journal Votre Ville de janvier 2006

- Intervention au conseil municipal du 13 décembre 2005 des conseillers municipaux du groupe Ste Geneviève Autrement

- Commentaires sur le projet plus précis préparé par la SOGERM.

Le plan de cette note

- Le PLU dans l’ensemble des travaux de programmation de l’Ile de France et de la communauté d’agglomération du Val d’Orge

- Pour Ste Geneviève, deux documents différents : celui de la municipalité et celui de la SORGEM

- Le Projet d'aménagement et de développement durable présenté par la municipalité : ses quatre thèmes et ses préconisations ; les observations de Ste Geneviève Autrement sur chaque thème et les commentaires généraux

- Le projet préparé par la SORGEM, avec cinq axes et une quarantaine de projets ; les commentaires de Ste Geneviève Autrement.


 

Le PLU dans l’ensemble des travaux de programmation de l’Ile de France et de la communauté d’agglomération du Val d’Orge

Le Plan d’occupation des sols (POS) sera remplacé par un Plan local d’urbanisme, PLU. Pour préparer le PLU, la municipalité a fait un PADD, projet d’aménagement et de développement durable, qui a été présenté au conseil municipal le 13 décembre 2005. Le PLU est établi pour dix ans.

 Comme le POS, le PLU comprendra des clauses « opposables aux tiers », c'est-à-dire d’application obligatoire. Dans les POS, la liste des obligations qui devaient y figurer était fixée par la loi, la même pour toutes les communes. Quant aux PLU, la loi fixe la liste des obligations qu’ils devront tous contenir, comme la distance des constructions aux limites de parcelles, et une liste d’obligations que les communes pourront y inscrire si elles le décident. Le fameux coefficient d’occupation des sols, le COS, ne sera pas obligatoire : il appartiendra à la commune de décider si elle fixe un COS maximum ou non.

Avant le PLU, la commune doit élaborer un PADD. Par ailleurs, la communauté d’agglomération du Val d’Orge, la CAVO, doit dresser un schéma de cohérence territorial et la région un Schéma directeur, pour l’Ile de France le SDRIF.

Ajoutons que le « conseil de développement » de la CAVO a élaboré un « agenda 21 », programme de développement durable, et demande à être associé à la préparation du SCOT.

Dans l’ordre logique, il vaudrait mieux que le premier document soit le SDRIF, puis le SCOT puis le PADD et son PLU. Pratiquement, les choses se feront dans le sens inverse, en commençant par le PLU et en terminant par le SDRIF. A Ste Geneviève, la municipalité prévoit de voter son PLU au milieu de l’année 2007.

Certes l’urbanisme est de la responsabilité des communes. Le SCOT sera une simple addition des PLU. Mais on peut penser que la région, même là où le SDRIF n’aura pas de force contraignante accordera des subventions aux communes qui se conformeront au SDRIF. On peut donc prévoir que le PLU que prépare la commune sera modifié pour tenir compte peut-être du SCOT, assurément du SDRIF.
 

Le Plan d’aménagement et de développement durable de la ville de Ste Geneviève des bois

Le dossier présenté par le maire au conseil municipal comprend un projet de délibération, une note de présentation d’une page, un ensemble de planches intitulé « Plan local d’urbanisme de Ste Geneviève des bois, réunion de concertation du 1er décembre 2005 » à l’en-tête de la ville de Ste Geneviève des bois et un autre ensemble intitulé « le projet d’aménagement et de développement durable » signé de la SORGEM et daté de novembre 2005 (avec la mention « document provisoire confidentiel – ne pas diffuser » (les documents présentés an conseil municipal sont publics depuis le jour des délibérations).

A noter que le document « PLU » et le document provisoire « PADD » sont organisés différemment

- le projet de PAAD a cinq « axes », le PLU a « quatre thèmes »

- le projet de PAAD présente, pour chaque axe, trois ou quatre « objectifs » et entre cinq et dix actions ; le document PLU présente trois ou quatre « préconisations » par thème.

Il est probable que la délibération du conseil municipal a porté sur le document PLU, plus récent que le précédent et plus simple. Néanmoins, après avoir présenté ce document PLU, nous présentons également le document « provisoire » établi par la SORGEM.
 

