La démocratie locale
En fait, tout ce site est dédié à la démocratie locale ! Une démocratie locale entravée,
en fait, une forme de démocratie illibérale : le bonapartisme
Contrôle de l'information, recherche obsessionnelle de l'unanimité, rejet de toute forme de débat entre représentants élus de la population, personnification du pouvoir sur une personne ou, à défaut, quelques personnes très fortement liées entre elles par des liens d'allégeance : la lecture du livre de Pierre Rosanvallon, "la démocratie inachevée" est éclairante : la démocratie que nous connaissons à Ste Geneviève des bois entre parfaitement dans la catégorie du césarisme (ou bonapartisme). Voyez une étude du genre "économie politique" : une lecture de notre expérience à la lumière de ce que nous dit P. Rosenvallon du césarisme.
Voyez aussi quatre exemples de "concertation" : la communauté d'agglomération, la démolition de logements, le financement d'une salle de prière pour les musulmans, la PLU.
Voyez aussi l'ambiance au conseil municipal
Ste Geneviève Autrement a été fondée en 1990, avec le constat de la montée des votes protestataires et de l'abstention : la démocratie avait mal ; nous avons été quelques-uns à vouloir agir pour la rendre plus vivante.
Nous partions de l'idée que c'est au niveau local que la démocratie pourrait s'exercer au mieux, puisque les citoyens peuvent plus facilement voir la relation entre les propositions qu'ils font, les votes qui sont les leurs et les réalisations. Mais nous avons dû constater que c'est au contraire au niveau local que l'exercice de la démocratie est le plus entravé, handicapé par un déséquilibre considérable entre les moyens du pouvoir et ceux de l'opposition.
Certes, les élus de l'opposition ont quelques moyens : un local en mairie, la possibilité de participer à quelques commissions municipales, la possibilité de s'exprimer au conseil municipal et d'y poser des questions orales. Ils reçoivent les dossiers quelques jours seulement avant les réunions du conseil municipal et, comme tout citoyen, ils peuvent accéder aux documents administratifs.
Mais ici, la municipalité ne les aide pas ! Il a fallu, à onze reprises, s'adresser à la CADA, commission d'accès aux documents administratifs, pour obtenir communication de certains documents, récemment encore pour obtenir des informations de la Communauté d'agglomération ; les observations faites en conseil municipal sont reçues dans une ambiance désagréable parfois détestable lorsqu'elles déplaisent à la majorité (comme si certains voulaient décourager toute opposition digne de ce nom - depuis avril 2004, il semblerait que les choses aillent mieux, pourtant), les commissions municipales se réunissent alors que les décisions sont déjà prises, le conseil municipal n'est jamais saisi de programmations sur plusieurs années ni d'aucune réflexion faite suffisamment tôt pour que les options ne soient pas encore figées etc.
La création de la communauté d'agglomération du Val d'Orge a rendu encore plus difficile l'exercice de la démocratie locale puisque, d'une façon générale, les conseillers communautaires ne peuvent pas connaître les dossiers suffisamment et que, d'autre part, l'opposition de Ste Geneviève des bois n'y est représentée que par un seul élu. Un exemple parfaitement significatif : Heni Prévot a demandé à consulter les mandatements de al communauté, documents accessibles au public comme le lui a confirmé la CADA. M. Champion, le président a refusé ; Henri Prévot a donc saisi le Tribunal administratif. Voir notre dossier sur la communauté d'agglomération. : aujourd'hui (en avril 2006) le dossier est au Conseil d'Etat en attente de décision.
Par ailleurs, alors qu'au niveau national, la presse fait vivre la démocratie en étant contradictoire de sorte que toutes les opinions peuvent s'y exprimer - mieux, la presse cherche à renforcer l'opposition pour maintenir la vitalité d'un débat dont elle vit - au niveau local, la municipalité a le monopole de la presse municipale ; qui plus est, cette presse est financée par les impôts locaux !
Dans notre journal (financé et diffusé par nos propres moyens), nous avons a plusieurs reprises signalé ce déséquilibre : le journal de la ville n'ouvre à Ste Geneviève Autrement qu'une colonne sur 1000 ; mais cela ne dérangeait pas une municipalité qui, pourtant, se dit fort respecteuse de la démocratie - si respectueuse qu'elle n'avait pas remarqué que la loi sur la démocratie de proximité de février 2002 lui faisait obligation d'ouvrir à l'opposition tous les exemplaires du journal de la ville de même que son site internet. Il a faillu qu'Heni Prévot le rappelle explicitement pour que le maire réagisse enfin.
Au niveau national, les élus de l'opposition reçoivent des crédits publics ; au niveau local, il n'en est rien - or il ne serait pas bien compliqué de prévoir pour chaque liste ayant des élus au conseil municipal un financement public proportionnel au nombre de voix reçues dans les élections.
Mieux encore : le conseil municipal de Ste Geneviève a voté une délibération dont l'effet est de donner une indemnité à tous les conseillers municipaux de la majorité - et rien pour l'opposition.
Henri Prévot , qui avait obtenu le droit de visiter le centre d'éducation renforcé de la direction départementale de la protection judiciaire de la jeunesse de l'Essonne, qui se trouve dans les Bouches du Rhône, avait proposé au maire de faire cette visite avec la maire adjointe chargée de la sécurité et d'en rendre compte ensuite au conseil municipal, ce qui aurait permis de faire financer ce déplacement par la commune. Le maire a refusé - H. Prévot a fait cette visite seul, à ses frais.
La démocratie à Ste Geneviève ressemble furieusement à une démocratie bonapartiste, le genre de démocratie qu'affectionnait Napoléon III, telle que la décrit Pierre Rosanvallon dans "la démocratie inachevée".
Pour faire vivre le débat avec la population, nous avons proposé des rencontres de quartier, dans la rue. Mais nous n'avons pas pu soutenir l'effort que cela demande.
Nous sommes bien obligés de constater que la démocratie locale a été bafouée par la démission de M. Champion, trois mois après les élections.
Son successeur, M. Olivier Léonhardt, qu'il le veuille ou non, a participé à cette manoeuvre. Cela dit, la chose est faite et Ste Geneviève Autrement adopte à son égard une attitude à la fois vigilente et constructive.
Ste Geneviève Autrement
- ouvre les colonnes de son journal aux habitants et propose des débats.- pose des questions au conseil municipal- sur les sujets les plus graves, a proposé à la municipalité une concertationLes conditions d'une concertation fructueuseDès le mois d'avril 2001, Henri Prévot a proposé au maire une coopération sur certaines questions très importantes, dont celle de la sécurité ; la réponse de principe fut positive.
Nous avons écrit au maire en septembre 2001 pour lui proposer des modalités efficaces ; au cours d'un entretien, il nous a donné son accord. Malheureusement, ces bonnes intentions ne se sont pas concrétisées - loin de là.
Sur la sécurité, Ste Geneviève Autrement a fait des propositions d'action ; en décembre 2001, il semblait que ces propositions soient prises en considération ; mais neuf mois plus tard, on s'aperçoit qu'il n'en est rien : une réunion de commission tous les six mois, pas de réunion du conseil communal de prévention de la délinquance, aucune information donnée spontanément etc.