 Le document PADD- PLU à l'en-tête de la  commune

Il est indiqué que l’élaboration du PLU doit associer les habitants. La municipalité a tenu des réunions de concertation à la fin de 2005. Peu de publicité a été faite sur ces réunions qui, d’ailleurs, on réuni fort peu de monde (pas plus de cent en tout si l’on ne tient pas compte des conseillers municipaux, de leur famille et du personnel municipal). Le programme de travail prévoit de poursuivre cette concertation pendant la phase d’élaboration du règlement d’urbanisme, tout au long de l’année 2006.

Les quatre thèmes : vivre ensemble, travailler, se déplacer, profiter de l’environnement et du patrimoine.

Thème 1 : Vivre ensemble

            Quelques éléments du diagnostic :

En 1999, la ville comptait 32 125 habitants contre 30438 en 1982. La taille des ménages a tendance à diminuer : le nombre de ménages de une ou deux personnes est passé de 5400 à 6800 alors que celui des ménages de 3 ou 4 personnes a légèrement diminué.

« Des équipements nombreux et bien répartis », selon le document qui montre une carte des implantations des équipements culturels, socio-sanitaires et sportifs.

« Un équilibre global des types de logement mais une concentration du logement social ». Le parc de location HLM représente 28 % , le parc de location privé 13 %, les propriétaires 56 %.

            Les préconisations du PADD :

Penser l’avenir

- En renouvelant l’habitat dans les quartiers sociaux et en créant une mixité résidentielle

- En favorisant la construction de logements conformes aux besoins des habitants

- En privilégiant l’équilibre dans les types de logements : social/privé et collectif/individuels

Mieux relier les quartiers par les voies et par la localisation des équipements.
 
Commentaires

- Pour équilibrer l’habitat, la première action de la municipalité fut de détruire des logements sociaux très bien conçus ! Un gaspillage et une insulte pour tous ceux qui cherchent un logement.

- Sur ce thème « vivre ensemble », on s’étonne de ne rien voir pour les handicapés : la circulation en fauteuil roulant est très difficile à Ste Geneviève des bois – et un des immeubles promis à la démolition est un des très rares à Ste Geneviève à être conçus pour héberger des personnes en fauteuil roulant.
 

Thème 2 : travailler à Ste Geneviève des bois

            Quelques éléments du diagnostic :

- L’emploi à Ste Geneviève des bois est passé de 7761 en 1999 à 8692 en 1999, dont 85 % dans le tertiaire, 9 % dans l’industrie et 6 % dans la construction.

- Le nombre de chômeurs de 1323 en 1990 à 1720 en 1999.

- La municipalité écrit dans son document :

« Un emploi dynamique ; des emplois tertiaires majoritaires mais peu d’activités de bureau ; des artisans et des PME nombreux et répartis dans tous les quartiers. »

La municipalité présente une carte où figurent les implantations commerciales : on y voit la « zone commerciale de la Croix Blanche », le magasin Carrefour et une douzaine de petits cercles distribués dans les différents quartiers et présentés comme autant de : « pôles commerciaux de proximité ».

Commentaires :

- Nous avons demandé à la municipalité une carte des implantations de PME et d’artisans

- La carte qui présente les implantations commerciales est presque facétieuse : une cordonnerie isolée est présentée comme un « pôle commercial de proximité ». La municipalité voudrait-elle cacher que la concentration du commerce nuit au petit commerce de proximité ?

            Les préconisations du PADD

- Maintenir le commerce le long des axes structurants

- Permettre et préserver l’activité des TPE/TPI dans les quartiers

- Améliorer le site de la ZAE Croix-Blanche.

Commentaires :

- Les TPE/TPI sont les très petites entreprises et très petites industries ; la ZAE est la zone d’activités économiques.

- Les « axes structurants » sont l’avenue G. Péri et la route de Corbeil. Il y a déjà dix ans nous avions proposé de ne pas étaler les commerces tout au long de cette avenue G. Péri mais de les regrouper  près de la gare, selon un plan à long terme. Mais le POS a organisé cet étirement qui présente de nombreux inconvénients puisque l’on est obligé de reprendre sa voiture pour aller d’un magasin à un autre. La question se pose de savoir si aujourd’hui il est possible de regrouper le commerce dans le bas de l’avenue G. Péri ou s’il faut prendre son parti de cet étirement sur deux kilomètres.

 

Thème 3 : se déplacer à Ste Geneviève des bois

            Eléments du diagnostic

- Une commune bien desservie, victime de son attractivité et de problèmes de stationnement

- ¾ des habitants actifs travaillent à l’extérieur de la commune ; 61% prennent leur voiture.

Commentaires

- « Bien desservie » ? Pourtant plus de six Génovéfains sur dix prennent leur voiture pour aller au travail. Et la desserte de la gare, le soir, laisse à désirer.
 

            Les préconisations du PADD

- Améliorer le stationnement près des grands équipements et rue Gabriel Péri

- Intervenir auprès des autorités de transport pour assurer une meilleure desserte et de nouvelles liaisons avec les sites d’emploi

- Aménager et mettre en réseau des circulations douces dans le cadre du schéma communautaire.

Commentaires

- La question du stationnement ne sera pas résolue par quelques places supplémentaires près des grands équipements et rue G. Péri car elle est beaucoup plus profonde. Il faudrait que les propriétaires de voitures soient amenés à se préoccuper de la façon de garer leurs véhicules, surtout s’il y a plus d’une voiture par ménage (il n’y a pas assez de place le long des trottoirs).

- Il faudrait surtout que les ménages soient moins nombreux à ressentir la nécessité d’avoir plusieurs voitures. Cela demande une politique très active de développement de l’usage des deux roues. Or le Plan de déplacement urbain arrêté par la Communauté ne considère pas que c’est une priorité. Et l’aménagement de pistes cyclables sera loin d’être suffisant. Il faut un ensemble d’actions, d’animations, d’incitations : aménagement de sécurité, nombreux parcs à vélo gardiennés ou surveillés, une flotte de vélos pouvant être loués pour chaque trajet etc.


Thème 4 : profiter de l’environnement et du patrimoine

            Eléments de diagnostic

Un patrimoine naturel et bâti, riche et diversifié : une carte cite le Vieux Peraay, l’école F. Buisson, l’hôtel de vielle, le Donjon, la grotte, les Bornes royales n°16 et 17, la maison Soufflot, l’école H. Cocheris, l’église de la route de Corbeil, le cimetière russe, l’église orthodoxe, le village de Liers.

Commentaires

Il faudrait y ajouter l’œuvre des architectes de talent Andrault et Parat, à savoir la résidence Louis Pergaud : des immeubles très bien conçus, des appartements spacieux, aucun d’entre eux ne donnant sur les autres, des formes architecturales très soignées qui rappellent le Corbusier, très bien situés près d’un parc, du magasin Carrefour, d’une école, d’un collège, d’un gymnase, du lycée, de la piscine et de stades. De plus, dans quelques immeubles, les appartements ont été conçus pour pouvoir héberger des personnes en fauteuil roulant et dans les principaux immeubles, des salles étaient prévues pour une vie collective : un parfait exemple d’urbanisme réussi.

            Les préconisations du PADD

- Conserver la mémoire patrimoniale

- Préserver et entretenir le capital naturel de la commune

- Préserver la trame historique des lotissements pavillonnaires

- Préserver les vieux bourgs et protéger les monuments remarquables

- Protéger les espaces boisés

- Préserver les parcs et jardins

- Valoriser les lieux entre les espaces verts (paysages et circulations)

- Valoriser la présence de l’eau
 

Commentaires

- La municipalité, pour des raisons obscures a décidé de démolir une centaine de logements de la résidence Pergaud – à noter que les personnes expulsées pour cause de démolition ont toutes souhaité rester dans la résidence.

- Aucune préconisation ne porte sur la relation entre la ville et le cimetière russe, qui pourtant pourrait être le support d’une action culturelle ambitieuse.

- Rien n’est dit de la gestion des eaux de pluie.

- Rien n’est dit de la question du bruit – bruit de la circulation, bruits de voisinages dans certains quartiers de la ville.

 

Commentaires généraux de Ste Geneviève Autrement
 

Tribune de Ste Geneviève Autrement parue dans le journal Votre Ville de janvier 2006

L’avenir de notre ville : discutons-en

 Le conseil municipal a examiné les orientations du « Plan d’aménagement et de développement durable », le PADD. Puis ce sera le « plan local d’urbanisme », le PLU, qui remplacera le POS. Le PLU orientera la politique de la commune et fixera les règles d’urbanisme qui s’imposeront à tous. C’est donc important.

La municipalité dit qu’elle veut discipliner la circulation et le stationnement, qu’elle mènera des actions culturelles autour du cimetière russe, que les habitants des pavillons devront retenir les eaux de pluie sur leur terrain ; elle veut plus de mixité sociale, et plus d’autobus en soirée etc. Nous en sommes tout à fait d’accord.  D’ailleurs nous avions signalé tout cela et fait des propositions très concrètes depuis plus de dix ans. Mais ces orientations ne disent rien, ou presque, sur les enjeux majeurs de demain.

Or il ne suffit pas de dire aujourd’hui que l’on traitera demain les problèmes que l’on connaît bien depuis hier ou avant-hier. Il faut traiter dès aujourd’hui les questions qui, sinon, soulèveront des graves problèmes demain.

La grande affaire de demain, c’est l’effet de serre. Le PADD n’en dit rien. Pourtant la commune peut faire beaucoup. Deux exemples :

- Il ne suffira pas de faire quelques pistes cyclables sur les trottoirs ; il faut des cheminements pour vélos, des parcs sécurisés, des vélos accessibles avec une carte bleue (comme à Lyon) etc.

- Dans les immeubles collectifs, des réseaux de chaleur peuvent utiliser la géothermie profonde ou du bois (déchets et élagage) ; il faudra calculer l’aide de l’ADEME.

Autre problème de demain : le vieillissement de la population. Conséquence pour notre ville : il nous faut retrouver plus de commerces et services de proximité.

Le développement durable, c’est aussi intéresser tout le monde. Pour cela il faut des débats. Ste Geneviève Autrement veut animer le débat mais le maire acceptera-t-il de faire étudier les idées que nous proposerons et de nous donner assez de place dans le journal pour nous exprimer ?

 

 Réunion du conseil municipal du 13 décembre 2005 : Débat sur les orientations générales du projet d’aménagement et de développement durable (PADD) - Intervention de henri prévot, pour le groupe Ste Geneviève Autrement

Le PADD comportera un PLU, plan local de l’urbanisme, document contraignant opposable aux tiers, qui remplacera le Plan d’occupation des sols POS. Le PADD doit être compatible avec le SCOT, schéma de cohérence territorial, sur lequel la communauté d’agglomération du Val d’orge a commencé à travailler ; et celui-ci doit être compatible avec le schéma directeur de la région Ile de France, le SDRIF, dont l’élaboration vient juste de commencer. L’ordre logique aurait donc été de commencer par le SDRIF, puis le SCOT, puis le PADD. Il se trouve que l’on commence par le PADD ; je note seulement qu’il est possible que notre PADD doive être modifié pour tenir compte du SCOT et du SDRIF.

En tous cas les orientations générales du PADD sont la première étape d’une procédure qui se traduira par un règlement d’urbanisme. Elles méritent donc qu’on en débatte.

Dans votre projet, vous voulez continuer votre action en matière d’emploi, qui me paraît en effet aller dans le bon sens. Vous nous parlez de mixité sociale ; nous en sommes d’accord. Vous nous dites que vous vous préoccupez du stationnement et de la vitesse de véhicules ; vous voulez créer davantage de pistes cyclables ; vous voulez retenir l’eau de pluie sur place par infiltration. Vous voulez aussi mettre à profit la présence sur notre commune de ce haut lieu qu’est la nécropole russe et d’autres choses encore. C’est fort bien mais sur tous ces points, il s’agit de répondre à des questions posées déjà depuis plus de dix ans, des questions que nous-mêmes, Ste Geneviève Autrement, nous avons abordées maintes fois. De même l’aménagement de la rue G. Péri, l’extension des horaires de transports en commun en soirée : comme pour les sujets précédents, Ste Geneviève Autrement a fait des propositions depuis longtemps. Quant au Pont de la fouille que, précipitamment, la communauté d’agglomération avait prévu d’élargir, vous rejoignez aujourd’hui ce que nous vous avions dit : l’élargir créerait d’autres problèmes en attirant des voitures plus nombreuses rue G. Péri et route de Longpont. A ce propos, le parc à voitures de la gare est saturé ; vous ne nous dites pas ce que vous comptez faire, le doubler et le rendre payant dans une partie gardiennée, comme Ste Geneviève Autrement vous l’a proposé, ou le laisser en l’état.

Telles qu’elles sont aujourd’hui, vos orientations abordent donc des questions anciennes dont nous parlons déjà depuis longtemps et qui, pour nombre d’entre elles, n’ont pas encore été réellement traitées. Mieux vaut tard que jamais bien sûr, mais ces orientations ignorent ou méconnaissent les questions qui se posent désormais avec une grande acuité et qu’il faut aborder sans tarder. J’en citerai quatre : l’effet de serre, la vie sociale, l’équilibre entre habitat et activités et le fonctionnement de la démocratie.

L’effet de serre devrait être dès maintenant et sera de plus en plus la grande affaire ; or à ce sujet on ne voit rien – ou fort peu – dans votre programme. Nous savons que les deux causes d’émissions de gaz à effet de serre sont le chauffage et les transports. Voici trois propositions.

 Sur le chauffage, des progrès considérables peuvent être faits avec des réseaux de chauffage alimentés soit par la géothermie profonde soit par du bois, notamment des déchets de bois ou du bois d’élagage. Si l’ensemble des logements de la zone des Aunettes était ainsi équipé, cela ferait une économie considérable. En effet, ramenée à l’échelle nationale en proportion de la population de Ste Geneviève, c'est-à-dire multipliée par 2000 (puisque la population de Ste Geneviève est un deux-millième de la population française), l’économie d’effet de serre serait de 24 Millions de tonnes de gaz carbonique, soit 6 % des émissions nationales dues à l’énergie. Je ne dis pas qu’il faut le faire, mais qu’il est nécessaire de l’étudier puis de discuter avec les bailleurs et avec l’ADEME pour voir comment le rendre possible. Voilà qui serait plus significatif que l’achat d’un ou deux véhicules « propres » que vous nous présentez comme la marque incontestable de l’engagement de la commune contre l’effet de serre.

Sur les transports, il faut certes augmenter l’usage des transports en commun, mais il faut également que se développent beaucoup les circulations à pied et à vélo. Pour cela il sera nécessaire de faire beaucoup plus que ce que vous avez prévu : il faudra des parcs gardiennés en plusieurs endroits de la ville et non pas seulement un parc non sécurisé près de la gare, non pas seulement des pistes cyclables mais des trajets spécialement conçus et aménagés en fonction des besoins des vélos ; pourquoi pas également un système de location de vélos en utilisant sa carte bleue, comme cela se fait à Lyon ? Et symboliquement, les élus sauront montrer que l’on peut souvent se passer de voiture en venant aux réunions à vélo, comme je l’ai fait ce soir.

Troisième sujet à étudier au fond pour limiter l’effet de serre : la façon dont la ville est aménagée car d’elle dépend la consommation d’une certaine quantité d’énergie. Si les commerces sont éloignés, il faut prendre sa voiture, l’habitat dispersé génère une consommation d’énergie pour le chauffage plus importante que l’habitat groupé, des logements près des gares permettent plus facilement d’éviter l’usage de la voiture. Les orientations que vous nous proposez n’abordent pas du tout cette question. Il ne s’agit pas défigurer notre ville ; nous sommes tous attachés au caractère de la zone pavillonnaire. Mais ces questions se poseront très concrètement à propos du devenir des terrains occupés aujourd’hui par l’hôpital de Vaucluse. L’Assistance Publique vendra ces terrains, c’est chose sûre. Il appartient à la municipalité de fixer le régime d’occupation des sols. Ces terrains, proches de l’Orge et d’une gare qui met le centre de Paris à une demi-heure sans embouteillage et sans émissions de gaz à effet de serre, seront très demandés. Tant mieux pour notre commune. Il faudra rendre possible à tous l’accès à l’Orge pour que la promenade le long de l’Orge soit continue depuis Arpajon jusqu’à Savigny et au-delà ; cela étant obtenu, on ne voit pas pourquoi on voudrait limiter les possibilités de construction. En tous cas, il est incompréhensible que rien ne soit dit dans les orientations du PADD sur les principes qui vous guideront.

Je pourrais citer d’autres sujets : l’utilisation de l’énergie solaire dans les édifices publiques et dans les constructions aidées par exemple, dont on ne dit pas un mot dans ces orientations.

Un autre aspect du développement durable est le lien social. Nous savons ce qui est fait par les associations de notre commune. Mais nous avons souvent indiqué qu’il manque de lieux où les jeunes puissent se réunir et, surtout, rencontrer des adultes : que l’on appelle cela maison des associations ou maison des jeunes et de la culture, peu importe. On n’en voit nulle mention dans votre document.

Autre évolution de fond : l’âge moyen de la population augmente, le nombre de personnes âgées augmente. L’organisation de notre ville doit en tenir compte. En particulier, il faudrait renverser le mouvement qui a vu la raréfaction des commerces et des services de proximité. La zone de la Croix Blanche s’est bien développée, mais on doit bien constater qu’un grand nombre de commerces qui étaient présents au milieu des pavillons ont disparu. Il faut également veiller à conserver l’artisanat de proximité.

Le développement durable prend en compte ensemble les aspects environnementaux, parmi lesquels l’effet de serre est le plus important, les aspects sociaux et les aspects économiques. Il doit considérer cela dans le long terme et, autre aspect du développement durable, par la concertation, le débat, dans une démarche qui fait vivre la démocratie. Vous nous avez dit – et peut-être le regrettez-vous – que les séances publiques de concertation publique avaient réuni fort peu de monde – combien, si l’on ne tient pas compte des élus ni du personnel communal ? Quelques dizaines en tout sans doute. Nous le regrettons tout autant que vous. Ce PADD, qui engage l’avenir de notre ville sur dix ans - beaucoup plus en fait car nos choix feront sentir leurs effets sur trente ou cinquante ans - ce PADD doit faire l’objet d’un vrai débat. Pour cela, il faut respecter les formes démocratiques ; il faut que les élus qui ne font pas partie de la majorité puissent non seulement exprimer leurs idées mais aussi les faire étudier et les faire connaître.

Au nom de Ste Geneviève Autrement, je viens de vous faire part d’une première réaction, au vu du dossier que vous nous avez présenté. Peut-être vous ferons-nous d’autres remarques et d’autres propositions. Pour un vrai débat, nous vous demandons que ces idées soient étudiées aux frais de al commune sous notre contrôle conjoint ; nous vous demandons aussi de disposer dans le journal Votre Ville d’une place suffisante pour exposer nos idées et dire ce que nous pensons de vos orientations.

Par votre réponse, nous verrons si vous voulez réellement vous inscrire dans une démarche de développement durable, y compris sa composante de « bonne gouvernance ». Pour l’instant, comme vos orientations ne prennent pas en compte les grands enjeux des années à venir, nous nous abstiendrons.
 

 

Le projet d’aménagement et de développement durable

Texte préparé par la SOGERM,

figurant dans le dossier de la réunion du conseil municipal du 13 décembre 2005

 

Axe 1 : Préserver et améliorer la qualité de l’habita pour l’ensemble de la ville

Objectifs

- Amélioration, valorisation du parc de logements

- Poursuite du développement d’une offre de qualité architecturale, urbaine et environnementale

- Vie de quartier, accessibilité des équipements, services et commerce de proximité

 

Onze projets

- Poursuivre la mise en œuvre de la réhabilitation des collectifs sociaux (Aunettes, La Héronnière, démolition/résidentialisation de Pergaud…)

- Organiser le suivi et favoriser la requalification des copropriétés fragilisées

- Construire les logements nécessaires aux besoins de la population en poursuivant l’effort de construction des trois dernières années de l’ordre de 50 logements par an.

- Introduire de la mixité sociale dans les nouveaux programmes de logements

- Compte tenu de son parc de logements sociaux, la commune participera aux objectifs du PLH du Val d’Orge

- Maintenir l’équilibre entre les types et statuts de logements

- Participer à la mise en œuvre du Schéma départemental des Gens du voyage faite à l’échelle intercommunale

- Favoriser les projets de construction intégrant une démarche respectueuse de l’environnement (prise en compte de l’eau pluvial, conformité des branchements d’assainissement)

- Améliorer l’accessibilité des services publics pour tous les habitants

- Poursuivre le renforcement des équipements de proximité

- Soutenir les commerces et activités de proximité dans chaque quartier.

 

Axe 2 : renforcer les liens urbains, paysagers et sociaux entre les différents quartiers pour une ville plus solidaire

Objectifs

- Renouvellement urbain et mixité de l’habitat

- Equilibre de la répartition des équipements

- Lien entre les quartiers et renforcement des centralités à l’échelle de la ville

Huit projets

- Aménager les espaces publics du quartier des Aunettes

- Introduire de la mixité sociale dans la ville, et notamment dans le quartier des Aunettes via la construction démolition

- Poursuivre le renforcement et la répartition des équipements de la vielle dans tous les quartiers

- Aménager le secteur du Champ de Foire en continuité avec l’existant

- Renforcer la continuité des grands axes structurants, notamment l’avenir G. Péri

- Renforcer les centralités constituées notamment par le Donjon et l’avenue G. Péri/gare RER

- Garantir la cohérence et la continuité des trames urbaines entre les Aunettes et la ZAC du Canal et le reste de la ville

- Renforcer le traitement des entrées de vielle et assurer la cohérence des trames urbaines avec les villes limitrophes.

 

Axe 3 : Soutenir, renforcer et développer le tissu économique pour affirmer la place de l’emploi

Objectifs

- Maintien et diversification des commerces et des activités artisanales

- Maintien de l’attractivité commerciale

- Diversification en locaux d’activité

Cinq projets

- Soutenir le tissu économique le long des axes structurants

- Développer l’accès aux TPE/TPT

- Conforter les commerces et activités dans les centralités

- Requalifier et améliorer la qualité de la zone d’activité de la Croix Blanche

- Favoriser les opportunités d’implantation de locaux ‘activités adaptés aux nouvelles demandes.

 

Axe 4 : Améliorer les déplacements en favorisant le réseau de circulation douces et les transports collectifs

Objectifs

- Réseau de circulations douces en lien avec le réseau de l’agglomération

- Nuisances automobiles réduites

- Mobilité pour tous les habitants et dans tous les quartiers

- Renforcement de l’attractivité des transports en commun par rapport à l’automobile

Quatre projets

- Aménager le réseau des circulations douces prévues au futur PLD de l’agglomération

- Réduire les risques liés aux grands axes de transport, notamment la bretelle de la francilienne et améliorer la fluidité de la circulation

- Equiper les infrastructures de protections phoniques et visuelles (Francilienne et des voies ferrées…)

- Réactiver l’aménagement du stationnement pour la desserte des commerces, notamment Avenru G. Péri.

 

Axe 5 : Valoriser les éléments de patrimoine urbains et naturels pour préserver etrenforcer l’identité du territoire

Objectifs

- Protection des éléments remarquables, naturels et bâtis

- Préservation des caractéristiques du tissu témoignant de l’histoire de la commune

- Aménagement des abords des éléments patrimoniaux et qualité paysagère des espaces publics les reliant

Neuf projets

- Maintenir la biodiversité des espaces boisés et naturels de la commune

- Protéger les éléments bâtis remarquables et les tissus des vieux bourgs

- Préserver les spécificités du tissu urbain, notamment les séquences public-privé (clôtures…), dans le pavillonnaire

- Préserver les espaces verts et favoriser les plantations nouvelles

- Aménager les espaces publics autour des bâtiments et sites historiques notamment l’Eglise et le cimetière russe à proximité du Champ de Foire

- Mettre en scène et renforcer la lisibilité des axes historiques de la commune, la route de Corbeil et l’avenue G. Péri

- Valoriser le patrimoine dans le cadre de parcours

- Relier la vallée de l’Orge et le bois des Trous par des cheminements adaptés aux piétons et cycles et une continuité intégrant les parcs et jardin

- Améliorer l’accessibilité douce de la vallée de l’Orge et Perray-Vaucluse et ses liens avec la ville.
 

Commentaires sur le projet rédigé par la SORGEM

Ce projet répond mieux que l’autre document à quelques unes des observations que nous avons faite : il traite de l’accessibilité, de la gestion des eaux de pluie, des circulations douces, du développement de commerce de proximité : mais tout cela reste encore assez vague. En particulier, concernant l’usage des vélos, on ne sait pas s’il s’agit d’une responsabilité de la commune ou de la communauté d’agglomération.

Quitte à se répéter, on redira que démolir des immeubles de la qualité de ceux de Pergaud pour améliorer l’habitabilité et la mixité sociale est une farce triste et coûteuse. La réhabilitation coûte beaucoup moins cher que la démolition-reconstruction. C’est particulièrement vrai à Pergaud ; c’est vrai également à St Hubert : la municipalité caresse le projet d’une vaste démolition dans ce quartier : elle ferait bien d’y réfléchir à deux fois.

Même plus détaillé que le programme de la municipalité, le programme préparé par la SORGEM ne prend pas à bras le corps la question de l’effet de serre ni celle de l’avenir de Perray-Vaucluse.